‹ Neuf années à Constantinople, observations sur la topographie de cette capitale, l'hygiène et les mœurs de ses habitants, l'islamisme et son influence: la peste, ses causes, ses variétés, sa marche et son traitement; la noncontagion de cette maladie; les quarantaines et les lazaretsChapitre 9 sur 92 · DEUXIÈME OBSERVATION · texte numérisé non relu

DEUXIÈME OBSERVATION

Apoplexies foudroyanies.

Les attaques d’apoplexie ordinaire, très fréquentes à Constantinople, sont assez promptement reconnues, même par les personnes de la famille, à leurs symptômes caractéristiques. Il n’en est pas ainsi des apoplexies foudroyantes, de celles surtout qui arrivent pendant la nuit. Je traversais une rue d’un des faubourgs de Constantinople lorsqu’une femme, qui me vit passer, me pria d'entrer pour voir sa mére. « J'étais couchée près d'elle, me dit-elle, lorsque, vers l'aube du jour, elle me parut inquiète , agitée. Je la réveille, lui demandant ce

MALADIES 'SIMULANT LA PESTE. | où :

qu’elle a; elle se plaint d’un mal de tête. Je me lève et lui prépare une tasse de café; elle la prend et me dit qu’elle a envie de dormir. Je l'ai laissée seule jusqu’à huit heures. Quand je suis allée pour lui demander comment elle se trouvait, elle ne m'a pas répondu. J’ai cru qu’elle dormait encore et l'ai laissée reposer. Il y a cinq minutes, j'ai voulu l’éveiller, et je lai trouvée la face bouffe, les levres bleues et le corps froid. Ce ne peut être que la peste, qui s’est déclarée dans le village depuis quelques jours. » Je regarde la vieille femme ; elle avait succombé à une attaque d’apoplexie foudroyante à laquelle elle était disposée par sa constitution. J'en fis part à sa fille qui, ne pouvant croire que l'on püt mourir si promptement de toute autre maladie que de la peste, en répandit le bruit dans tout le quartier.

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