ÉCOLES D'ENFANTS EUROPÉENS
et il en résulta des réalisations précipitées qui, on le conçoit, furent loin d'être avantageuses.
Les commerçants avisés qui n'avaient pas cédé à l'entraînement subirent eux-mêmes la répercussion de la crise et de l'avilissement des prix. J'ajoute qu'ils s'associèrent pleinement aux conclusions de l'enquête, et virent comme moi le remède dans l'observation de ce principe — que partout, le commerce doit régler ses procédés et ses approvisionnements sur les besoins calculés de la population et les transformations successives du pays.
Entre autres visites aux établissements et services de Tamatave, je citerai celle que je fis à l'école préparatoire pour les enfants européens, ouverte récemment dans un des quartiers les plus agréables et les plus aérés de la ville. J'avais fait établir les programmes de cette école et des autres similaires de façon à donner aux parents toute facilité d'opter de bonne heure sur la carrière à laquelle ils destinaient leurs enfants. Selon les classes suivies, ceux-ci pouvaient : ou bien poursuivre les études classiques et se préparer aux examens de France donnant accès aux carrières libérales, où bien — ce qui me paraissait la voie la plus normale à Madagascar — se mettre en mesure, par un enseignement surtout pratique, d'aborder avec succès les carrières coloniales agricoles, commerciales et industrielles. Organisée sur ces bases, l'école préparatoire de Tamatave avait obtenu, dès le début, la faveur de la colonie européenne et voyait arriver chaque jour de nouveaux élèves. Leur nombre était passé successivement de ii au i6 février, jour de l'ouverture, à 20 au I*' mars, 25 au i*' avril et 50 au i*' octobre. Depuis lors, ce dernier chiffre a encore notablement augmenté.
Vers le milieu de mon séjour, une très intéressante rétmion hippique fut organisée par la Société d'encouragement de Tamatave instituée depuis trois mois à peine, avec un programme analogue à celui de son aînée de Tananarive. Il
faut dire à ce propos que les méthodes d'élevage du cheval à recommander dans les régions du littoral diffèrent sensiblement de celles qui doivent prévaloir en Emyme. Sur la côte, les reproducteurs des deux sexes, et particulièrement ceux de race abyssine, arabe et australienne, sont susceptibles d'un acclimatement satisfaisant, d'autant qu'on peut les nourrir à assez bon compte avec du foin, de Forge et de l'avoine importés d'Europe. Il sera donc possible — et c'est le but qu'envisageait la Société d'encouragement de Tamatave — de créer par acclimatement une race locale côtière, différente de la race croisée des hauts plateaux et renforcée de temps à autre avec des animaux importés.
Enfin, je ne saurais passer sous silence une magnifique réception suivie de bal — l'une des fêtes les plus brillantes auxquelles j'aie assisté, — qui fut offerte à la colonie française et étrangère de Tamatave par M. Maigrot, consul général d'Italie, à l'occasion du voyage en France de LL. MM. le roi et la reine d'Italie. M. Maigrot était poiu- moi une vieille connaissance ; nos rapports excellents dataient de mon arrivée à Madagascar en 1896, et, depuis lors, j'avais toujours trouvé auprès de lui le concours le plus complet, notamment pour faciliter mes relations avec le nombreux personnel d'ouvriers italiens employé sur les chantiers du chemin de fer.
Par une délicate attention, notre hôte fit coïncider le jour de sa réception avec celui de l'arrivée des souverains à Paris. Au moment où, en France, d'éclatantes démonstrations affirmaient entre deux grandes nations des sentiments de confiance réciproque basés sur des aflSnités de race, de langue et sur le souvenir de luttes vaillamment supportées en commun, la belle fête de Tamatave resserra les liens depuis longtemps cordiaux et sympathiques qui unissaient la colonie itaUénne à la population française de Madagascar.
Avant de rentrer à Tanaharive, je visitai à nouveau les chantiers du chemin de fer. J'eus ainsi l'occasion d'assister à
ENTREE DU TUNNEL DE VONGO-VONGO.
UN SERVICE d'automobiles EST CRÉÉ ENTRE TANANARIVE ET LA CÔTE EST.