PROVINCE I
DE FARAFANGANA).
PAROLES ET ACCOMPAGNEMENT... FE.MMES TANALAS RYTHMANT LEUR CHANT EN FRAPPANT EN CADENCE SUR UN BAMBOU.
liAdar»acar.
PI. 40, Pȍo JUO.
MANANJARY, MAHANORO, VATOMANDRY
planteurs commenœnt-ils à porter leurs efforts sur les recherches aurifères, surtout depuis les heureuses découvertes £aîtes récemment dans Phînterland de la province. J'avais convoqué à Mananjary le capitaine du génie Almand, chargé de la construction de la route qui doit relier Fianarantsoa à la côte et devenir pour le pajTS betsîléo, le pendant de la route de Tananarive à Mahatsara. Les travaux sont à cette époque très avancés et les voitures circulent déjà sur une grande partie du tracé,
A 200 kilomètres au nord de Mananjary, nous atteignons MahanorOy où des colons européens et créoles sont établis en assez grand nombre. Le pays est fertile, et plusieurs concessions y sont en plein rapport. L'une des plus intéressantes, plantée en caféiers, appartient à M. de Sardelys, qui trouve déjà, dans la colonie même, l'écoulement d'une partie de ses produits.
Vatomandry, à une soixantaine de kilomètres au nord de Mahanoro, oflfre des ressources analogues. Cette petite ville, — qui est à vol d'oiseau le point de la côte est le plus rapproché de Tananarive — avait eu, pendant de longues années, à peu près la même importance que Tamâtàve, comme point de débarquement et d'expédition des marchandises à destination de l'Emyme. La construction du chemin de fer et du canal des pangalanes a modifié cette situation et c'est surtout dans l'exploitation des ressources locales que Vatomandry devra désormais chercher ses éléments de trafic et de prospérité.
A la fin d'octobre, après un court séjour à Tamatave, j'arrive de nouveau sur les chantiers du chemin de fer, où le capitaine du génie Junck a remplacé le commandant Goudard. Sous l'impulsion de cet ofiîcier d'élite, qui, malheureusement, a succombé depuis en Afirique occidentale, les travaux ont été très activement poussés. Une voie Decauville est posée à partir d'Aniverano et fonctionne déjà sur une trentaine de kilomètres, amenant aux chantiers l'outillage et le matériel qui leur sont nécessaires.
Le 29 octobre, j'étais de retour à Tananarive.
La fin de l'année fut marquée par diverses mesures, admi-
nîdtrattves ou autres, qui sauctionnèrent les observations recueillies au cours de mon voyage d'inspection côttère.
Le 23 novembre, eut Keu l'inauguration du « MbnUmeût commémoratif de la réunion de Madagascar à la France > qui avait figuré à l'Exposition universelle de 1900, M. JUlly, au nom du comité de' Madagascar, eii fit la remise à la colonie. En face du superbe groupe de Barrias, dressé sur la place Colbert, sont réunis dans une vaste tribune, le conseil d'administration de la colonie, les chefs des services dvils et militaires, les représentants des puissances étrangères et les notabilités de la ville. Au fond, fuyant à l'horizon, on aperçoit la vallée de l'Ikopa et la route que suivit la colonne volante en 1895 pour parvenir au coeur de l'Emjrme. C'est dans ce cadre, évocateur du passé, que se déroule cette patriotique solennité, la plus impressionnante de celles auxquelles j'ai assisté à Madagascar.
Après les discoiu's, les troupes de la garnison, puis les enfants de toutes les écoles de Tananarîve défilèrent au son dçs fanfares devant le monument, au pied duquel s'amoncelaient les couronnes et les gerbes de fleurs. Ainsi fut glorifiée une fois de plus dans cette belle journée^ la mémoire des soldats et marins français morts pour conquérir Madagascar à la France.
La population indigène, profondément impressionnée par cette cérémonie, en emporta un sentiment plus vif de ses devoirs et la conscience des liens désormais indissolubles qui l'unissent à sa nouvelle patrie.