‹ Neuf ans a MadagascarChapitre 139 sur 170 · II · texte numérisé non relu

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résultats et m*amena, au mois de juin 1904, à étendre cette organisation à toutes les circonscriptions de population hova. Lorsque je quittai la Colonie, ces provinces étaient placées sous un régime administratif unique qui se résume ainsi : Les autorités européennes dirigent et surveillent Tensemble.

Les autorités indigènes administrent effectivement les indigènes, perçoivent les impôts, surveillent Texécution des travaux publics, la marche des cultures et produisent les pièces ou renseignements administratifs, économiques ou financiers qui leur sont demandés.

A la fin de Tannée 1904, une réforme analogue à celle qui venait d*être opérée en Emyme — mais recourant encore largement à Tadmlnistration directe — fut appliquée au pay* betsimisaraka. Dans cette contrée, le degré d'avancement social des populations rendait révolution moins nécessaire, et surtout d'exécution moins facile que dans les provinces centrales. Néanmoins, je voulus poser partout le principe de l'association de Tèlément indigène à l'administration, et le mettre en vigueur au fur et à mesure que les tribus se familiarisaient avec notre domination et l'acceptaient sans arriére-pensée. En outre, je voyais là un moyen de pousser les indigènes de la côte — en commençant par les Betsimisarakas — à former des groupements ayant des intérêts communs, susceptibles de développer dans l'esprit de populations encore primitives les idées d'assisUnce et de solidarité. Enfin, il est évident que l'organisation à adopter doit varier avec les races. Betsimisarakas, Antankares, Baras, Betsiléos, Sakalaves et Tanalas ne peuvent être soumis au même régime; la Uérarchie des autorités indigènes et le fokon'olona doivent revêtir chez les uns et les autres des formes différentes, bien que dérivant du même principe. Dans cet ordre d'idées, un décret du 30 septembre 1904, rendu sur les propositions de la Colonie, prévit l'extension aux diverses circonscriptions de llle des dispositions du décret relatif à l'Emyrue et autorisa le Gouvernement local à faire les adaptations nécessaires.

Je fus amené ainsi à une troisième forme d'organisation provinciale, celle des protectorats intérieurs, qui a été adoptée dans certaines régions de l'ouest et en particulier chez les Baras Imamonos et chez les Sakalaves du Ménabé.

Les protectorats intérieurs sont, non pas un système de gouvernement, mais — ce qui est tout différent — un système d'administration.

Il n'a pas été et il ne pouvait être question de soustraire une partie de la colonie à la législation en vigueur dans les autres régions, ni de restaurer une souveraineté autochtone, et encore moins de nous dessaisir d'une partie de notre autorité au profit de certains chefs indigènes. Dans l'espèce, j'ai vcfulu tout simplement, parce que la logique le commandait, utiliser les chefs traditionnels du pays qui, laissés à l'écart, auraient conservé cependant leur influence et n'auraient pas manqué de l'exercer de façon occulte, et à notre détriment. D'autre part, il a été possible ainsi d'utiliser au profit de l'œuvre française les vestiges d'une organisation politique qui avait acquis jadis une certaine cohésion. Enfin, le système du protectorat intérieur se prête tout particulièrement au maintien des coutumes et traditions locales qu'il y a intérêt à conserver lorsqu'elles ne sont contraires ni à l'équité naturelle, ni à nos principes d'humanité.

En résumé, le pays hova, les provinces betsimisarakas et le Ménabé ont été les régions d'application initiale des trois systèmes principaux d'administration indigène mis en vigueur à. Madagascar de 190a à Z905.

Les schémas qui précèdent font ressortir leur fonctionnement

En dehors de l'administration indigène, je me suis appliqué, dès que les circonstances l'ont permis, à doter les principales villes, où les colons sont groupés en grand nombre, d'un régime communal européen, approprié au développement qu'elles avaient pris. Cette première introduction des municipalités à Madagascar date du mois de février 1897. A cette époque, nos anciens établissements dans Itle : Diégo-Suarez, Nossi-Bé et Sainte-Marie, furent érigés en communes dirigées par un administrateur-maire avec le concours d'une commission municipale. Un budget autonome alimenté par des ressources déterminées leur fut attribué dès le début, et, un peu plus tard, un arrêté leur constitua un domaine public et privé. Cette innovation produisit les meilleurs résultats. L'autonomie administrative et financière, avec le pouvoir de posséder, d'acquérir et d'aliéner, permit aux villes de se développer et de s'embellir par l'affectation de leurs ressources à des travaux d'intérêt local. Aussi ne tardai-je pas à faire bénéficier de cette organisation les villes de Tamatave et de Majunga qui prenaient une importance croissante et où le chiffire de la population européenne était relativement élevé. Le régime communal leur fut octroyé par arrêté du 15 octobre 1897 <^vec la même organisation que dans les anciennes Dépendances.

J'ajoute que, tout en faisant la plus large mesure au progrès, la constitution de communes de

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