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OUVERTURE D^UN TUNNEL

Touverture du tunnel de VongoVongo qui a raccourci de 7 kilomètres le tracé primitivement prévu.

La cérémonie organisée à cette occasion fut tout intime et familiale. En dehors du personnel du chemin de fer, un seul invité y assistait : M. Emile Bellier, ancien conseiller général à la Réunion, que j'avais rencontré à Tamatave, au moment où il se disposait à monter en Emyme. Cet homme excellent, justement vénéré dans son pays, que la mort a enlevé depuis à l'afPection des siens, m'honorait depuis de longues années de sa bienveillante amitié. Sur les chantiers, il rencontra de nombreux ouvriers créoles, et j'eus la satisfaction de lui faire constater que la plupart d'entre eux fournissaient au service technique de bons éléments de travail et d'activité.

Le programme de la percée finale du tunnel fut conforme à la tradition. Une mince paroi rocheuse, maintenue entre les deux galeries d'attaque, et bourrée de dynamite, sauta par le jeu d'un exploseur électrique actionné à distance par une main féminine. Ainsi finit le labeur obscur qu'ouvriers européens, créoles, sénégalais et malgaches poursuivaient depuis vingt mois avec endurance et ténacité.

Dans l'après-midi, nous visitons les magnifiques chutes de Koma. Le tracé du chemin dé fér y longe, vers le loo* kilomètre, la S^^antandra, qui tombe brusquement de 70 mètres de hauteur, s' engouffrant dans une immense vasque naturelle, qu'encadre une puissante végétation. Ce site, l'un des plus imposants qui soient à Madagascar, retiendra souvent les touristes qui monteront de la côte à Tananarive.

Après cette joumée bien remplie, nous allons passer la nuit à Moramanga, où l'hôpital indigène offre un gîte confortable à quelques-uns d'entre nous ; le lendemain matin, les automobiles nous mènent à rapide allure à Tananarive.

Quelques semaines plus tard, la réception de fin d'année au Gouvernement général me fournit l'occasion de résumer ainsi l'impression favorable rapportée de mes tournées en 1903 :

« Ceux d'entre vous qui ont assisté à nos premières réunions annuelles savent quelle était, il n'y a pas bien longtemps, la gravité de la situation à Madagascar. Aujourd'hui, les soucis d'alors n'existent plus. Grâce à la bravoure de nos troupes, aux capacités de nos fonctionnaires, aux efforts de nos planteurs et au bon esprit des populations indigènes, notre colonie est en excellente voie de développement et de progrès. Il nous restait à voir notre situation économique s'aflFermir, nos exportations s'accroître et tendre à égaler nos importations. Tout permet de croire que ce résultat sera bientôt atteint. En 1903, le chiflfre de nos exportations dépasse de 30 pour 100 celui de 1902 ; si cette progression continue, comme on peut l'espérer, la balance s'établiera d'ici quatre ou cinq ans, et cela sans nuire en rien aux intérêts de la Métropole. »

Enfin, cette réception me permit d'adresser des vœux d'heureux retour dans la colonie à M. Porter, consul de Sa Majesté Britannique, qui allait bientôt quitter la grande île pour jouir d'im congé. Il me fut particulièrement agréable de lui rappeler que dans nos rapports, entretenus sans interruption depuis six ans, il avait toujours apporté, comme représentant d'une puissance amie, un esprit large et conciliant qui, joint à ime affable cordialité, m'avait aidé à régler rapidement et de la façon la plus satisfaisante, diverses questions délicates qui s'étaient posées à la suite de l'annexion de Madagascar à la France.

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