‹ Neuf années à Constantinople, observations sur la topographie de cette capitale, l'hygiène et les mœurs de ses habitants, l'islamisme et son influence: la peste, ses causes, ses variétés, sa marche et son traitement; la noncontagion de cette maladie; les quarantaines et les lazaretsChapitre 20 sur 92 · TREIZIÈME OBSERVATION · texte numérisé non relu

TREIZIÈME OBSERVATION

Gastrites sur-aigués.

Une femme, voilée suivant l'usage, couverte de son ample féredgè, portant pendant la plus grande partie du chemin son enfant entre ses bras, fait à l'heure la plus chaude de la journée une longue course pour se rendre au grand tchartchi. Elle y arrive en nage; elle s'arrête, haletante, dans des allées voütées, étroites et humides. Pour étancher sa soifelle avale à grands traits un ou deux verres d’eau glacée; pour amuser son enfant elle achète des fruits de la saison; il les dévore, il crie, il pleure afin d’en avoir davantage, et sa faible mère lui cède pour lapaiser. La suppression prompte d'une transpiration si abondante, une quantité de fruits verts encore dans un estomac irritable, produisent leurs effets ordinaires. Déjà, en arrivant à la maison, la mère et l'enfant sont indisposés; les symptômes d’une gastrite sur-aiguë se déclarent chez l’une; chez l’autre des symptômes nerveux. En voyant ces indices avant-coureurs de la peste, la famille craint qu’en traversant les bazars la mére et l'enfant n’aient pris la maladie. On envoie chercher l’apothicaire du coin. Il arrive, tâte le pouls, comprend ou ne comprend pas à quelle affection il a affaire, ne voit dans cet accident qu'une occasion de gagner quelques para, court à sa boutique, prépare à la hâte un sudorifique ou

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