‹ Neuf ans a MadagascarChapitre 135 sur 170 · BON SENS ET RÈGLEMENTS · texte numérisé non relu

BON SENS ET RÈGLEMENTS

Les commandants territoriaux doivent comprendre de la façon la moins formaliste, le rôle administratif qui leur est assi^fné. Leur mission êsi de défendre^ au nom du bon sens, les intérêts qui leur sont confiés, et non de les combattre au nom du règlement.

Enfin, il importe aujourd'hui que nos officiers et, dans une certaine mesure, nos sous-officiers coloniaux, soient préparés au rôle politique et administratif qui, après le résultat militaire obtenu, constitue le complément de leur tâche.

Un pays n*est pas conquis et pacifié lorsqu'une opération militaire a réussi à y briser passagèrement toutes les résistances. Le premier moment de stupeur passé, les esprits se ressaisissent; si Ton n*y prend pas garde, il peut germer dans la masse des ferments de sédition; ceux qui ont le plus perdu au nouvel état de choses, cherchent bientôt à allumer la révolte.

Tant que cette mentalité subsiste, le régime civil est prématuré, et l'officier doit continuer à administrer avec le personnel dont il dispose; le conquérant seul est asses fort pour ne pas s'émouvoir des hostilités et se permettre au besoin des mesures de clémence sans craindre qu'elles soient considérées comme des actes de faiblesse.

Puis, lorsque la conquête militaire est achevée et que la conquête morale l'a suivie, le moment est venu de substituer le régime civil au régime militaire et de remplacer les officiers par des administrateurs.

L'application de ces principes a permis, beaucoup plus rapidement que je ne l'avais espéré d'abord, de pénétrer dans les parties les plus reculées de l'île, d'y faire cesser le désordre et les pratiques de barbarie, d'y établir la souveraineté de la France, et de faire évoluer les peuplades conquises vers un état social de plus en plus perfectionné.

En Em3^me, ce résultat était atteint à la fin de mai 1897, huit mois après mon arrivée dans Itle.

Au commencement de 190a, le territoire sakalave de l'ouest, habité par les populations les plus guerrières de Madagascar, était, de même, définitivement rangé sous notre autorité et les diverses tribus de cette partie de Itle commençaient à acquitter régulièrement l'impôt.

Enfin, au mois de mai 1902^ je pus supprimer le commandement supérieur du sud, que j'avais créé en septembre 1900.

L'organisation de ce grand commandement, découlant de la doctrine que je viens d'exposer, avait été un moyen d'exercer, sur de vastes régions, une action politique et militaire d'ensemble que je jugeais absolument indispensable.

L'administration des diverses circonscriptions territoriales du sud de l'tle : provinces civiles de Fianarantsoa et de Farafangana, cercles militaires de Fort-Dauphin, Tuléar et des Baras, était sagement dirigée dans chaque province prise isolément, mais l'orientation politique générale n'avait pu se préciser et les efforts n'étaient pas concordants ; enfin, de nombreuses tribus guerrières, complètement insoumises, subsistaient dans ces contrées.

C'est dans ces circonstances que je décidai de réunir transitoirement sous une même autorité les cinq cercles ou provinces du sud de Itle. On sait déjà comment les qualités militaires et administratives du colonel Lyautey, unies à un grand esprit de justice et de modération, lui permirent de mener à bien la tâche difficile qui lui était confiée et, après son œuvre de pacification et de pénétration, d'ouvrir le sud de Madagascar au commerce et aux entreprises de nos colons.

Ainsi se termina, en 190a, après avoir duré près de cinq ans, la période des opérations militaires dans la grande tle.

LES PERTES DU CORPS I/OCCUPATION Pendant la pacification de l'Emyme, de fin 1896 au 30 juin 1897, elles se décomptent ainsi :

Tués à l'ennemi, \ a officiers, ( 5 officiers, », ^ j l l f®^*""*'

j. ,^„ *)ic^u m X- ) V Morte de; 136 hommes de

roupe européens x8i indigènes.

blessés mortellement, < 60 hommes Blessés. < 191 hommes , . . <

noyé.. / de tronpe. / d« tronpe. °"»""'- ' ''""P* européen..

Pour la période du 30 juin 1897 au i« mai 1905, on a compté environ :

Tués à l'ennemi, \ 15 officiers, ( la officiers, m rts d I ^^ officiers,

blessés mortellement, < aoo hommes Blessés. < aso hommes , ,, ( ^°° ommes e

noyés. / de troupe. / de troupe. ~^*^^- ^'^^P^ européens,

^ \ ^ l *^ l 350 indigènes.

Organisation administhattve; sbs débuts pkogssssivb du régibis civil au bégimb

DIAGSAMMB COMPASATIF DBS DÉPENSES DU PERSONNEL EUROPÉEN ET INDIGÈNE DE 1896 A 1905.

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