STATISTIQUE MINIÈRE
Vohèmar 37i 819 francs.
Morondava 311864 —
Sainte-Marie ^5 444 —
Ambohibé loi 185 —
Mahanoro 100058 —
Maintirano . . . • ^595 —
Caontchouc de Madagascar. — D'après an renseig'nement que je dois à l*oblif2;eance de la Maison Michelin, les deux principales variétés marchandes de caoutchouc de Madagascar, le Madagascar rosé et le Madagascar noir» dont le prix s'était maintenu pendant de longfues années aux environs de 7 francs le kilo pour le premier et 5 francs le kilo pour le second, se sont vendues récemment 10 francs le kilo (rosé) et 8 £r. 50 le kilo (noir) sur le marché du Havre. Cette hausse importante sur un des principaux produits de la colonie, témoi^e de Tefficacité des mesures que j'avais prises dans ces dernières années^ aussi bien pour en développer la récolte que pour en empêcher la sophistication.
Industrie wUnièrs. ExpMiation de Vor, — Je rappelle la prog^retsion, déjà indiquée au chapitre XI, de la production d'or à Madagfascar, de 1896 à 1905 :
En 1896. . . iiaao7 francs. En 1899. . . 1043253 francs. En 190a. . . 4132622 francs. En 1897. . . 213 612 — En 1900.. . 3009160 — En 1903.. . 5856778 — En 1898. . . 336502 — En 1901. . . 2821200 — En 1904. . . 7692942 —
La production de 1904, représentant au total 2451 kilogrammes, a été extraite dans 29 régions par quantités variant entre 457 et 10 kilogrammes.
Les régions ayant donné, pendant cette période, une production supérieure à 100 kilos, sont énumérées ci-après :
Bassin du Mananjary (rive gauche) 457 kllog.
Mahanoro-Sahantsio 246 ^-
Betsiriry , 220 —
Fanantara 182 —
Compagnie occidentale (ancienne concession Suberbie) 168 —
Rianila-Vohitra-Haut-Ivondro 134 —
Faraony-Namorona 128 —
Tsinjoarivo-Andranofito 115 —
Le nombre de titres d'exploitation de gisements aurifères en 1904, était de 261 pour une surface de 164864 hectares exploités. Le nombre de permis de recherche de gisements délivrés pendant cette même année, s'est élevé à x 0Q3. En 1896, l'exploitation aurifère ne portait que sur 25 hectares.
Comme je l'ai indiqué précédemment, la presque totalité de la production aurifère provenait encore, lorsque j'ai quitté la colonie, du traitement des alluvions par le procédé primitif de la bâtée. La teneur de ces alluvions peut être estimée à une moyenne de o gr. 60 à un gramme au mètre cube, mais des teneurs beaucoup plus élevées, atteignant 10 à 12 grammes et plus, ont été rencontrées sur certains points.
Des découvertes très intéressantes d'or en roche ont eu lieu aussi dans diverses régions, à la fin de 1904 et au commencement de 1905. Les constatations faites, si pleines de promesses qu'elles fussent, ne permettaient pas, cependant, des afiirmations absolument nettes quant à l'existence à Madagascar de filons très riches, susceptibles de produire de ces coups de fortune tels que ceux dont les gisements d'autres parties du monde nous ont donné des exemples. Mais, cette réserve faite, il parait impossible que, dans un pays où les alluvions sont si étendues, et parfois si riches, on ne découvre pas un jour ou l'autre des filons véritables, dont l'exploitation pourra, avec une bonne législation minière, rémunérer très largement les capitaux engagés.
J'ajoute à ce propos que le nouveau décret minier dont il a été question plus haut (Chapitre XI), a été publié au Journal Qjfficisl de la République française du 24 mai 1907; il reflète en grande partie, les principes du décret de 1902 qui avait été, à mon avis, prématurément abrogé.
§ XI Conclusions.
