‹ Nestorius et la controverse nestorienneChapitre 98 sur 197 · Voir plus haut, p · texte numérisé non relu

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mation de deux hypostases ! et de deux prosôpons ressortait assez clairement du ‘quatrième contre-anathème, opposé au quatrième anathématisme de Cyrille ainsi conçu :

Répondant ἃ l’évèque d'Alexandrie, Nestorius ne proteste point contre les deux hypostases et les deux prosôpons; il écrit simplement :

« Si quis eas voces, quae tam in evangelicis quam in apostolicis litteris de Christo, qui est ex utraque, conscriptae sunt, accipiat tanquam de una natura, ipsique Deo Verbo tribuere passiones tentaverit tam carne quam etiam deitate, anathema sit 3. »

Saint Cyrille fait allusion plusieurs fois à la théorie de l'union des deux personnes ou prosôpons, admise par Nestorius. Dans la seconde lettre qu'il écrivit à ce dernier, ik disait :

« Il ne faut pas diviser en deux fils l'unique Seigneur Jésus- Christ. L’orthodoxie ne saurait trouver son compte en aucune manière dans l'union des prosôpons que proclament certains. L'Ecriture en effet ne dit pas que le Verbe s’est uni la personne (πρόσωπον) d'un homme, mais qu’il est devenu chair *. »

On lit de même dans une lettre envoyée par Cyrille à ses clercs établis à Constantinople :

1. Le mot d’hypostase ne se rencontre même pas dans les Nestoriana.

2. « Considéré à part ». C'est l'expression importante, En signant le symbole d’union de 433, Cyrille admettra qu’on peut diviser les « φωναί » suivant les deux natures, « ὡς ᾿επὶ δύο φύσεων », mais il ne voudra pas dire par là que que cette attribution puisse se faire comme à deux sujets, l'homme et le Verbe, considérés séparément. Voir la note B, à la fin du volume,

3. Loors, p. 213-214. Mis en présence du quatrième anathématisme, André de Samosate rejette énergiquement les deux hypostases et les deux prosôpons, P. G., t. LXXVI. col. 333 A. On voit la différence d'attitude entre lui et Nestorius.

4. ᾿Ὠφέλησε χατ᾿ οὐδένα τρόπον τὸν ὀρθὸν τῆς πίστεως λόγον εἷς τὸ οὕτως ἔχειν, χαν εἰ προσώπων ἕνωσιν ἐπιφημίζουσί τινες. Cyrilli epist. IV ad Nestorium, ». G., t. LXXVIL, col. 48 C.

« Comme leur dessein est d'affirmer deux Christs et deux fils, l'un qui soit un homme, un individu pris comme tel, et l'autre un Dieu considéré à part, et qu’ils n'admetlent que l'union des personnes, μόνων τῶν προσώπων ποιοῦσιν τὴν ἕνωσιν, ils recourent à de captieuses subtilités 1.»

Mais c’est surtout dans le De Recta fide ad Principissas que l'évêque d'Alexandrie combat l'union des prosôpons comme détruisant le mystère du Dieu fait homme :

«L'union du Verbe à la chair est donc physique et véritable ; elle ne s’est pas faite, comme le disent certains par ignorance, dans les seuls prosôpons, ἐν μόνοις πέπραχται προσώποις, ou selon une pure dénomination honorifique, par volonté ou simple adhésion, ἢ κατὰ ψιλὴν εὐφημίαν χαὶ θέλησιν, ἤτοι συνάφειαν ἁπλῶς ?

Ces expressions caractérisent bien le système nestorien et montrent que saint Cyrille en avait pénétré le fond. Quand on veut formuler l’idée maîtresse qui se dégage du Livre d'Héraclide, on n’en trouve pas de plus exactes. La συνάφεια nestorienne est bien une union telle qu’elle peut exister entre deux personnes, une sorte d'amitié transcendante aboutissant à une communauté de titres, à l'unité morale des volontés, ayant pour cause la volonté du Verbe de considérer comme sienne d'une manière toute particulière la personne du fils de la Vierge à.

Cyrille dit encore :

«Si le Christ ne dépasse pas les conditions de l'humanité et s’il a été honoré seulement de l’union des prosôpons, c’est le fondement même de notre foi qui s’évanouit, car nous nous approchons non d’un Dieu mais d’un homme #.»

1, Cyrilli epist. X ad clericos suos, ibid., col. 65 B. Cf. 793 Β. ἕνωσις τῶν προσώπων pourrait se traduire par « l'unification des prosôpons ». On sait comment Nestorius arrivait à cette unification, qui ne pouvait être véritable et substantielle.

2, De recta fide ad Principissas, Ρ. G.,t. LXXVI, col. 1288 D.

3. L'expression χατὰ θέλησιν ne signifie pas seulement l’union morale des volontés, mais surtout la volonté par laquelle Dieu le Verbe a considéré comme sienne la Βουβομειρι de l’homme Jésus.

4. Εἰ δὲ μέτρον αὐτῷ τὸ τῆς ἀνθρωπότητός ἐστι μόνον, καὶ ψιλῇ προσώπων ἑνώσει τετίμηται, χεχένωται τῆς πίστεως ἡμῶν ὃ λόγος. 1δϊα., col. 1325 Β. Voir aussi col. 1300 A D, où l’Évwots ἐν προσώποις est aussi mentionnée et rejetée.

L'évêque d'Alexandrie n’ignore pas du reste les petites habiletés par lesquelles Nestorius arrive à se donner les apparences de l’orthodoxie. Il écrit aux Princesses !

« Je compte que la perspicacité de votre esprit, habitué à considérer attentivement le mystère divin, vous fera découvrir les ruses de ceux qui veulent vous circonvenir en donnant à leurs discours, plus meurtriers que les traits les mieux aiguisés, un masque de religion. Ils renient en effet, autant qu'il est permis de le dire sans trahir la vérité, le Maître qui les ἃ rachetés, c’est-à-dire le Christ. Mais redoutant de soulever les mécontentements et le zèle des orthodoxes, ils confessent que celui qui est né de la Vierge est Dieu, que même il est Seigneur et Fils de Dieu. Se fondant sur ces déclarations, les gens simples croiront sans doute que leur langage est irréprochable et ne contredit pas la vraie doctrine. Mais si l’on prend la peine de les poursuivre dans leurs derniers retranchements et qu'on pèse exactement leurs paroles, on n'y trouve point la simplicité de la vérité. Il y a en effet beaucoup de dieux et beaucoup de seigneurs au ciel et sur la terre, comme l'écrit le bienheureux Paul (1 Corinth. var, 6)... S'ils affirment que le fils de la Sainte Vierge est véritablement Dieu, c'est-à-dire qu'il est le Verbe né du Père et uni en nature à la chair, χατὰ φύτιν ἐνωθέντα σχρχί, pourquoi craignent-ils de confesser que la Sainte Vierge est mère de Dieu ἢ C’est qu’en disant : « Il est Dieu, il est le Seigneur, qui siège avec le Père », ils ont l'intention de déguiser leur pensée. En réalité, d’après eux, le fils de la Sainte Vierge est un homme comme nous, à qui la gloire de la filiation et de la domination a été accordée par manière de grâce et comme progressivement ?. »

Sur les progrès du fils de Marie, les Nestoriana de Loofs ne disent à peu près rien 3, Nous avons vu que le Livre d'Héra-

1. Arcadie et Marine, sœurs de Théodose II. Saint Cyrille adressa aussi un traité sur l’Incarnation aux impératrices, augustae, Eudocie, femme de Théodose, et Pulchérie, sa sœur ainée.

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