‹ Neuf années à Constantinople, observations sur la topographie de cette capitale, l'hygiène et les mœurs de ses habitants, l'islamisme et son influence: la peste, ses causes, ses variétés, sa marche et son traitement; la noncontagion de cette maladie; les quarantaines et les lazaretsChapitre 51 sur 92 · VINGTIÈME OBSERVATION · texte numérisé non relu

VINGTIÈME OBSERVATION

Aura pesulentialis minor avec furoncles noirs. — Guérison.

A cette époque le sieur L....., chapelier à Péra, vint me trouver pour me dire qu'après avoir , pendant quelques jours, ressenti une douleur tantôt lancinante, tantôt brûlante, à la partie antérieure du poignet droit, il s’y était manifesté trois ou quatre petits furoncles noirs.

Le sieur S..... en avait un à la partie postérieure du médium de la main gauche, qui le faisait beaucoup souffrir; le sieur M... un de la grosseur d’un œuf de pigeon à la partie supérieure de la fesse droite, qui lui rendait la marche très pénible. Une autre personne de ma connaissance en avait un à l'épaule gauche; le sieur O....., pharmacien distingué de Péra, en avait trois ou quatre aux cuisses. Un très grand nombre de personnes éprouverent des symptômes semblables. Chez toutes, la santé générale s’était peu ressentie de influence de cet exanthème; chez plusieurs, il s'était manifesté pendant quelques jours une faim dévorante.

Le chapelier, ennuyé de souffrir, me dit qu'il avait brülé un de ses furoncles avec un caustique etcoupélesautresavec un rasoir. S.....….… PME. 9 et son ami se mirent au régime et guérirent. Le pharmacien, très effrayé, se traita lui-mème par les frictions huileuses. Il resta chez lui plusieurs jours; quand il reparut, 1l était guéri, Mais CONSI-

dérablement maigri par les abondantes transpirations que ce genre de traitement lui avait procurées.

Le 24 novembre 1819, je rencontrai dans la grande rue de Péra le sieur D.M., négociant grec, que je connaissais depuis long-temps; il me parut souffrant et maigri. Sa main gauche était enveloppée d’un mouchoir de soie noire. Depuis huit ou dix Jours il lui était survenu un furoncle noir qui l'avait fait beaucoup souffrir et l’avait fort inquiété. Je le rassurai en lui disant que plusieurs personnes de ma connaissance avaient été attaquées de pareils exanthèmes et s’en étaient toutes très bien tirées. Je désirai savoir si, comme elles, il avait éprouvé un appétit dévorant pendant le cours de sa maladie. « Tout le contraire, » me dit-il. Quinze jours après, lefsieur D. M. était parfaitement guéri.

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