LE PROGRAMME AGRICOLE
outre, il fizâ le prix d*achat des terres à a francs Thectare pour les régions de Touest et dn nord, et à 5 francs poar la côte est et le haut pajrs.
n convenait en outre de fridliter aux colons le choix des terres domaniales et, pour leur éviter une attente se traduisant toujours par des dépenses, de mettre à leur disposition des lots nets de toute revendication. Le procédé employé fut une application des plus simples de la procédure d'immatriculation; il consista à faire immatriculer ces lots au nom de TEtat, puis, toutes les formalités nynnt été accomplies, et les inscriptions voulues ayant été faites sur les titres, à remettre ceux-ci, par simple tradition manuelle, aux postulants des concessions.
Ségimê forestier et canoeeHonê foresUères, — Un décret du lo février 1900 a fixé les régies à observer pour la conservation et l'exploitation prévoyante du domaine forestier de la colonie.
Le droit d'exploitation des produits forestiers peut être concédé, à charge du paiement des redevances prévues, à toute personne solvable qui en fait la demande. Il peut également être concédé à toute Société constituée dans ce but, sous la condition que les statuts de cette Société soient approuvés par le gouverneur général. La durée des contrats est invariablement fixée à cinq ans pour les superficies inférieures ou égales à 5 000 hectares ; elle est calculée à raison de un an en sus par 1 000 hectares, pour des superficies supérieures à 5 000 hectares, sans pouvoir toutefois excéder vingt années.
Les contrats peuvent être renouvelés.
Les statistiques qu'on trouvera plus loin établissent que le régime foncier a bien réalisé le but qu'on se proposait Un très grand nombre de petites et moyennes concessions, attribuées à nos compatriotes, sont aujourd'hui mises en valeur et ont été transformées en propriétés définitives.
Service iopographiçue. — Le Service topographique est chargé :
I* De la partie du service de la colonisation consistant à rechercher les terres pouvant convenir à l'immigration européenne, à en lever les plans et à recueillir à leur sujet tous renseignements utiles; > a* De la reconnaissance, du levé des plans et du lotissement des terres domaniales ;
3® De l'établissement des plans nécessaires à l'immatriculation des propriétés.
Dans tous les ports, et plus spécialement à Majunga et à Tamatave qui sont les principaux points de débarquement à Madagascar, des bureaux de colonisation ont été organisés pour indiquer aux nouveaux arrivants, qu'ils ont intérêt, — suivant ce qu'ils ont projeté, — à se diriger sur telle ou telle région, et pour leur faire connaître le nombre et la nature des lots de colonisation disponibles dans cette région.
n n'est pas superflu d'ajouter que les plans levés par le Service topographique au cours des diverses missions dont il a été chargé, ont été rattachés au réseau géodésique établi par le service géographique du corps d'occupation, et fournissent autant d'éléments exacts d'un travail d'ensemble qui, progressivement poursuivi, constituera le cadastre général de la colonie.
Service de l'agriouliure, — L'organisation du service de l'agriculture, très modeste à ses débuts, a été complétée au fur et à mesure des progrés de la situation générale, politique et économique. Le programme d'études et de travaux du Service de l'agriculture se résume ainsi :
i« Ressources agricoles de la colonie ; valeur des terres ; carte agronomique ;
a« Régime météorologique ; service d'observations ;
3« Redierche des meilleures méthodes pour la culture et la récolte des denrées tropicales (vanille, café, cacao, cocos, girofles, etc.); procédés employés dans d'autres colonies; rensei* gnements sur les espèces susceptibles d'être introduites utilement à Madagascar ;
4« Cessions de plants et semences aux colons et aux indigènes ;
5« Amélioration des cultures indigènes et initiation des Malgaches aux méthodes européennes;
6» Exécution à prix réduits d'analyses agricoles (terres, engrais, fourrages, etc.).
y Formation de bons ouvriers agricoles et de surveillants indigènes pour les grandes •xploitationt.
Quatre stations d'essais ont été créées : à Tananarive, Tamatave, Fort-Dauphin et Biarovoay (cette dernière pour la culture cotonnière) ; dans chacune d'elles fonctionne un service de cession de plantes et boutures; une école de sériciculture a été annexée à la station de Tananarive. Le service de météorologie agricole, fonctionnant sur l'ensemble de l'Ile, comptait 33 postes au début de 1905. Je citerai encore les mesures prises pour l'extension de la culture du cocotier, pour empêcher Us abus et les fraudes dans l'exploitation et la vente du caoutchouc, etc., puis la création,
en février 190a, d'une Chambre d*a^cultiire et de comiceê agricoles pour mettre les colons agriculteurs à même de faire connaître leurs vœux et desiderata et de collaborer ainsi à Tœuvre entreprise par le gouvernement local. Ces diverses institutions ont fait, dans une autre partie de l'ouvrage, l'objet de développements qui me permettent de me borner ici à une simple mention.
