AUTOUR DE L'ILE
L'expansion FRANÇAISE EN 1901. || L'administration civile se substitue progressivement A l'administration militaire. Il L'enseignement et l'assistance médicale. Il Progrès de l'agriculture ; analyses de MM. Môntz et Rousseaux. || Les exploitations forestières. || La sériciculture, jj L'élevage du cheval. || L'industrie minière, jj Concours agricole a Tananarive. || Troisième voyage AUTOUR de l'île. || Visite aux chantiers du chemin de fer. Il Les travaux de défense a Diégo-Suarez. Il Analalava ; Séjour a Majunga. | Les escales en territoire sakalave : Soalala, Maintirano, Morondava; séjour a Tuléar, Fort- Dauphin ET Farafangana. || Les opérations militaires du commandement supérieur DU Sud; résultats obtenus a la fin de 1901. H Retour a Tananarive. || Inauguration du monument élevé a la mémoire des soldats et marins français
MORTS A Madagascar.
LES progrès de Texpansion française à Madagascar en 1901 peuvent se rattacher à trois grands faits principaux : le développement de la vie économique et sociale dans les régions déjà pacifiées; la consolidation de notre autorité et les débuts de Torganisation dans le pays sakalave dont Poccupation venait d'être achevée; enfin, les opérations militaires — marchant de pair avec Taction politique — dirigées par le colonel Lyautey pour la pénétration des vastes contrées du sud.
Dans les régions pacifiées et principalement en Emyme, la substitution des provinces civiles aux cercles militaires peut, sans inconvénient, être généralisée. En même temps, les connaissances plus complètes qu'on possède sur les ressources natu-
relies du pays, permettent de préciser les conditions de sa mise en valeur et de l'extension de son mouvement commercial. De son côté, la population malgache, celle de race hova principalement, formée au travail, et récemment mise en confiance par la suppression du régime des prestations, participe de plus en plus utilement au développement économique de la colonie.
Le perfectionnement des institutions d'enseignement et d'assistance médicale contribua de même au progrès. Un arrêté pris au mois d'avril 1899, avant mon départ pour la France, avait créé pour les provinces du plateau central, une première organisation de l'enseignement, basée sur ce principe qu'il fallait diriger l'éducation des indigènes dans un sens pratique, professionnel, et faire de l'école beaucoup moins le vestibule des carrières libérales qu'im établissement d'apprentissage pour les diverses professions manuelles, agricoles et industrielles très peu répandues alors dans la colonie.
Au mois de mars 1901, il fut possible d'étendre l'application de cet arrêté en dehors derEm3mie et du Betsiléo. En outre, les Écoles normales furent complétées par la création de cours pratiques destinés à former des employés pour le commerce et les différentes administrations.
Le service de l'assistance médicale reçut aussi une vive impulsion dans le courant de l'année 1901. En avril 1899, je lui avais donné une première organisation en Emyme, et plus récemment, depuis mon retour, la création d'im corps de médecins indigènes recrutés au concours parmi les élèves diplômés de l'École de médecine de Tananarive, avait fourni des cadres à cette institution. D'autre part, un Institut Pasteur fondé en 1898, assiu-aît le traitement de la rage, et distribuait régulièrement du vaccin aux différentes formations sanitaires; plusieurs léproseries avaient été installées dans les provinces; enfin im service gratuit de consultations et de distribution de médicaments fonctionnait un peu partout.
En mars 1 901, j'organisai ces services d'une façon plus com-