Le programme que je m'étais proposé de réaliser à Madagascar, peut se résumer ainsi :
I» Au point de vue poUtique et administratif, pénétrer dans toutes les parties de Tîle, y rétablir Tordre et la sécurité et assurer partout l'autorité incontestée de la France;
3» Faire à notre commerce national une situation privilégiée ;
3<» Réduire les charges qui résultaient pour la France de sa nouvelle acquisition; à cet effet, créer le plus tôt possible à la Colonie des ressources lu^ permettant de se suffire, tout en n'imposant les populations que dans la limite de leurs moyens;
4® Permettre aux colons de faire œuvre d'initiative en supprimant les entraves que l'ancien Gouvernement malgache avait apportées à leur activité, en donnant toutes les garanties voulues à l'exercice de leurs droits et en mettant à leur disposition un outillage pubUc et des moyens de transport suffisamment perfectionnés ;
5* Améliorer les conditions d'existence des indigènes, préserver la race de la déchéance dont elle était menacée, élever le niveau intellectuel et social des populations, en respectant le plus possible leurs coutumes et leurs institutions traditionnelles.
Ce programme a été entièrement rempli.
Situation politique, — L'occupation de l'Ile est complète. L'action de la France s'étend partout, non seulement à l'état d'influence politique prépondérante, mais sous la forme d'une autorité effective, affranchie de toute concurrence et de toute compétition. La question des rivaUtés étrangères n'existe plus : toutes les difficultés qu'elle avait soulevées au début ont éte résolues.
L'état d'esprit général des indigènes est excellent, surtout dans les régions peuplées de l'Emyrue et du Betsiléo; toutefois, il faut compter encore avec la crèdulite et l'impressionnabilité des populations malgaches et envisager la possibilite que cerUins anciens chefs politiques ou religieux, qui vivaient autrefois de pillage et d'exactions, cherchent à exploiter, au détriment de la France, les incidents de la politique extérieure.
Situation administrative. — Les populations malgaches ont étt très sensibles aux mesures libérales qui ont progressivement modifié leur condition et substitué à leur profit le régime de large association aux affaires publiques à celui d'administration européenne généraUsée que U gravite des circonstances avait obUgé d'adopter au début.
Situation Jinancière. Régime fiscal, — Au point de vue financier, Madagascar a donné, de 1896 à 1905, la plus large satisfaction aux désirs du Gouvernement de la Métropole et du Parlement La subvention de a millions attribuée au début à la Colonie, a été réduite chaque année à partir de 1897 et supprimée en 1903, sur la proposition que j'ai moi-même formulée.
Depuis lors, Madagascar a pourvu à toutes ses dépenses au moyen de ses seules ressources. En outre, dès longtemps avant, le budget local avait pris à sa charge des dépenses auxquelles le budget de l'État pourvoit encore pour des colonies beaucoup plus anciennes, dépenses dont cer- Uines constituent réellement des charges de la souveraineté. Cependant, les recettes budgétaires sont allées en s'accroissant jusqu'en 1905, autant par suite du rendement plus réguUer des impôts, qu'en raison du développement économique du pays, des perfectionnements de l'organisation politique et administrative et du fonctionnement meilleur des services financiers et comptables.
En même temps, on s'est efforcé d'enlever aux obUgations fiscales des Malgaches, tout ce qu'elles avaient d'arbitraire et d'abusif au temps de l'ancien Gouvernement Les privilèges ont disparu et le systeme mis en vigueur offre toutes garanties contre les exactions.
État social, — En retour de la charge de l'impôt, les lîalgaches ont été dotés d'institutions qui, adaptant les principes démocratiques à leurs traditions et à leurs coutumes, leur assurent, pour leurs personnes, leurs familles et leurs biens, des garanties entièrement comparables à celles que nous possédons en France.
A toutes ces mesures bienveillantes sont venues s'ajouter les œuvres d'assistance médicale et d'enseignement.
Les résultato démographiques étant à assez longue échéance, TacUon salutaire de l'assistance