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LE POSTE DE VOHILENA

ments de fidélité qui ne se sont pas d^entis, même pendant la période la plus active de l'insurrection. Malgré les attaques répétées des Fahavalos, Ambatomainty, plusieurs fois incendié, n'a jamais été abandonné par ses habitants et a servi de point d'appui pour nos troupes dès le début des opérations militaires.

Le soir, nous faisons étape au petit poste d' Analabé, établi en face de l'ancien camp fortifié de Mampidongy, dont une partie déboisée de la forêt indique l'emplacement; c'est de là que Rabozaka, le principal et le plus opiniâtre des chefs rebelles, aVait été délogé par le colonel Combes, le 9 mars 1897.

Le lendemain, nous arrivons vers dix heures à Anjozorobé, chef-lieu du cercle que dirige le commandant Pourrai. Je passe là ime journée bien remplie : revue des troupes, visite aux écoles, kabary et divertissements indigènes. D'ailleurs, im certain appareil était dé mise pour ma première tournée dans cette région, ancien fief de Rabozaka; il importait de dissiper dans l'esprit de la population toute idée de retour au passé et de déployer quelque cérémonial pour la convaincre de la stabilité de notre installation.

D' Anjozorobé, notre itinéraire nous conduit le lendemain à Vohilena, poste très important, construit au sommet d'un mamelon dont l'ascension dure plus d'une heure, et ancienne citadelle des rebelles, enlevée à Gabezavanaaii mois d'avril 1897 par les troupes du colonel Combes.

Du poste optique établi au point culminant, tin panorama grandiose s'ofl&re aux regards : âù nord, les montagnes de l'Ambohitsitakatra et de l'Analamantsira, dressant au loin leurs masses imposantes, pareilles à de gigantesques châteaux forts; à Test et au nord-est, les vallées de la Mananara et de la Mahajamba, parsemées de belles plaines où d'innombrables cours d'eau déroulent leurs méandres; vers l'ouest enfin, la vaUée de la Betsiboka, et, à l'extrême horizon, la forêt d'Ambohitantely et lé plateau d'Andriba.

De Vohilena, que nous quittons le 6 avril, nous nous dirigeons vers Tananarive, en regagnant la vallée de la Mananara, malheu-

reusement peu peuplée, maïs à coup sûr Tune des plus fertiles de la région œntrale.

Le 7, nous faisons étape à Ambatofisoarana, gros village bien tenu, entouré de belles cultures, et agréablement situé sur le versant d'une colline.

Ambohimanga, où nous arrivons le lendemain, est une ancienne résidence royale, nécropole des souverains, construite sur un mamelon boisé, au centre d'une immense plaine de rizières. Une végétation abondante, cachant de coquettes habitations, lui donne im aspect riant qui justifie ce dicton du pays : « Voici Ambohimanga, semblable à ime jeime fille couchée dans un lit de verdure. »

Les habitants me font ime belle réception, d'autant plus significative que j'avais eu davantage à me plaindre de leur hostilité. Pendant longtemps, en effet, Ambohimanga était resté un foyer d'intrigues et de complots. J'avais dû prendre des mesures énergiques contre les fauteurs de désordre, qui s'y donnaient rendez- vous; enfin, pour couper court à la légende répandue dans le pays, que la terre provenant des sépultures royales procurait l'invulnérabilité, j'avais, peu auparavant, fait transférer au grand palais de Tananarive, avec \m cérémonial propre à impressionner favorablement la population indigène, les restes des souverains ensevelis à Ambohimanga.

Vu les circonstances, im kabary était de mise mieux que partout ailleurs dans ce milieu dont la fidélité pouvait encore inspirer quelques doutes. Il a lieu l'après-midi sur la principale place du village. Dans un langage sévère, qui est écouté avec la plus grande attention, je rappelle aux habitants la part active qu'ils ont prise à l'insurrection, leur attitude longtemps suspecte, la générosité dont le Gouvernement a fait preuve en consentant à oublier les fautes passées et le devoir de la population de se montrer digne de cette clémence. Ces paroles produisent l'effet attendu et je garde l'impression que les intrigues dont j'avais eu à me plaindre ne se reproduiront plus désormais.

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