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UNE PÊCHERIE DANS LES LAGUNES ENTRE TAMATAVE ET ANDEVORANTE

AU MILIEU DE SES SUIVANTES, LA REINE BINAO, UN DES CHEFS DE LA CONTRÉE yUI FAIT FACE A NOSSI-BÉ.

Madagnacar.

f 1. 21. Pa^e se

ROIS DU MÉNABÉ

gnements sur Tethiiographie des diverses peuplades réparties sur la longue bande littorale, de près de 800 kilomètres, qui s'étend entre le cours du Manambolo au nord, et la rivière de Saint- Augustin, au sud.

Au centre, se trouve le Ménabé qui comprend lui-même deux contrées distinctes : le Ménabé du sud, dont les peuplades avaient accepté en principe la suzeraineté hova, et le Ménabé du nord, où vivent les tribus sakalaves les plus guerrières. Celles-ci ont conservé jusqu^à ce jour une entière indépendance; elles obéissent à deux frères : Toéra et Inguereza, qui ont pris le titre de roi, et se font ime guerre continuelle; le premier règne sur la rive droite de la Tsiribihina, le second sur la rive gauche.

Au sud du Ménabé se trouve le Fiherenana, sur lequel les renseignements faisaient à cette époque à peu près complètement défaut. On savait seulement que les Sakalaves de cette région obéissaient à un vieux roi, Andrianamanga, qui, jusqu'à ce jour, avait fait bon accueil aux Européens et était, disait-on, disposé à accepter l'installation des autorités françaises dans son pays.

Ayant quitté Morondava le 18, le La Pérouse arrive le 19, im peu avant la nuit, en vue de Tuléar; il pénètre par le nord dans rimmense rade, fermée en demi-ellipse par une ligne de coraux qui découvre à basse mer. Après Diego, c'est le port naturel le plus vaste et le mieux abrité de Madagascar.

Le lendemain, nous débarquons dès sept heures du matin. Aucune installation sérieuse n'existe encore à Tuléar, et je n'ai à y visiter que les emplacements judicieusement choisis par le Résident, M. Estèbe, pour l'édification de la future ville. Faute de moyens d'action, la situation de la contrée laisse à désirer. Le roi Tompomanana, prévenu de mon arrivée, a déclaré qu'il ne ferait pas acte de vassal, en venant me rendre visite. C'est l'indice qu'il faut, là aussi, s'attendre à une résistance; je décide donc d'envoyer de Diégo-Suarez à Tuléar une compagnie, qui aura pour tâche d'exiger la soumission de ce chef, d'accentuer le caractère de notre occupation dans le Fiherenana, de créer des

postes dans rintérieur, et d'établir des communications régulières entre la côte et le pays betsiléo.

Je me rends ensuite à Nossi-Vé, minuscule îlot de sable, sans eau et sans végétation, où, faute de sécurité sur la Grande- Terre, les misons européennes ont été réduites à émigrer, La Chambre consultative me soumet ses desiderata; de mon côté, j'engage vivement les commerçants qui la composent, à transférer leurs installations à Tuléar, où ils seront désormais protégés par la garnison, et beaucoup mieux placés pour développer leurs transactions et entrer en relations avec les indigènes de l'intérieur.

De Nossi-Vé, le La Pérouse fait route le 21, sur Fort-Dauphin; le 22, il double le cap Sainte-Marie à l'extrémité sud de l'île, et le lendemain, vers dix heures du matin, mouille dans la petite anse de Fort-Dauphin, fort mal abritée du large, où le bâtiment roule bord sur bord. Par contre, le pays est pittoresque, fertile, et le climat d'ime douceur et d'une salubrité remarquables. Quoi d'étonnant à ce que nos pères, qui s'y connaissaient en matière de colonisation, soient venus, dès le milieu du xvn* siècle, fonder des établissements sur ces rivages éloignés?

Fort-Dauphin et son hinterland offrent de précieuses ressources pour l'agriculture et l'élevage. Malheureusement, en 1897, le pays n'a pas encore été occupé assez solidement pour qu'on ait pu tirer parti de ces avantages. Des groupes rebelles, guerriers antanosy et autres, circulent partout et menacent la sécurité immédiate du chef-lieu. Les affaires sont arrêtées; les colons, mécontents et inquiets, ont dû abandonner les affaires de caoutchouc, autrefois prospères, et renoncer à l'exploitation des concessions qu'ils possèdent dans l'intérieur.

Cet état de choses m'amène à décider la transformation de la province en cercle militaire, et l'envoi à Fort-Dauphin d'ime compagnie qui sera demandée d'urgence à Fianarantsoa.

Le La Pérouse quitte Fort-Dauphin le 24 juin, pour faire route sur Farafangana, où il arrive le lendemain. M. Cardeneau,

MAROANTSF.TRA ET VOHEMAR.

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