INDUSTRIES FÉMININES
la Société du Sport- Club de Tananarive prirent tour à tour rînitîatîve> obtinrent, auprès de la colonie européenne et de la population indigène, un succès des plus marqués. Je n'hésitai pas à les encourager par des subventions ; il s'agissait, en eflfet, non pas seulement d'organiser des divertissements très appréciés du public, mais aussi et surtout, d'inculquer aux Malgaches le goût du cheval, et d'intéresser tout le monde à une question dont la solution était étroitement liée au développement général de la colonie.
L'exposition des industries féminines obtint aussi un succès mérité. Au jour dit, fenmaes et jeimes filles, indigènes de tout âge et de toute condition apportèrent au pavillon érigé sur la place de Mahamasina les plus beaux produits de leur travail de l'année : dentelles, broderies, tissus divers, rabanes, chapeaux de paille, articles de lingerie et de sparterie, nattes, éventails, poteries, etc. Lorsque tout cela fut mis en ordre par les soins des dames européennes, qui, avec une entière bonne grâce, avaient bien voulu composer le jury, on vit apparaître une collection d'un très réel intérêt. Pour la première fois, on se rendit un compte exact de la dextérité des fenunes malgaches, et de leurs aptitudes aux divers travaux enseignés depuis quelques années dans les écoles de la colonie.
Au cours de 1903, l'industrie minière prit une extension marquée par rapport à l'année précédente. Pendant le premier semestre, l'exportation d'or atteignit 709 kilos contre 534 kilos seulement pour la période correspondante de 1902. En outre, les efforts appliqués à cette industrie se multiplièrent. Non seulement le nombre des prospecteurs augmenta, mais les recherches, qui jusqu'alors avaient porté uniquement sur les alluvions, commencèrent à s'appliquer aux gisements d'or en roche. Bien que les données positives manquent encore, on croit au filon et peut-être est-ce là l'origine d'une ère nouvelle pour l'industrie aurifère à Madagascar. Le mode de traitement des alluvions tend aussi à devenir moins pirimitif. Le lavage au
sluice, auquel les Malgaches avaient longtemps répugné parce qu'il leur imposait un travail régulier et susceptible de contrôle, entre peu à peu dans les habitudes. Cette application de la méthode industrielle aura pour résultat de diminuer notablement le prix de revient de For, de rendre la surveillance facile et, par suite, de permettre aux exploitants d'étendre leur champ d'action tout en réduisant la main-d'œuvre.
Après avoir assisté aux fêtes du 14 juillet à Tananarive, je commençai mon inspection annuelle des régions côtières. Le 23, VIraouaddy m'amenait à Majunga où je m'attachai, par une série d'excursions, à me rendre compte de l'état des cultures indigènes et de la colonisation. Depuis dix-huit mois l'administrateur de la province, avait, au cours de nombreuses tournées, recueilli des données très complètes sur les ressources de sa circonscription; en outre, sa compétence spéciale dans toutes les questions d'ordre technique avait largement contribué au développement de l'outillage public, à l'amélioration des communications et à l'essor du commerce d'exportation. Les statistiques enregistraient des résultats significatifs ; pour ne parler que du gros centre agricole de Marovoay, l'exportation du riz, qui n'avait été que de 600 tonnes à peine pour le V^ semestre 1902, atteignit près de 850 tonnes pendant la période correspondante de 1903. L'exportation du raphia de la même provenance était passée de 50 tonnes pour le I*' semestre 1902 à 75 tonnes pour le i*' semestre 1903 ; celle du caoutchouc, de 8 tonnes à 24 tonnes, etc. Enfin, certaines industries, celle de la poterie entre autres, se sont établies à Marovoay et aux environs. D'autre part, de très importants travaux, publics ou privés, ont été exécutés à Majunga; plus de 50 grandes maisons en pierre, dont plusieurs appartenant à de riches commerçants indiens, ont été édifiées, et donnent aux quartiers où elles se trouvent un air d'aisance et de confortable qui contraste singulièrement avec l'aspect lamentable de la vieille ville d'autrefois.
(ajo)