MISSION EN AFRIQUE DU SUD
moyens de reprise de Pexportation des bœufs vers le continent voisin et chercher un terrain d'entente avec les autorités locales et les commerçants importateurs. Il fut recommandé aussi aux délégués de la colonie de s'initier aux procédés d'élevage des moutons et des autruches, au fonctionnement des usines frigorifiques et à la préparation de la viande congelée, etc. ; d'ouvrir la voie à des transactions sur divers animaux ou produits de Madagascar : porcs, salaisons, volailles vivantes, fruits, légumes, céréales, bois, chapeaux de paille, dentelles, etc. ; enfin, d'étudier les règlements miniers et la question de la main-d'œuvre asiatique. Les rapports de la mission, publiés depuis dans le Bulletin économique de la Colonie, ont donné sur ces divers points des indications précieuses, en même temps qu'ils ont fait ressortir l'état des négociations engagées et les premiers résultats obtenus.
J'esquisserai maintenant un aperçu de la mise en valeur agricole de l'île au mois de mai 1905.
Les explorations et enquêtes économiques entreprises dès 1896 avaient permis de réunir les renseignements généraux suivants sur le rendement des diverses régions.
Le riz peut être cultivé partout et fournir, dans toutes les contrées disposant de moyens de transport économiques, un très important aliment au commerce d'exportation ; à ce titre, les provinces desservies par le chemin de fer et ses affluents se trouveront bientôt dans les conditions les plus favorables.
Dans la région centrale^ Emyme et Betsiléo, les plantes tropicales : café, cacao, vanille, etc., n'ont aucune chance de bonne venue ; par contre, les cultures vivrières traditionnelles des indigènes : riz, maïs, patates, manioc, arachides, etc., et les cultures maraîchères y réussissent à souhait. En outre, dans les sols volcaniques des régions d'Antsirabé, Betafo et Miarinarivo, certaines céréales d'Europe : avoine, orge et blé, ont donné — sur des superficies restreintes, il est vrai — des succès inattendus ; enfin, la culture du mûrier peut devenir un très bon élément de
richesse, par l'éducation du ver de Chine et des différentes espèces de vers indigènes.
Dans la zone d'altitude moyenne, le thé, le quinquina et les agaves sont susceptibles d'une bonne réussite; il en est de même du mûrier, qu'il y aurait intérêt à propager en vue du transport des feuilles en Emyme où l'éducation des vers sera surtout concentrée.
Sur les côtes, la culture du cocotier et les industries qui s'y rattachent ont de bonnes chances de succès; enfin, sous la condition que la question de la main-d'œuvre soit bien étudiée et résolue — peut-être par l'immigration indienne — la culture du coton peut donner im puissant essor au trafic de certaines régions du nord, du nord-ouest, de l'ouest et du sud.
La vanille, malgré la baisse de prix qu'elle a subie depuis trois ans, fait l'objet d'importantes exploitations sur les côtes est et nord-ouest et rémimère encore très convenablement les capitaux.
Le cacaoyer donne des rendements satisfaisants dans toute la zone côtière comprise entre la baie d'Antongil au nord et Mananjary au sud.
Le café Libéria réussit sur toute la côte est ; le café Bourbon ou Arabica peut donner aussi de bons résultats, mais de grandes précautions sont nécessaires pour préserver l'arbuste des maladies parasitaires.
Le girofle, le poivre, la cannelle, diverses plantes à parfum, le chanvre des Philippines, le kapok, les agaves, le thé, le tabac, réussisent dans l'ouest et sur le versant oriental.
Le caoutchouc, dont on trouve d'excellentes espèces dans les forêts des régions côtières et intermédiaires, est ime des bonnes sources de richesse de Madagascar, surtout depuis que les progrès du cyclisme, de l'automobilisme, de la chirurgie, etc., en ont fait un produit industriel de premier ordre.
Voici maintenant quelques chiffres. En 1896, il existait à Madagascar 150 plantations appartenant à des Européens. En