‹ Neuf années à Constantinople, observations sur la topographie de cette capitale, l'hygiène et les mœurs de ses habitants, l'islamisme et son influence: la peste, ses causes, ses variétés, sa marche et son traitement; la noncontagion de cette maladie; les quarantaines et les lazaretsChapitre 27 sur 92 · DIX-NEUVIÈME OBSERVATION · texte numérisé non relu

DIX-NEUVIÈME OBSERVATION

Exposition prolongée au vent, à la pluie et au froid : suppression de transpiration. -— Sudorifiques et purgatifs : gastro-entérite et symptômes nerveux. — Antispasmodiques et toniques : exaspération de la maladie; bubon axillaire le onzième Jour. — Médication antiphlogistique : amélioration de tous les symptômes. —— Retour aux médicaments toniques et antispasmodiques : recrudescence de la maladie. — Retour aux antiphlogistiques : diminution progressive des accidents; longue

convalescence ; guérison.

Le 7 septembre 1817 Je me rendis en consultation chez les D. O., une des familles arméniennes les plus opulentes de la capitale ; elle se composait de six frères et de cinq sœurs. Depuis quelque temps j'étais le médecin de plusieurs des frères ; les autres et toutes les sœurs avaient pour le leur un vieux Grec attaché depuis long-temps à la famille ét qui jouissait d’une très grande réputation.

Je trouvai toute la maison en émoi. L'épouse du frère ainé était dangereusement malade. Inquiète de ne pas voir arriver son mari, qu'une tempête sur le Bosphore retenait plus long-temps

,\ , e e 3 / 2 \ A qu’à l'ordinaire, elle s'était mise à une des fenétres de la maison qui donnait sur le canal et y / ° / ; / \ était restée long-temps exposée au vent et à la

pluie. Le soir même elle s'était trouvée indisposée. Le médecin avait prescrit, pendant deux ou trois jours, des sudorifiques pour rappeler la

MALADIES SIMULANT LA PESTE. 165 transpiration, et des purgatifs contre un état de constipation habituelle. Au lieu de sueurs et de selles, 1l était survenu des vomissements et quelques symptômes nerveux. Le quatrième jour, il avait appelé en consultation deux médecins de ses amis. Ils avaient approuvé tout ce qui avait été fait et recommandé des sudorifiques plus forts et des purgatifs plus énergiques. Le jour suivant, tous les symptômes avaient augmenté d’intensilé; c'était ce qui avait décidé ceux des frères dont je possédais la confiance à me faire appeler.

La malade était une personne de dix-huit à dixneuf ans, d’une bonne constitution, d’un tempérament bilieux, d’un caractère doux et tranquille; Je la connaissais beaucoup et fus étonné de la voir en proie à tous les symptômes d’une gastro-entérite exaspérée. Il ne m'appartenait pas, en l’absence des trois médecins appelés en consultation avant mon arrivée, de modifier le traitement qu "LS avaient cru devoir lobes Je remis donc au jour suivant à donner mon opinion. Cependant, en voyant la petitesse de la chambre de la malade, le nombre de personnes qui l’entouraient, la quanuté de châles, de pelisses, de couvertures dont on la surchargeait dans l'intention d'appeler la transpiration, les traces de matières bilieuses vomies sur les draps, l’odeur de renfermé mal masquée par la vapeur du vinaigre et des baies de genièvre, je pris sur moi de recommander de placer la malade dans une chambre plus vaste, d'entretenir surtout la plus grande propreté autour d’elle en

