‹ Neuf années à Constantinople, observations sur la topographie de cette capitale, l'hygiène et les mœurs de ses habitants, l'islamisme et son influence: la peste, ses causes, ses variétés, sa marche et son traitement; la noncontagion de cette maladie; les quarantaines et les lazaretsChapitre 16 sur 92 · NEUVIÈME OBSERVATION · texte numérisé non relu

NEUVIÈME OBSERVATION

Hernies inguinales.

Parmi les maladies qui simulent la peste, les hernies inguinales, par leur forme et leur situation, sont celles qui inspirent le plus de crainte ; souvent le pestiféré cherche à en imposer à la famille où il se trouve et au médecin qu'il appelle en lui représentant son bubon comme une hernie ancienne ou récente ; mais les familles J souvent trompées, refusent, lors de la saison morbide, de croire aux hernies, et les médecins fréquemment compromis ne se soucient pas de les traiter. |

Ün cuisinier arménien, employé ainsi que son fils dans une riche famille arménienne de mes pratiques , était depuis long-temps atteint d’une hernie inguinale qu'il avait contenue tant bien que mal au moyen d’un mauvais bandage du

pays. Un jour il fait un effort; sa hernie sort plus forte que jamais; il cherche à la réduire, son fils l’aide; ils ne peuvent y réussir. Des manœuvres probablement peu méthodiques ayant irrité l’intestin , il s’étrangle et s’enflamme. Des nausées, des vomissements se manifestent. La famille informée de cet accident prend lalarme et oblige les deux individus de sortir à l’instant de la maison. Le bruit se répand dans le quartier qu'ils sont atteints de peste. Personne n'osant leur donner un asile, ils furent forcés de se rendre à l’hôpital des pestiférés de leur nation. Le père y mourut, le fils échappa.

Page 1