‹ Neuf années à Constantinople, observations sur la topographie de cette capitale, l'hygiène et les mœurs de ses habitants, l'islamisme et son influence: la peste, ses causes, ses variétés, sa marche et son traitement; la noncontagion de cette maladie; les quarantaines et les lazaretsChapitre 11 sur 92 · QUATRIÈME OBSERVATION · texte numérisé non relu

QUATRIÈME OBSERVATION

Chaussure trop étroite.

J'avais acheté au bazar, suivant l'usage du pays, une paire de mest tout faits. Le matin, ces chaussures m'allaient très bien; le soir, après de longues courses, Je sentais une douleur que le repos me faisait oublier. Cinq ou six jours après, Jéprouvai une légère difficulté à marcher et une espèce de tiraillement dans l’aine droite. J’y porte la main, et à ma grande surprise je sens une tumeur du volume d’un gros pois et douloureuse à la pression. Nous étions en été; l’influence bestilenr tielle s’était déclarée. Inquiet, je regarde, et nr'apercois que depuis l’articulation de la RATS avec la phalange de l’orteil moyen les vaisseaux lymphatiques qui se rendaient à cette glande étaient douloureux, et que, sept ou huit pouces avant de s’y rendre, le plus gros de ces vaisseaux offrait une teinte rose foncée qui augmentait en montant. La cause de l’adénite était évidente; le mest du côté droit était trop court; il avait, pendant la marche, pressé l'articulation désignée, et l’irritation ayait suivi le trajet des lymphatiques. Si ce léger accident était arrivé à un Grec, la peur l'aurait saisi; le prêtre de la peste, venu pour le visiter, l'en aurait peut-être jugé atteint,

et la terreur lui aurait donné une fièvre cérébrale avec toutes ses conséquences.

Telle est la crainte inspirée par le fléau, surtout lors de la saison morbide, que les glandes inguinales engorgées à la suite d’un pédiluve chez les personnes lymphatiques, les femmes surtout, et un thrombus un peu gros survenu à la suite d’une saignée, sont quelquefois pris pour des symptômes de peste.

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