changeant fréquemment de linge, de renouveler l'air en prenant les précautions convenables, de diminuer le nombre des couvertures, et de ne pas admettre tant de personnes à la fois auprès d’elle. Quel fut mon étonnement lorsque la mère, femme respectable, distinguée par ses manières, dont les facultés intellectuelles me paraissaient supérieures à celles des personnes qui nous entouraient, et à qui s’adressaient plus particulièrement mes paroles, me dit en me regardant d’un air de mépris : «Je vois bien que vousétesnouvellement débarqué à Péra et que vous ne connaissez pas encore l’air du pays. Sachez que j'ai élevé une nombreuse famille, soigné moi-même tous mes enfants malades, et que Je n’ai pas besoin de vos conseils. L’air frais pourrait causer la mort de ma fille. Avant le quatorzième jour de sa maladie, je ne la changerai ni de draps, ni de châles, ni de couvertures. Tel est l'usage de mon pays; je ne permettrai pas que l’on s’en écarte. C'est ma fille , je suis plus que personne intéressée à son existence et je saurai bien la guérir, érach allah l » Je me retiraiavec les beaux-frères de la malade qui m'avaient conduit auprès d’elle. Je me rendis le jour suivant à la consultation ; j'y trouvai le vieux médecin grec et ses deux collègues; je les connaissais tous trois. Il fit l’historique de la maladie, expliqua les motifs du traitement qu'il avait employé, avoua que les effets’ n'avaient pas répondu à ses espérances, et nous apprit que la nuit avait été très mauvaise. Nous passons dans la chambre de la malade; elle était

plus mal que la veille ; aux symptômes de gastroentérite intense s'étaient joints des symptômes d'ataxie. Nous revenons dans la salle de consultation, et le médecin ordinaire effrayé propose de cesser sur-le-champ tous les autres médicaments et de s’en tenir aux antispasmodiques. 11 me demande mon opinion; je réponds que les sudorifiques et les purgatifs n'ayant pu être supportés dans les premiers jours de la maladie par l’estomac sympathiquement irrité, et les médicaments plus énergiques employés depuis ayant porté cette irritation au degré de l’inflammation , laquelle réagissait maintenant sur le système nerveux, les anüphlogistiques me paraissaient indiqués et les antispasmodiques dangereux dans cette circonstance. Cette opinion, si contraire aux théories browniennes que professaient mes trois confrères, fut écartée. « Vous n'avez pas encore habité assez long-temps le Levant pour en connaître le climat, me dit le vieux médecin. Croyez-en ma vieille expérience, tout ira pour le mieux. Que de maladies semblables et: plus malignes encore n’ai-je pas guéries! » En parlant ainsi il formulait sa recette favorite où entraient la valériane et l’éther sulfurique. Il paraissait si convaincu, si certain du succés, que Je commençai à croire qu'il pouvait réellement y avoir quelque chose dans l'air du pays et l’organisation de ses habitants que je n’avais pas encore assez étudié. Avant de nous séparer, je crus devoir appeler l'attention de mes collègues sur le surcroît de danger qui résultait pour la malade de

l'absence d’air frais, du poids des couvertures, de l’état de saleté où elle était tenue, etc. « Ces observations sont trés justes sans doute, me répondirent-ils; mais que voulez-vous faire contre des préjugés aussi enracinés? En parler, ce serait nous faire chasser. Allez, ne craignez rien; nous guérirons la malade malgré tous ces obstacles. »

Au moment où je me retirais, les personnes qui m'avaient fait appeler me retinrent en me priant de leur expliquer ce qui s'était dit pendant la consultation et de leur donner mon opinion sur l’état de la malade. Quoique présents ils n'avaient pu rien y comprendre; nous parlions italien, et ils'ne savaient que les langues turque et arménienne. Je répondis que nous étions tous d’accord sur la première cause de la maladie, mais non sur le traitement; que je craignais l'effet de la médication suivie par les premiers médecins, et que , ne voulant pas me trouver en contradiction constante avec mes collègues, et ayant des malades à voir dans une direction tout opposée, je désirais être dispensé de venir les jours suivants. Après s'être consultés , les frères D. O. me dirent : « Nous voyons bien que la malade va de mal en pis; le médecin grec a la confiance des femmes comme vous avez ia nôtre; nous ne pouvons vous mettre à sa place, mais nous vous prions instamment de laisser de côté toute autre affaire et d’assister régulièrement aux consultations du matin et du soir, quand bien même votre opinion ne serait pas suivie.» [ls insistèrent tant que je ne pus les refuser.

