‹ Neuf années à Constantinople, observations sur la topographie de cette capitale, l'hygiène et les mœurs de ses habitants, l'islamisme et son influence: la peste, ses causes, ses variétés, sa marche et son traitement; la noncontagion de cette maladie; les quarantaines et les lazaretsChapitre 14 sur 92 · SEPTIÈME OBSERVATION · texte numérisé non relu

SEPTIÈME OBSERVATION

Anthrax malin.

Un tavernier et une femme grosse de sept ou huit mois, demeurant tous deux à San-Stefano , furent attaqués en même temps d’une pustule maligne. La cause probable en était la piqûre de quelque mouche qui s'était reposée sur les cadavres de moutons abandonnés à la putréfaction, pendant les chaleurs de l'été, dans la plaine à côté du village. Le tavernier avait été piqué dans l’espace qui sépare le premier du second métacarpien de la main droite.Il n'avait rien fait, il avait beaucoup souffert. La peau de cette partie était tombée en sphacele; la gangrène s'était limitée; la plaie offrait une belle apparence. Il était en chemin de guérison, mais il croyait fermement avoir été atteint du charbon de la peste. La femme avait été piquée au bras; il s'était tuméfié jusqu’à l’aisselle; on lui avait fait des scarifications. La douleur, la crainte, son état de grossesse avancée, abattirent son moral. Des symptômes ataxiques se déclarèrent ; elle succomba quelques jours après. Vu l’apparence extérieure de lanthrax et la saison, le bruit se répandit qu’elle était morte de peste.

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