‹ Neuf ans a MadagascarChapitre 153 sur 170 · STATISTIQUE FONCIÈRE · texte numérisé non relu

STATISTIQUE FONCIÈRE

Elevage, — LVleva^e est à juste titre considéré comme Tune des principales sources de richesse de la grande tle ; les résultats déjà obtenus s*aecentueront encore lorsque les méthodes rationnelles des pays civilisés se seront généralisées et que d'autre part, un courant commercial régulier aura pu s'établir avec les colonies européennes les plus voisines de l'Afrique du Sud et de rOcéan Indien.

L'élevage est pratiqué à peu prés partout. Le Nord, l'Ouest et le Sud-Ouest sont les parties de Itle les plus favorables. Las herbages y sont de très bonne qualité et y restent verts pen(unt la plus grande partie de l'année. On peut citer surtout : la région de Diégo-Suarez, la montagne d'Ambre, la province de Vohémar dans toute son étendue, les vallées de la Sofia, de la Mahajamba, de la Betsiboka, de la Mahavavy, de la Tsiribihina, la cuvette du lac Alaotra et la vallée du Mangoro. Les entreprises d'élevage peuvent, suivant les régions, s'appliquer aux boeufs, chevaux, porcs, moutons, volailles (Voir les développements donnés à ce sujet dans l'ouvrage et dans le Guide-Annuaire de 1905).

Conditions cTinsiallaiion. — La première question qui se pose en matière de colonisation agricole est celle du choix de l'exploitation à entreprendre et de la région qui lui conviendra le mieux.

L'agriculture tropicale est seule vraiment rémunératrice pour les colons européens. Elle rencontre à Madagascar d'assez vastes champs d'action dans les régions côtiéres et aussi dans les vallées d'altitude moyenne des deux versants est et ouest

En EmjHiie et dans toute la région centrale, le sol est en général ingrat sur les parties mamelonnées; les vallées seules offrent des terres réellement fertiles, mais celles-ci appartiennent en presque totalité aux indigènes, premiers occupants du sol, et ne laissent par conséquent que des disponibilités très restreintes à la colonisation. En outre, ces terres ne se prêtent pas aux cultures tropicales et les essais faits dans cette voie ont invariablement échoué jusqu'à ce jour.

On ne peut donc conseiller les entreprises agricoles sur les hauts plateaux qu'à ceux qui, se contentant des faibles bénéfices que peuvent procurer les cultures indigènes et n'envisageant pas la réalisation d'un gros capital, s'expatrieraient sans esprit de retour pour venir mener à Madagascar l'existence modeste de la campagne et y faire définitivement souche.

Au contraire, les colons possesseurs de capitaux qui veulent tenter la fortune en pratiquant les cultures riches : café, cacao, vanille, cocotier, girofle, etc... doivent s'installer dans les régions chaudes et basses du littoral, ou tout au moins ne pas dépasser l'altitude de 900 mètres, au delà de laquelle ces cultures ne sont plus susceptibles de réussite. D'autre part, aucune de ces cultures n*e»t susceptible de donner les premiers rendements avant un délai minimum de trois à quatre ans. Or, des ressources financières limitées à 10 000, 15 000 et même aoooo francs ne permettent pas une aussi longue attente de la rémunération. C'est donc surtout — pour ne pas dire uniquement — aux gros capitaux, constitués au besoin par l'association, que la colonisation agricole offire des chances de succès à Madagascar.

STATISTIQUE

Refonte foncier, — Concessions. — Les concessions provisoires délivrées depuis l'origine jusqu'au i*' janvier 1905 se dénombrent en 558 concessions gratuites, mesurant 63 721 hectares et 1 827 concessions à titre onéreux mesurant 341 183 hectares, soit un total de a 385 concessions pour une superficie de 404904 hectares. Ces chiffres se subdivisent en 970 concessions urbaines mesurant 869 hectares et 1415 concessions rurales représentant 404 Q35 hectares.

Sur les 558 concessions à titre gratuit accordées, 322, représentant une contenance de ao 217 hectares ont été transformées en propriétés définitives après mise en valeur. La différence à 558, soit 236 concessions représentant 43 504 hectares n'avaient pas encore été transformées en propriétés définitives au i*» janvier 1905.

Sur les 1 827 concessions à titre onéreux, 704 représentant une superficie de 30 169 hectares ont obtenu des titres définitifs de propriété. La différence à i 827, soit 1 123 concessions n'avaient pas encore obtenu de titres définitifs au i*' janvier 1905.

Au total, sur 2385 titres provisoires, obtenus tant à titre gratuit qu'à titre onéreux, 1 026, soit 43 pour 100, ont été transformés en titres définitifs.

Entre le i*' janvier 1897 et le i*' janvier 1905, il a été déposé 8627 réquisitions d'immatriculation pour des propriétés, terrains ou immeubles, représentant une valeur totale de 60020 169 francs et une superficie de 445 165 hectares.

Sor œ chiffre global de 86J7 réquisitions, Im propriHi \ tUm% représentant des iameobles d'une Tsieor de 39598945 8569 iMctares.

