ACTION POLITIQUE ET MILITAIRE
Les cerdet te subdivisent en secteurs, qui sont au cercle ce que le cercle est i^ r«utoritè centrale.
Le TêrHtoire. ~ Les progrès de la pacification et, d'autre part, Taugmentation du nombre des cercles firent reconnaître la nécessité de grouper plusieurs cercles sous un même commandement en créant une nouvelle unité d'action politique et militaire : le territoire. Ce rouage, outre qu'il facilita la tâche du commandement en diminuant le nombre des subordonnés et en simplifiant l'expédition des ordres, eut encore le grand avantage de mieux coordonner vers le but à atteindre les efforts de plusieurs cercles. Le commandant du territoire recevait des directives ; il lui appartenait d'assurer l'exécution et de faire converger les opérations militaires ou l'action politique de ses commandants de cercle vers le but qui lui était assigné. Dans les pays neufs, aux vastes espaces, aux communications imparfaites, on ne doit, sous aucun prétexte, enrayer l'initiative des chefs de circonscription, seule raison d'être de leur responsabilité. C'est un principe que j'ai toujours scrupuleusement observé dans tous mes commandements coloniaux.
Le programme général des opérations en £m3^me fut tracé de la façon suivante :
Protéger la ligne d'étapes, de Tananarive à Andévorante, par une série de blockaus occupant les points dominants; pénétrer dans la grande forêt et y créer des lignes de postes intérieurs pour tenir les bandes rebelles à distance et mettre un terme aux attaques de convois et aux coups de main sur les villages de la route.
Etablir autour de Tananarive une série de postes formant un cercle de protection d'une vingtaine de kilomètres de rayon; puis, occuper méthodiquement et progressivement le pays au delà, en procédant par bonds, de manière à augmenter sans cesse le rayon de la sone occupée et à refouler constamment les rebelles vers les frontières de l'Emyrue.
Relier constanunent les opérations militaires entreprises dans un cercle à celles des cercles voisins.
En arrière du front d'avancement armer les villages soumis, sous le contrôle vigilant des autorités françaises; surveiller très étroitement l'intérieur du réseau des postes militaires et des villages armés, de manière à empêcher l'infiltration des bandes rebelles.
Dès l'occupation des zones frontières de l'Emyme par les échelons les plus avancés, constituer sur les limites du pays sakalave à l'ouest et des tribus baras et tanalas au sud et au sud-est, une forte organisation défensive, formée au moyen de postes militaires en première ligne et de postes de milice et de villages armés en arrière.
Enfin, en toute circonstance, user de clémence et provoquer les soumissions volontaires.
Au point de vue politique et administratif, la mission des conmiandants de cercle fut ainsi indiquée :
c Organiser les sones en arriére et y faire œuvre pacifique en rappelant les populations, en faisant reprendre les cultures, en ouvrant des marchés, en créant des écoles et enfin en mettant les villages et les habitants à l'abri de nouvelles incursions des Fahavalos.
Deux recommandations essentielles furent aussi faites dès le début à tous les commandants territoriaux : supprimer l'hégémonie hova, en dehors de rEm3rme, et pratiquer la « politique des races > en donnant aux différentes tribus toute latitude pour choisir elles-mêmes les chefs locaux — agréés toutefois par l'autorité française, — auxquels elles voudront obéir.
On sait, par les récits qui précèdent, les principaux événements qui marquèrent la pacification en Emyme.
Ce premier et important résultat obtenu, il fallut occuper, soumettre et administrer, au Nord, à l'Ouest, au Sud et au Sud-Est du plateau central, de vastes régions habitées par des tribus guerrières qui, tirant vanité des échecs qu'elles avaient infligés aux Hovas, se refusaient énergiquement à reconnaître le fait de la conquête.
Des instructions d'ensemble, du aa mai 1898, en partie reproduites ci-après, indiquent la méthode générale qui fut suivie pour vaincre ces résistances et étendre à toute l'île la souveraineté française.