‹ Nestorius et la controverse nestorienneChapitre 99 sur 197 · P. G., ibid., col · texte numérisé non relu

P. G., ibid., col

3. Dans l’homélie V : « ὋὉσάχις ἄν » l'hérésiarque déclare seulement que le Christ a acquis graduellement la dignité de grand-prêtre : οὗτος ὁ χατὰ μιχρὸν εἰς ἀρχιερέως προχόψας ἀξίωμα. Loors, p. 235.

clide en parle assez longuement. Saint Cyrille était bien renseigné sur ce point important du système nestorien :

« Lorsqu'elle nomme le Christ, l’Écriture inspirée lui attribue toutes les propriétés divines, car elle n’ignore pas que le Verbe de Dieu s’est incarné et a apparu dans la forme humaine ; mais ceux qui ont accepté une doctrine contraire cherchent à montrer que le fils de la femme était un homme ordinaire qui, par ses progrès et sa propre vertu humaine, se rendit digne de l’union en prosôpon avec Dieu le Verbe, τιμᾶσθαι χαὶ συναφεία προσώπου, et devint l’objet d’une élection spéciale selon la prescience, nat ἀπόλεχτον γενέσθαι χατὰ πρόνωσιν 2. »

Ce passage pourrait faire croire que d’après saint Cyrille Nestorius n'a pas admis l’union du Verbe avec le fils de la Vierge, dès l’instant de la conception. Telle ne paraît pas être cependant la pensée de l’évêque d'Alexandrie, comme l'insinuent ces mots : « il devint l’objet d’une élection spéciale selon la prescience. » A la suite de Théodore de Mopsueste, Nestorius ἃ enseigné que le fils de la Vierge fut l’objet d'une prédestination spéciale, motivée par la prévision de sa conduite future. C’est en considération de ces mérites prévus que le Verbe s’unit à lui dès la conception ; mais cette συνάφεια fut au début fort imparfaite et devint plus étroite, à mesure que Jésus fit des progrès dans la vertu. Saint Cyrille doit faire allusion à ce resserrement graduel de la συνάφεια. IL n'ignorait pas que l’hérésiarque faisait remonter l'union des deux natures au premier instant de la conception, comme on le voit par le Commonitorium envoyé au pape Célestin.

Ce document est un court résumé de la doctrine nestorienne rédigé avec une précision et une netteté admirables. On a parfois accusé Cyrille d’avoir travesti la pensée de son adversaire. Pour que le lecteur puisse juger de la valeur de ce grief, nous allons mettre sous ses yeux la traduction de cette pièce :

« La foi, ou plutôt la doctrine perverse de Nestorius con-

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