Lm propriiU rurmU a fait Tobjct de 3486 rêqoisitioas rrjiirsrnlst des ▼alenr de 20431 224 francs et d'une contenance de 43^59^ hectares.

Sor les 8637 réquisitions déposées depuis rmigine, 7013 titres drinltffs oat éie délivres représentant une Taleur de 46073638 francs et une contenance de 243090 hectares; $60 1 représentant une valeur de 3 193 1 14 francs et une contenance de 66071 hecUrcs données par les parties ou rejetées par les tribunaux ; 1054 dnnandcs rcpfistntant une valear de 10753417 et une contenance de 136044 hectares étaient en cours d*ïininsti iculatioa au i* jan- Tler 1905.

Dans la période enrisa^^ée, la statistique du service foncier fait rcssoitir 3439 ■■tatiunt de propriétés portant sur une valeur de 15 223 532 francs. Si on compare ce chiffre à cetni des propriétés immatriculées qui est de 7013» on constate que prés de la moitié des iamenhles amt changé de propriétaire en huit ans, ce qui permet d'admettre que la totalité de la propriété changerait de mains en seize ans. En France, le cycle étant de quatone ans environ, fl en résulte que le courant des transactions immobilières a presque autant d'intensité à Madagascar que dans la Métropole.

De 1897 à 1905, les inscriptions hypothécaires ont été au nombre de 1 010 et ont représenté une valeur de 10 771 055 francs. Le nombre des propriétés immatriculées étant de 7 013, et représentant une valeur de 46 073 638 francs, il en résulte que le septième environ des propriétés a été grevé d'hypothéqués et que celles-ci ont représenté à peu prés exactement le quart de la valeur totale des propriétés. Mais d'autre part les remboursements ont été au nombre de 755 et se sont élevés à 5355064 francs. En fin de compte, au i* janvier 1905 la dette hypothécaire n*etait plus que de 5 415 991 francs sur une valeur totale de 46073638 francs, soit un neuvième environ.

Une indication très significative est donnée par le nombre des saisies qui s'est élevé seulement à 57 en huit ans, sur 7013 propriétés immatriculées. Ce chiffre infime a une portée qu'on ne saurait méconnaître et qui, jointe A d'autres constatations, témoigne de la bonne situation économique de Madagascar.

Enfin, le nombre des opérations du service topographique pour reconnaissances, immatriculations, etc... s'est élevé du 4 mars 1896 au i*' janvier 1905 à 135841 et a porté sur une superficie totale de 1289415 hectares.

Culture*, — L'étendue des cultures entreprises à Madagascar mesure une surface totale de 745648 hectares, dont 18852 sont exploités par les Européens et 726796 par les indigènes.

3Q067 hectares sont plantés en arbres et arbustes à production : caféiers : 1 839 139 pieds ; cacaoyers : 308 725 pieds ; vanilliers : 7 396 341 pieds ; gfrofliers : 104 829 pieds ; cocotiers : 397825 pieds ; caoutchouquiers : 242 410 pieds ; manguiers : 221 027 pieds ; arbres fruitiers divers : 765 570 pieds ; mûriers : 1 494 266 pieds ; canne à sucre : 37 485 847 pieds ; tabac : 16249 559 pieds ; bananiers : 21 491 510 pieds ; vignes : 240869 pieds ; théiers : 46839 pieds ; kolatiers : 504 pieds ; eucalyptus : 1077828 pieds. Les 706581 hectares restants se répartissent entre les cultures vivriéres et maratchéres, dont les plus importantes sont : le riz : 374 146 hectares ; le manioc : 137524; les patates : 82401 ; le maïs : 53 103; les haricots : 14936; le mil : 10 160; les pommes de terre : 8632; le saonjo : 7 190; Tambrevade : 4 711; le tapia : 3601; les arachides : 2851; les pois du Cap : 2546; le tsitoavina : 1 941 ; les ouatiers : 1 208; le voemba : 1208.

Induêiriêê foreêtières, — L'industrie forestière s'exerce à Madagascar sur une superficie de 235 620 hectares de forêts concédés A des Sociétés et A des particuliers contre une redevance annuelle de 13 673 francs, soit environ o fr. 06 par hectare de concession.

La répartition de ces concessions par région est la suivante : Andévorante 6735; Angavo- Mangoro 31665; Diégo-Suarez 4581; Fènérive 3662; Fianarantsoa 9200; Fort-Dauphin 2000; Mévétanana looooo; Maroantsetra 39710; Morondava 485 ; Tamatave 282; Vohémar 3730a

Les principales essences de bois exploitées sont : le palissandre, l'ébéne, le bois de rose, les bambous, l'ambora, l'hintsy, le lalona, le nato, le palétuvier, le rotra, le tehezana. le voapakamena le vintany, le varongy et divers bois de chauffage.

Outre ces concessions permanentes, il a été accordé en 1904 des permis temporafres de coupe, au nombre de 1 126, qui ont produit 15600 mètres cubes de bois et une recette de 10 192 francs.

Valeur

*5 million i

IMPORTATIONS COMPAREES

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