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LA FÊTE DES ENFANTS

pose et le rire aux lèvres partout ailleurs, pénétra peu à peu dans les écoles indigènes de la colonie.

n faut rattacher aussi à l'assistance médicale indigène la célébration annuelle de la fête des enfants, que j'avais instituée en 1898, en vue d'associer dans l'esprit des Malgaches le goût naturel pour les réjouissances populaires à l'idée qu'on doit honorer les familles nombreuses. Dans toutes les provinces, des prix étaient distribués aux mères possédant le plus grand nombre d'enfants vivants; la dépense, minime sur l'ensemble du budget, était largement compensée par l'efficacité de la propagande ainsi faite pour la cause du repeuplement du pays. Enfin, pendant la semaine qui précédait cette fête, c'était plaisir de voir les familles indigènes redoubler de soins pour leurs enfants, les choyer, les vêtir à neuf et rivaliser d'amour-propre pour leur faire faire bonne figure au défilé solennel. Les enfants européens avaient aussi leur part de divertissements et chaque année — à Tananarive, puis à Tamatave pendant mon séjour sur la côte — je les conviais avec leurs familles à un bal travesti organisé pour eux.

La sécurité qui régnait partout et les garanties assurées à la propriété indigène par le régime français, avaient donné confiance aux Malgaches et, chez les Hovas principalement, stimulé les initiatives et fait naître des besoins de confortable et de bienêtre. A Tananarive et aux environs, des constructions neuves, maisons de ville ou de campagne, s'élevèrent en grand nombre. Pour encourager ces tendances, je fis réparer les rares bâtiments intéressants qui formaient l'héritage de l'ancien Gouvernement malgache : à Tananarive, le palais de Manjakamiadana, les sépultures royales, la case historique d'Andrianampoinimerina, fondateur de la dynastie; à Ambohimanga et Tsinjoarivo, les anciennes résidences d'été des souverains. Je fis aussi construire à MahazoarivOj ancien domaine de la reine à trois kilomètres au sùd-est de Tananarive, un pavillon ofirant de loin l'aspect d'vme villa bourgeoise des environs de Paris. Mahazoarivo est ombragé de manguiers séculaires que, selon la légende, Radama P' fit

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transporter par des milliers d'hommes de Majuixga à Tananarive ; c'est un des coins les plus verts et les plus pittoresques de la banlieue de la capitale. L'habitation est modeste; bientôt même» elle m'appamt un peu exiguë pour les hôtes qui venaient le dimanche y goûter les plaisirs de la campagne.

Au début de 1902» un remaniement très important fui apporté à la législation minière.

Quelques mois après l'expédition de 1895, un décret-loi du 15 juillet 1896, définissant les conditions de la recherche et de l'extraction de l'or à Madagascar, avait mis un terme au régime d'arbitraire et de vénalité que l'ancien Cxouvemement malgache avait fait subir jusqu'alors aux prospecteurs et exploitants européens.

Bien qu'elle constituât un grand progrès, la réglementation nouvelle présentait de réels inconvénients. Les prospecteurs qui avaient mis à jour les gisements n'étaient pas assez protégés et l'insu£Esance des garanties de priorité permettait trop facilement aux tiers de les priver en partie du bénéfice de leur découverte* Par contre, la faculté accordée par le décret de renouveler indéfiniment les permis de recherche, sans commencer l'exploitation elle-même, permettait à un prospecteiu: heureux de maintenir longtemps inexploité un gisement de bonne teneur, en attendant le moment propice pour en ùàre un objet de spéculation. Or, dans tout pays aurifère, la doctrine admise — et qu'il faut maintenir — est que les soiurces de richesse connues doivent être mises à profit le plus rapidement possible.

Ces considérations rendaient nécessaire la revision de la législation minière. Suivant une règle que j'ai toujours observée dans les circonstances analogues, je tins à m'entourer des avis des intéressés. Je réunis à cet effet les principaux prospecteurs et exploitants d'or, pour chercher de concert avec eux des solutions pratiques aux difficultés signalées, et étudier le projet d'un nouveau décret minier à soumettre au Gouvernement métropolitain.

Cette consultation aboutit à des propositions qui, pour la

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