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CHAPITRE IV

HORS DE L'EMYRNE

Après la pacification de l'Emyrne. || Nécessité d'étendre l'occupation a TOUTE l'île* il Un voyage sur les côtes, a bord du « La Pérouse ». || Tamatave. 1 Diéoo-SuAREz; LE tour de la rade. Il La côte ouest; les grandes baies; Majunga; LE PAYS SAKALAVE ; Maintirano ; Morondava; Tuléar. Il La côte est; Fort-Dauphin; Farafangana et Mananjary; retour a Tananarive. H La fête du 14 JUILLET. Il La colonne de pénétration dans l'ouest; ENLÈVEiCENT d'Anosimenà ; le kabary raconté par m. Gautier. || La prise d'Ambiky. jj Le convoi du

SERGENT BrUNEAU. || INSURRECTION DES SaKALAVES A LA FIN DE 1897. || LeS OPÉRA- TIONS DANS LE NORD-OUEST. || La SITUATION DANS LE SUD.

APRÈS huit mois d'eflForts qui avaient conduit nos troupes à occuper solidement les frontières de l'Emyme, le moment était venu de commencer la pénétration méthodique des vastes territoires, pleins de promesses mais encore insoumis, situés entre le plateau central et les côtes.

Les contrées dans lesquelles cette action devait se poursuivre formaient géographiquement trois théâtres distincts : celui du nord, limité à l'ouest par la Betsiboka et comprenant toute la région qui s'étend entre le parallèle d'Andriba et la limite sud du territoire de Diego — celui de l'ouest, dénommé pays sakalave, limité à l'est par la province de Majunga, les frontières de l'Emyme et du Betsiléo — enfin, celui du sud, situé au sud d'ime ligne tirée des bouches du Mangoky à Farafangana.

Dans toutes ces régions, les Hovas n'avaient jamais réussi à s'établir à demeure, et, au mois de mai 1897, la France n'avait pu encore y faire prévaloir ses droits et son autorité; d'aîlleurs, les avis étaient partagés sur la question de savoir si on imposerait à toute l'île la reconnaissance de notre souveraineté. Je fus vite convaincu que des raisons capitales rendaient indispensable xme pénétration complète.

A la suite de la pacification de l'Emyme, nous avions le devoir strict de mettre à la raison les tribus pillardes qui, incxu-sionnant sans cesse chez les populations soumises, brûlaient leurs villages, razziaient lemrs troupeaux et leurs récoltes, enlevaient pour les emmener en captivité leurs femmes et leurs enfants.

L'ancien gouvernement malgache avait essayé en vain de faire cesser cet état de choses et les postes fortifiés qu'A avait créés à cet efiet sur les limites du plateau central n'avaient en rien amélioré la situation.

On trouve la trace de ces difficultés dans de nombreux documents des vieilles archives malgaches et aussi dans une série d'articles très significatifs parus de 1888 à 1894 dans VAntananarivo Annualy publication périodique de la « London Missionary Society > de Tananarive'.

Pour mettre un terme à ces incursions, deux solutions se présentaient : ou bien limiter notre occupation au Plateau Central en reprenant le système du cordon de protection à l'aide de postes frontières, ou bien pénétrer le pays sakalave, nous y .installer et faire cesser les pratiques de vol et de pillage de ses habitants.

I. Le dernier numéro de VAnmêol a mentionné que le pays était profondément troublé par les fréqneatat attaques que dirigent sur les villages de la sone firontlère de nomliieusea bandes de voleurs. Pendant Tannée qui vient de s*écouler, ces incursions, au lieu de diminuer, se sont multipliées au point d'inspirer les craintes les plus sérieuses. De nombreuses régions de l'île sont dans un état voisin de Panaiclkie et du chaos, et livrées à merci auK pHUards et aux meurtriers» Pendant ces douze derniers mois, des centaines de villages ont été ravagés et des milUers d'indigènes barbarement aseasainés ou emmenés en esclavage. Tous ces actes n*ont pour objet que le vol et le pillage. Enfin, cet état de choses n*est pas seulement dû aux vices des populations, mais au désordre et à la tyrannie qui régnent dans le Gouvernement. {Amnual de 1890.)

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