DIX-NEUVIÈME OBSERVATION
Aura pestilentialis minor.
J'avais vu beaucoup de malades dans les premiers jours de septembre, et j'attribuais à la fatigue une légère douleur que je ressentais chaque soir à la région inguinale droite, lorsque, le 15,
Jy éprouvai des élancements plus vifs et plus longs que de coutume. En examinant cette région, J'y trouvai une glande de la grosseur d’un gros pois et très dure. La pression augmentait la douleur; Je pouvais marcher, mais je devais le faire avec précaution et à petits pas. Si je me retournais dans mon lit trop vivement , j’eprouvais un üraillement douloureux dans l’aine. Ma santé d’ailleurs était très bonne; cependant je concevais quelque inquiétude.
Je souffrais ainsi depuis quelque temps, quand le sieur P...., ancien militaire qui demeurait dans la même maison que: moi, vint me faire part des inquiétudes que lui causait un bubon qui s'était manifesté chez lui dans laine droite, après plusieurs Jours de difficulté à marcher et de tiraillements dans cette partie; du reste sa santé était parfaite. Je le rassurai en lui disant que J'éprouvais le même accident. Le repos , une diète légère, l'application de compresses trempées dans une décoction émolliente, enfin leretour des vents du nord, dissipèrent peu à peu ces bubons qui ne montrèrent aucune tendance à abcéder.
J'allai aux enquêtes et j'appris bientôt que plusieurs de mes connaissances avaient été précédemment ou étaient actuellement attaquées de cette nuance de la peste. Le docteur B... me dit avoir éprouvé, de plus, un grand mal de tête.