GISEMENTS AURIFÈRES
continuait à suivre de près la question de la création d'une race appropriée au pays.
Pendant mon premier séjour, une jumenterie avait été créée à Ampasika, dans la banlieue de Tananarive. En 190 1, les essais conmiencèrent à donner de bons résultats, principalement par le croisement d'étalons arabes avec les juments du pays. Néanmoins, afin d'obtenir des données comparatives et des conclusions phis certaines, je créai au début de 1901, à 25 kilomètres de Fianarantsoa, la ferme hippique d'Iboaka, au centre d'une région d'excellents pâturages. A cet établissement, dont la direction fut confiée au lieutenant de cavalerie Charles Roux, fiit annexé un jardin d'essais, qui permit de procéder à d'intéressantes expériences agricoles, et de faumir des semences et des plants aux colons et aux indigènes. La ferme reçut dès son ouverture, 8 étalons et 17 juments pour la reproduction.
En 1900 et 1901 des découvertes très intéressantes, aussitôt suivies de la création de nombreuses exploitations aurifères, avaient été fatites dans la région dite l'Ampasary, située entre Ambosîtra et la mer, et s'étendant sur une partie des vallées du Fanantara et du Sakaleona. Des gisements à teneurs ^vées, successivement mis à jour, semblaient devoir assurer la prospérité de cette partie de l'île, et celle des provinces attenantes. La région prospectée couvrait une grande partie de l'ancien royaume tanala, et se prolongeait au nord chez les Betsimisarakas. Malheureusement, comme il advient souvent d^is les pays d'or, l'exploitation rencontra de nombreux écueils. Un chaos de montagnes couvertes de forêts et coupées de profonds ravins rendait la circulation très difficile; en outre, le climat humide et malsain éprouva durement le personnel des travailleurs. Ceux-ci, étendant, affluaient; au milieu de 1901, on comptait sur les placars une dizaine d'Eiu-opéens employant plus de 3000 ouvriers indig^ies, auxquels l'or était payé de i fr. 90 à 2 fr. 50 le gramme>
Au mois de mai 1901, les progrès de la pacification en pays
sakalave permirent de même à la Compagnie lyonnaise d*ouvrir dans la vallée du Dabolava, affluent du Mahajilo, une exploita-» tion minière occupant plus de 600 ouvriers indigènes.
Le traitement des minerais de fer fournit aussi une production notablement supérieure à celle des années précédentes. Mais la métallurgie du fer ne pourra prendre un développement sérieux à Madagascar que lorsque des routes permettront d*accéder facilement aux gisements; en cela, comme pour T exploitation des bois, la question de transport joue un rôle capital.
Poinr les voyageurs, les moyens de locomotion ont déjà beaucoup progressé. Les filanzanes et les porteurs à bambous deviennent rares sur la route de Test et une entreprise par charrettes et pousse-pousses s*est créée pour les transports entre Mahatsara et Tananarive. Les courriers postaux utilisant des voitures à mulets avec relais font, en 60 heures, la totalité du parcours, y compris le canal des pangalanes, entre Tamatave et la capitale. Des expériences se poursuivent en vue d'im progrès plus décisif encore, par l'organisation d'im service d'automobiles siu- la route de TEst.
Je me préoccupai aussi d'un réseau de routes à établir dans 111e et traçai à ce sujet im programme général des études à entreprendre. Il fut spécifié que Tère était close des travaux provisoires dont il avait fallu se contenter dans les débuts de l'occupation; désorm^ds, les projets de travaux publics seront établis et exécutés en se conformant aux règles techniques, sur plans et devis mûrement étudiés. Il en fut ainsi en particulier de la route de Fianarantsoa à Mananjary et de la route de la vallée de rivoloina, commencée à partir de Tamatave dans la direction d'Ambatondrazaka.
Aux mesures prises pour améliorer les communications, il faut rattacher un traité passé avec la Compagnie des Chargeurs Réunis pour l'établissement, sur la côte est, d'iin service postal qui comprit chaque mois un voyage aller et retour de Diégo- Suarez à Fort-Dauphin.