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UN CONCOURS AGRICOLE

Les résultats d^ensemble du développement économique des régions centrales furent mis en lumière par le concours agricole qui se tînt à Tananarive du 3 au 6 mai 1901. Chacim put y fisiire des constatations fort intéressantes, notanunent en matière d'élevage du cheval. Le nombre et les qualités des poulains exposés éclairèrent la question d'un jour presque définitif.

Le jury fut unanime à reconnaître que les plus beaux produits résultaient du croisement des étalons arabes importés avec les juments indigènes et que c'était là la solution la meilleure pour la création d'ime race néo-malgache convenant au pays et au climat. Le concours fit ressortir aussi la nécessité d'accentuer les mesures déjà prises pour améliorer la race bovine indigène et, surtout, augmenter sa production laitière. Il en fiit de même pour l'espèce ovine, qu'il s'agissait de rendre productrice de laine par des croisements successifs avec les espèces européennes.

Dès que me furent parvenues les statistiques de la situation économique pour l'année 1900, je fis connaître mes vues aux chefs des différentes régions, ofiîciers ou administrateurs, sur les moyens à employer pour stimuler l'activité commerciale et accroître les éléments de transaction. Les ressources naturelles de la colonie étant mieux connues et leur exploitation étant devenue plus facile, j'insistai sur la nécessité de développer les exportations et, pour cela, de pousser les Malgaches à augmenter leurs cultures et leurs cueillettes de produits naturels tels que : caoutchouc, cire, raphia, gomme, etc. Enfin, dans mes entretiens avec les colons, comme dans les réponses aux nombreuses demandes de renseignements qui m 'arrivaient de l'extérieur, je signalais qu'il y avait danger à accroître indéfiniment les importations, sans souci de l'équilibre nécessaire entre l'oflFre et les besoins réels du pays.

Le 15 mai, je quitte Tananarive en automobile pour accomplir autour de l'île im. troisième voyage. Mes objectifs principaux sont : d'xme part, l'inspection des chantiers du chemin de fer et

des travaux de défense de Diégo-Suarez ; d'autre part, la constatation sur place des résultats obtenus par le colonel Audéoud pour rachèvement de la pacification du pays sakalave, et par le colonel Lyautey dans les opérations commencées au début de l'année pour la pénétration et l'occupation du sud.

Au chemin de fer, la région des travaux commence à s'étendre le long du cours inférieur de la Vohitra* La vallée qui sert de guide au tracé est fertile et pittoresque. La rivière, d'ime largeur moyenne de loo mètres, est tantôt tranquille dans son cours, tantôt coupée de rapides et de cascades; elle coule entre des berges élevées, le long desquelles s'espacent de nombreux villages. Les crues sont fréquentes pendant la saison des pluies, mais les anciens du pays n'ont jamais vu leurs demeures envahies par les eaux. C'est une garantie, semble<-t*il, que le tracé de la ligne, maintenu à un niveau un peu plus élevé que les villages riverains, sera suffisamment garanti contre les inondations.

La chefierie du chemin de fer, dirigée par le commandant Goudard, est organisée et le service médical constitue, en raison du climat, l'im de ses rouages les plus importants; elle a dans ses attributions les études d'ensemble et le contrôle de tous les travaux. Un sérieux effort a déjà été fourni; toutefois, j'ai l'impression que de grosses difficultés devront encore être surmontées pour donner aux travaux l'impulsion large et régulière qui assurera le succès de l'entreprise.

Après im court arrêt à Andévorante, j'accomplis sur le canal des pangalanes, récemment terminé par le percement du dernier seuil, ime navigation fluviale de 12 heures, qui me conduit à Ivondro, d'où je gagne Tamatave,^ par le petit chemin de fer de la côte. Quinze jours plus tard, je m'embarque à bord du CaUnat^ où le capitaine de vaisseau Kiesel, commandait de la division navale, me fait l'accueil le plus cordial, et m'offre la plus aimable hospitalité.

Après avoir visité successivement Pénérive, Sainte-Marie, Maroantsetra et Vohémar, le Catinat quitte ce dernier port le

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