Enfin, le service de l'agriculture a été réparti en trois drconscriptions : circonsoiption du centre (chef-lieu Tananarive); circonscription de l'est (chef-lieu Tamatave); circonscription de l'ouest (chef-lieu Marovoay).
Service vétérinaire. — Le service vétérinaire a été organisé A Madagascar par un arrêté du 14 février iqoSi transformé en décret le 10 septembre suivant.
Il est chargé :
1^ De la police sanitaire des animaux ;
a^ De l'étude de toutes les questions se rattachant à l'élevage.
Par mesure sanitaire, les importations et exportations de bœufs ont été limitées à certains ports : Fort-Dauphin, Tamatave, Vohémar sur la côte est, Diégo-Suarez au nord, Nossi-Bé, Analalava, Majunga, Tuléar sur la côte ouest.
Un vétérinaire appelé vétérinaire de circonscription est en résidence dans chacun de ces ports et décide les mesures à prendre à l'égard du bétail, tant A l'entrée qu'A la sortie.
Après cet aperçu rapide du fonctionnement des principaux organes créés ou améliorés pour faciliter la colonisation agricole A Madagascar, je rappellerai quelques-uns des autres moyens de développement que celle-ci peut tirer du pays lui-même.
Main-d'ch*vre, — Au début de l'occupation, l'insécurité qui régnait partout, la paresse native de l'indigène et l'absence chez lui de toute notion économique et sociale, plaçaient les colons en quête de main-d'œuvre dans la situation la plus embarrassante et la plus difficile. Le recrutement des travailleurs, agricoles ou autres, était le plus souvent un problème insoluble. Pour remédier A cet état de choses, il a fallu entreprendre l'éducation des masses populaires et les inciter an travail, non seulement en usant de persuasion et en créant des écoles professionnelles, mais en recourant A la sujétion passagère du régime des prestations. On sait déjA quel chemin a pu ainsi être parcouru en peu de temps. Dès la fin de l'année 1900, la transformation de la mentalité des indigènes et principalement de ceux de la région centrale, permit de supprimer la prestation et de rendre le travail libre. L'évolution s'était faite surtout chez les Hovas, peuple au tour d'esprit positif et pratique, qui avait vite compris l'utilité d'adopter et de faire adopter partout des habitudes d'activité et de travail. Les services publics et les entreprises de colonisation ne tardèrent pas A ressentir les heureux effets de ces nouvelles tendances. En réalité, au moment où j'ai quitté l'Ile, les colons connus pour payer régulièrement leurs travailleurs indigènes et pour user A leur égard de bienveillance et d'humanité, trouvaient aisément toute la main-d'œuvre nécessaire A la marche et au développement de leurs exploitations.
Les essais d'introduction de main-d'œuvre étrangère tentés A diverses reprises n'ont pas donné dans l'ensemble des résultats très satisfaisants. Il faut faire exception toutefois pour plusieurs convois d'ouvriers de profession hindous qui, débarqués A Majunga depuis 1903, y ont été avantageusement appréciés, soit dans les services publics, soit chez les colons qui les ont employés.
En résumé, on peut dire que Madagascar fournit un nombre de travailleurs suffisant pour les besoins de son développement actuel ; mais il ne paraît pas douteux qu'une mise en valeur plus intensive du pays, surtout après l'achèvement du chemin de fer, créera des besoins nouveaux et . conduira A recourir A la main-d'œuvre importée.
VaUur agricole des terres. — Les expériences de MM. Mantz et Rousseaux, continuées par des analyses faites A Madagascar même, ont donné A cet égard des renseignements très suffisants pour éclairer les colons agricoles sur les rendements qu'ils peuvent attendre des principales cultures dans les diverses régions de l'île (Voir le Journal Officiel de Madagascar et Dépendances et le Guide-Annuaire de Madagascar. Année 1905).
Cultures à entreprendre. — L'initiative des colons peut s'exercer sur des cultures très variées dont le choix dépendra de l'altitude, de la composition chimique du sol, du régime des pluies et de la température (Voir le chapitre XII de l'ouvrage et consulter également le Onidé-Anmêtùre de Madagascar, Année 1905).