LÉGISLATION MINIÈRE
plupart, furent adoptées à Paris. A quelques modifications près, elles devinrent lé décret du 20 février 1902, qui donna satisfaction à l'ensemble des desiderata dont j^avais été saisi. Outre qu'elles comblaient les lacimes et faisaient disparaître les inconvénients du régime antérieiu*, les règles nouvelles simplifiaient aussi les formalités administratives.
A Pinverse du décret de 1896, qui n'autorisait que les recherches personnelles, les Sociétés furent admises à prospecter comme les particuliers, à condition d'être constituées suivant les lois françaises et d'avoir leur siège en France ou à Madagascar. Les permis de recherche purent être cédés et transmis ; enfin, l'élévation du taux de ces permis et la faculté de renouvellement limitée à deux années consécutives, empêchèrent désormais la posé de poteaux-signaux de fantaisie et l'immobilisation indéfinie des gisements dans les mains des spéculateurs.
Cette nouvelle réglementation, dont je ne puis ici qu'indiquer les grandes lignes, a été le signal de l'essor pris par l'industrie minière de 1902 à 1905, et de l'accroissement de production dont les statistiques qu'on trouvera plus loin, feront ressortir l'importimce.
Les recherches minières et, en général, toutes celles auxquelles se livraient les colons en vue de l'exploitation du pays^ furent facilitées et guidées par les études géologiques et les travaux géodésiques et topographiques que poursuivaient depuis le début, le service des mines, l'état-inajor et les missions diverses d'officiers, de fonctionnaires et d'explorateurs.
On peut résumer ainsi l'état d'avancement actuel de ces travaux d'investigation scientifique.
n est admis par im certain nombre de savants que Madagascar constitue le débris occidental d'im grand continent, la Lémurie, depuis longtemps affaissé sous les eaux, qui s'étendait en demi-cercle jusqu'à l'Inde et dont quelques petits archipels, les Mascareignes, les îles Chagos, les Maldives resteraient aujourd'hui les témoins.
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On connaît la forme générale de Tîle. Elle rappelle assez celle de la Corse, avec cette différence que Madagascar s'étend sur près de 1 600 kilomètres du nord au sud et, dans sa partie renflée, sur environ 600 de Test à Touest, au lieu de 180 et 70 kilomètres, dimensions approximatives de la Corse, suivant les mêmes axes.
Le plateau central forme à Tintérieur une figure à peu près semblable à celle de l'île entière, avec des dimensions linéaires moitié moindres; il représente donc le quart de la superficie totale, soit environ 150000 kilomètres carrés.
Cette région centrale, dont l'altitude moyenne varie suivant les territoires, entre 1 200 et 1 600 mètres, diflfêre entièrement du reste de l'île par le climat, la végétation et les caractères ethniques. Dès qu'il y accède, et quelle que soit la route suivie, le voyageur le moins prévenu est frappé du changement de décor. A la luxuriante végétation de la côte est et aux vastes plaines parsemées de petits bois et de prairies qu'on rencontre sur le versant ouest, succède un pays dont on ne remarque d'abord que la nudité, tout bossselé de mamelons brûlés par le soleil ou desséchés par le vent. Cependant, entre ces pitons de terre rouge, compacte et infertile, serpentent des vallées et, parfois même, comme au pied de Tananarive, s'étalent de vastes plaines, colmatées d'humus, qui produisent d'abondantes récoltes de riz ou de diverses denrées vivrières, dépassant déjà de beaucoup les besoins normaux de la population. Ces excédents sont susceptibles de s'accroître encore considérablement par la mise en valeur de vastes terrains encore disponibles et par les assèchements de certaines régions marécageuses.
Lorsque le chemin de fer atteindra Tananarive, les rendements culturaux fourniront donc, avec les autres produits naturels et notamment ceux des exploitations minières, un aliment permanent au commerce d'exportation de la région centrale, et amèneront ainsi im accroissement régulier de richesse pour cette vaste contrée.