‹ Neuf ans a MadagascarChapitre 6 sur 170 · DE FRANCE A TANANARIVE · texte numérisé non relu

DE FRANCE A TANANARIVE

Ma désignation pour Madagascar. || La traversée a bord du a Yang-Tsé ». || Le bombardement de Zanzibar. || Mayotte. |t Majunga; les souvenirs de la

CAMPAGNE. Il NoSSI-Bé; LA CRISE SUCRIÈRE. || DiÉGO-SuAREZ ; NÉCESSITÉ d'UNE organisation DÉFENSIVE SÉRIEUSE. || SaINTE-MaRIE. || ArRIVÉE A TaMATAVE*, LA CRISE commerciale; état de LA VILLE. || De TaMATAVE A ÂNDÉVORANTE ; LES

lagunes; les pangalanes. || ândévorante; les betsimisarakas. H Mahatsara. ||

Beforona. Il La grande forêt. || Une attaque de fahavalos. || Moramanga. j|

La plaine DU Mangoro. || La montée de l'Angave. || Tananarive.

LE i8 février 1896, je débarquais à Marseille, venant d'accomplir une longue et pénible campagne au Tonkin. Pendant quatre années consécutives, MM. de Lanessan et Rousseau, gouverneurs généraux de notre grande colonie d'Extrême- Orient, m'avaient confié la mission d'assurer la garde des frontières de Chine et l'organisation de nos territoires militaires de Monkay à la Rivière Claire. L'accomplissement de cette tâche rude, mais intéressante, avait abouti à la disparition totale des bandes de pirates qui, depuis plus de deux siècles, désolaient cette partie du Haut Tonkin. J'avais pu réussir aussi à établir les relations les plus amicales avec les autorités chinoises du Kouang-Si et du Kouang-Toung, notamment avec le maréchal

Sou, et à faciliter rachèvement du chemin de fer de Phu-Lang- Thuong à Lang- Son. Enfin, cette période de commandement actif et d'organisation m'avait mis à même d'appliquer un ensemble de mesures politiques et militaires dont j'avais commencé à faire l'essai pratique au Soudan français, et qui, me semblait-il, devaient toujours donner les meilleurs résultats dans des circonstances analogues. Après quatre années passées ainsi en expédition dans des régions difficiles et de peu de ressources, j'envisageais avec une vive satisfaction la perspective d'un congé parmi les miens à Saint-Raphaël.

Mais, dans nos troupes coloniales, on n'est jamais sûr du lendemain; c'est ainsi que, deux mois à peine après mon retour, mes loisirs furent interrompus par un télégramme me convoquant d'urgence au Pavillon de Flore. M. André Lebon, alors ministre des Colonies, m'accueillit de la manière la plus flatteuse et avenante. Il m'entretînt d'abord du Tonkin, des résultats qui avaient été obtenus sur les frontières de Chine, des méthodes suivies pour la pacification, et cela en homme très au courant de toutes les questions intéressant notre colonie d'Extrême-Orient. Puis il me parla de Madagascar, des difficultés qu'offi^t l'afiermissement de notre autorité dans notre nouvelle possession, et des inquiétudes qu'inspirait au Gouvernement l'insurrection qui venait d'y éclater. Ne connaissant pas la grande île malgache et sachant seulement que la situation y était passablement embrouillée, je ne pus que répondre en termes vagues ; le soir même, je regagnais ma villégiature de la Côte d'Azur. Peu de jours après, cependant, nouveau télégramme.

J'arrive à Paris, et M. Lebon me demande, explicitement cette fois, s'il peut compter sur moi pour aller prendre le commandement du corps d'occupation de Madagascar, avec des pouvoirs me donnant toute autorité sur le personnel militaire et civil, alors en service dans la grande île.

Il est de ces missions qui ne peuvent se refuser, en raison même des circonstances où elles sont offertes. Mais, je dois

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