Nous étions au septième jour de la maladie; le huitième la malade était à peu près dans le même état; le neuvième elle allait plus mal. Les sectateurs de Brown l’attribuërent à ce que l’on avait prescrit les antispasmodiques à trop faible dose pour enrayer le mouvement nerveux. Le médecin ordinaire formula une potion plus énergique et me dit en riant : « Ne craignez rien, tout ira pour le mieux. » Le dixième jour, la malade était encore plus mal. Le vieux médecin paraissait inquiet ; 1l continua cependant les nervinsen disant: « Demain nous verrons.» R

Le onzième jour, j'arrive à l'heure accoutumée; les médecins n’y étaient pas. Toute la maison était dans la consternation. Je crus que la malade était morte et cherchais à n’esquiver, lorsqu'un des frères court après moi et m'annonce que la peste s’est déclarée pendant la nuit chez sa belle-sœur, qu’un bubon s’est manifesté à l’aisselle droite ; qu’en apprenant cela les médecins ne sont pas venus et qu'ils ne reviendront pas puisque c’est la maladie.

Quoique alors j'eusse encore très peu d’expérience de la peste, ilme répugnait de croire qu'une maladie dont la cause était si évidente, la marche si régulière, le danger croissant en raison du traitement peu rationnel employé, püt être la peste elle-même. J’attribuai cet exanthème à la propagation de l’inflammation intérieure exaspérée par le traitement incendiaire. Je communiquai mon opinion aux D. O. et demandai à voir la malade.

Je la trouve entre les bras de sa mère qui lui prodiguait les soins les plus tendres. Le malheur avait adouci le caractère de cette femme; sans mot dire elle découvre sa fille, et je vois un bubon gros comme une petite noix, sans changement de couleur à la peau. Je le touche; il était dur et douloureux à la pression. Les traits du visage et les yeux n'étaient pas ceux d’un pestiféré. Je dis à la mère qu'en venant voir sa fille et toucher le bubon, moi, médecin franc, je croyais donner, à elle et à toute sa famille, une preuve convaincante que je ue le regardais pas comme un symptôme de peste, mais comme un effet de l’inflammation intérieure. Il était , je crois, écrit que cette dame et moi ne serions jamais d'accord. « Je vois bien, me ditelle, que vous ne connaissez guère la peste; mais moi je dois m'y connaitre; j'en ai assez traité dans ma vie et dans ma propre famille. » Je me retirai et allai rendre compte aux frères D. O. de ce que j'avais vu, affirmant que le bubon n’était pas peslentiel, et que, si l’on suivait exactement le nouveau traitement employé par la mére de la jeune femme, c’est-à-dire l’eau de riz acidulée et la limonade légère, non-seulement le bubon disparaitrait promptement, mais le danger de la maladie primitive serait beaucoup diminué.

Il n’était question à Kourou-Tchesmè et dans tout Constantinople que de cet accident. Cette nombreuse famille, que la nature de ses affaires mettait en contact avec beaucoup de Francs et qui avait appris d'eux à regarder la peste comme émi-

nemment contagieuse, s’empressa de recourir à tous les moyens de désinfection usités. Chaque personne compromise, et le nombre en était grand, prit les mêmes précautions.

Cependant le vieux médecin s’empara adroitement de la circonstance pour mettre sur le compte de la peste le mauvais succès de son traitement. « C'est en vain, disait-il, que je prescrivais les médicaments les mieux indiqués, ils restaient sans effet: la peste latente les neutralisait. » Cela parut évident à tout le monde.

Quelques jours après on vint m’informer que le bubon avait disparu et que la malade allait un peu mieux. Les consultations allaient recommencer ; J'étais prié d’y assister comme auparavant; je me retrouvai donc avec mes collègues. C'était le quinzième Jour de la maladie. On avait changé la malade de lit, de châles, d’habillements. Les symptomes gastriques étaient diminués d’intensité; les soubresauts des tendons moins forts, moins fréquents; mais les sens étaient encore obtus, les fonctions cérébrales confuses, la peau chaude et sèche, le pouls petit et fréquent. Je profitai de l'espèce d'autorité que semblaient me donner les circonstances pour exposer de nouveau ma manière de voir sur cette maladie depuis le commencement. Je fis remarquer que le danger avait été en raison directe des sudorifiques , des purgatifs et des antispasmodiques ; que le bubon n’était qu’une extension de l’inflammation aux glandes de laisselle ou du tissu cellulaire environnant, inflammation

