RESSOURCES AGRICOLES EN
mai 1905, ce nombre s'était élevé à 630, propriétés ou concessions agricoles mises efiFectivement en valeur. A la même date, les statistiques des provinces montraient qu'en neuf ans, les superficies cultivées avaient à peu près triplé ; elles comptaient 780000 hectares, dont 760000 cultivés par les indigènes et 20000 par les Européens.
Aux ressources de Tîle se rattachant à l'agriculture et à l'élevage, il faut ajouter :
12 millions d'hectares de forêts contenant des essences précieuses parmi lesquelles figurent l'ébène, le palissandre, le bois de rose, diverses variétés d'acajou et de nombreuses essences spéciales à Madagascar et utilisables pour la charpente, la menuiserie et l'ébénisterie d'art ;
Un cheptel qui, décimé par l'insurrection, s'est rapidement reconstitué et est passé de i 200000 bœufs, en 1899, à 3 000 000 environ à la fin de 1904;
Un effectif d'environ i 500 chevaux, race nouvelle, créée de toutes pièces par le croisement d'étalons importés avec les quelques juments trouvées dans le pays au début de l'occupation.
Enfin, des essais d'acclimatement de moutons à laine ont été entrepris avec des béliers de belles espèces françaises (mérinos de Rambouillet et solognots) ; de bons croisements ont été obtenus avec les brebis malgaches, race à poil roux, sans valeur commerciale et de médiocre usage pour la boucherie.
A ce développement de l'agriculture et de l'élevage, l'Administration de la colonie a appliqué une méthode scientifique, qui a dissipé les incertitudes et permis de préciser les résultats que peut escompter, dans telle ou telle région de l'île, une entreprise sérieusement préparée et montée avec un capital suffisant.
Dans ces dernières années l'industrie, tant européenne qu'indigène, a pris une certaine importance à Madagascar. Sur les côtes où le gros matériel arrive facilement à pied d'œuvre, et aussi dans la région centrale depuis l'ouverture de la route de l'est et
la mise en exploitation partielle du chemin de fer, il s'est établi un assez grand nombre d'usines ou d'ateliers dirigés par des Européens. Je n'ai négligé aucune occasion de les visiter au cours de mes tournées, pour me rendre compte de leur fonctionnement et de leur rendement comparé aux débouchés possibles; enfin, je me suis appliqué à apporter aux propriétaires non seulement des encouragements, mais aussi l'appui eflFectif qui pouvait leur être donné.
Parmi les principales de ces entreprises, je citerai : des scieries et ateliers mécaniques pour le travail du bois ou du fer (à Tananarive, Mévétanana, Tamatave, Diego, Majunga et dans plusieurs régions forestières de la côte ou de l'intérieur) ; des chantiers de construction de goélettes, boutres et petites embarcations maritimes (à Belo-sur-mer et sur quelques autres points du littoral) ; des carrières (à Tamatave, à Ivondro et dans la région centrale); des fours à chaux (à Diego, dans la région centrale et dans le cercle de Mévétanana); des briqueteries et ateliers de poterie (à Marovoay, à Diego et dans la région centrale) ; des fabriques de sucre (aux environs de Tamatave et à Nossi-Bé) ; des distilleries (à Nossi-Bé, aux environs de Diego, de Tamatave, de Vatomandry, à Tananarive et à Bétafo) ; des brasseries (aux environs de Tananarive et à Antsirabé) ; des fabriques de glace (dans presque tous les ports, à Tananarive et à Mévétanana) ; une savonnerie (à Nossi-Bé) ; des entreprises de fabrication de cigares et de cigarettes (à Tananarive et à Tamatave) ; des fourneaux pour le traitement des minerais de fer (dans la région forestière de l'est) ; des ateliers de menxiiserie, d'ébénisterie et de charronnage (à Tananarive, Tamatave, Diego et Majunga); des décortiqueries (dans la région de Majunga, à Diego et aux environs de Tananarive); xme dizaine d'imprimeries, établies dans les principales villes. Parmi elles, je dois une mention toute particulière à l'Imprimerie officielle de Tananarive, dont M. LeiflFeit, officier d'administration d'artillerie, qui la dirigea neuf années durant, avec autant
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