de même nature que la maladie primitive et nullement spéciale ni contagieuse; que la diminution des symptômes gastriques coïncidait avec la cessation des antispasmodiques et avec l'usage de boissons antiphlogistiques, et qu'il fallait saisir ces indications pour le traitement ultérieur de la maladie. J'espérais que mes confrères, désabusés par le mauvais succès du traitement précédent, approuveraient mon système; il n’en fut rien. Soit amour-propre, soit conviction, le médecin ordinaire répondit que si les sudorifiques , les purgaüfs, les antispasmodiques n’avaient pas produit leurs effets accoutumés , la cause en était certainement due à cette affection bizarre qui avait produit le bubon; que cet exanthème avait disparu à la vérité; mais où était-il ? Quels ravages ferait-il plus tard ? Personne ne pouvait le dire. La faiblesse était grande, l’ataxie évidente. Il n’y avait plus rien de certain en médecine si les toniques joints aux antispasmodiques n'étaient pas clairement indiqués. Les autres consultants étant du même avis, le médecin formula une potion où entraient le quinquina et les antispasmodiques les plus héroiques.

Le lendemain la malade est plus mal; le surlendemain elle a passé une si mauvaise nuit que, des la pointe du jour, la famille, en attendant notre réunion, a envoyé chercher tous les médecins francs et raia qui demeuraient dans les villages voisins. On en avait d’abord trouvé auatre qui avaient tous été d’une opinion différente. A

MALADIES SIMULANT LA PESTE. 193 notre arrivée, nous en trouvâmes quatre autres qui nous attendaient. Tous les membres de la famille étaient présents dans cette occasion solennelle; la consultation fut longue, bruyante, scandaleuse. Les nouveaux consultants , anciens dans le pays, au fait des préjugés qui y règnent et voulant capter l'attention des spectateurs, blâmaient amerement les premiers médecins et soutenaient leur opinion avec arrogance et en frappant du pied. Un d'eux, né à Smyrne, homme de talent, qui depuis long-temps visait à s’introduire dans la famille des D. O., crut l'occasion propice. Ils’étonna que tant de médecinsréunis n’eussent pasreconnu, dés le commencement de la maladie, une fièvre intermittente larvée, pernicieuse, affection beaucoup plus commune qu’on ne le croit ordinairement et très fréquente à celte époque de l’année. Il appuya son opinion d’un long discours prononcé avec véhémence. Il se servit alternativement de la langue italienne et de la langue turque, afin que tous les spectateurs pussent le comprendre; il cita des guérisons nombreuses et finit par proposer l’administration immédiate, et, vu l'urgence, à très haute dose, de l'extrait sec de quinquina, comme le seul remede utile dans cette maladie et d’un effet infaullible quand on savait l’employer à temps. Son éloquence en imposa à la famille, qui crut qu'un homme qui parlait si haut et si longtemps ne pouvait être qu'un grand médecin. En vain je représentai que si les médicaments donnés jusqu'alors avaient produit l'effet de lhuile sur le

feu (expression très usitée dans le pays), l'emploi de l'extrait sec de quinquina, à haute dose surtout, ne pouvait qu'augmenter l'incendie; que jamais la justesse de l’aphorisme à juvantibus et lædentibus indicia, n'avait été mieux démontrée ; mon avis fut’ rejeté. Ceux qui donnaient déjà le quinquina en décoction ‘trouvèrent tout naturel de le donner en extrait sec.

Cependant, après le départ du Smyrniote, j’obtins de mes collègues qu’au lieu de faire prendre le sel à haute dose, ce qui pourrait occasionner la mort s'il était contre-indiqué, on ladministrerait peu à peu, düt-on recommencer si l’on apercevait quelque amélioration. A peine la malade en eut-elle pris une dose que les symptômes les plus sinistres se déclarèrent; on suspendit l’usage du quinquina.

J'appris, le jour suivant, que les frères de la jeune femme, courroucés de voir la vie de leur belle-sœur ainsi compromise, s'étaient réunis, avaient mandé le médecin ordinaire et Pavaient accablé de reproches. « Par quelle fatalité, docteur, lui dit-on, vous, un des plus anciens médecins de Constantinople, depuis tant d'années employé dans notre famille, qui devez connaître l'air du pays et le tempérament de vos malades, vous êtes-vous si étrangement trompé, ainsi que vos deux premiers consultants, tandis que le médecin: français, des le premier jour où il s’est trouvé en consultation avec vous, vous a prévenus que vous preniez la maladie de travers ? L’é-

vénement n’a que trop justifié qu’il avait raison. Un traitement différent n'aurait-il pas eu un résultat opposé? Pourquoi une si longue opiniàtreté? On peut se tromper un, deux, trois jours; mais dix-huit jours de suite, c’est impardonnable!»

Le vieux médecin appela à son secours tous les moyens de défense que put lui fournir sa vieille expérience; il allégua la pratique constante usitée dans les maladies de ce genre, les succès nombreux qui lui avaient valu une honorable réputation, l'unanimité d'avis qui avait existé entre lui et les premiers consultants; approbation du Smyrniote, qui avait encore renchéri sur leur système, et surtout la présence cachée de la peste, qui s'était enfin déclarée par le bubon, mais qui avait évidemment empêché l'effet de leur thérapeutique. « Il est vrai, ajouta-t-il, que le dernier médicament n’a pas mieux réussi que les autres ; mais si ce médecin français était si persuadé du succes de son traitement, pourquoi n’a-t-il pas baussé la voix, frappé du pied, pour prouver sa conviction, pris sur lui le traitement de la maladie, répondu de la guérison? Nous lui aurions laissé le champ libre; toute la gloire lui en serait revenue. Il ne l'a pas fait; donc il doutait. Le hasard, plus que le talent, me-paraît avoir confirmé son pronostic. Et puis , si, après tant de maladies graves que j'ai heureusement traitées dans votre excellente famille, it m'était arrivé de me tromper une fois, même dans une circonstance aussi grave,

l'erreur n'est-elle pas inhérente à notre nature? Où est l’homme qui puisse dire : Je ne me suis jamais trompé? D'ailleurs, rien n’est désespéré; tant qu'il y a de la vie il y a de l'espérance. Nous allons aviser à de nouveaux moyens, et j'espère encore que tout ira pour le mieux, ënch'allah! >»

Celui qui connaît les principes religieux des Arméniens, leurs mœurs et leurs préjugés, comprendra effet que dut produire cette défense, prononcée d’un ton de tristesse et de bonhomie, avec l'accent de la conviction, par un vieillard qui avait vu naître la plupart des personnes qui l’écoutaient, qui les avait soignées depuis leur enfance et qui en avait si souvent reçu le doux nom de babam (mon père). La péroraison surtout , où se trouve un axiome de moralité souvent invoqué dans l'Orient, où brille un rayon d’espérance mis sous la protection de la Divinité, calma les inquiétudes, attendrit l'assemblée pour l'accusé et la refroidit pour le médecin qui n'avait pas partagé ses opinions. Il sortit triomphant de cette rude épreuve.

A la consultation suivante j'obtins de laisser la malade se reposer de la violente secousse éprouvée la veille et de ne lui donner que des boissons émollientes et rafraichissantes; mais, pour ne pas en perdre l'habitude, le vieux médecin formula une potion légèrement tonique et antispasmodique à prendre ad libitum, et dont on ne fit aucun usage.

Les symptômes s'étant améliorés, nous per-

sistämes dans ce traitement; chaque jour la malade allait mieux. Enfin, le trentième jour, quoique la convalescence fût encore douteuse, le médecin ordinaire s'empressa de la proclamer et de remercier ses consultants. La guérison fut longue à venir, cependant elle arriva, et le vieux médecin plus estimé, plus chéri que jamais, reçut de nombreux cadeaux en signe de reconnaissance !.

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