PARIS BOULEVARD SAINT-GERMAIN
INTRODUCTION
j ES Instructions données, en i8ç^, par le Gouvernement L/ de la République à M. Ranchot, délégué du ministère des Affaires Étrangères auprès du général Duchesne, définissaient en ces termes l'objet de l'expédition : « La France ne va pas seulement à Madagascar pour y faire respecter ses droits, mais aussi pour y faire acte de puissance civilisatrice. »
La campagne ayant réussi, grâce à l'énergie du chef et à l'esprit de sacrifice du corps expéditionnaire, la France « fit reconnaître ses droits » en proclamant, d'abord le protectorat, puis la prise de possession et enfin l'annexion. Une fois l'annexion décrétée, l'autorité française pouvait, en toute liberté, se consacrer à la seconde partie du programme : « Faire acte de puissance civilisatrice. »
Une telle tâche, commencée d'hier et qui n'aura pas de
INTRODUCTION
fin, se proposait, dès l'origine et par la nécessité des choses, trois objets urgents et connexes : la Pacification, l'Organisation, la Colonisation.
L'avenir de l'île devait dépendre de la direction donnée à l'heure initiale; la moisson lèverait selon les germes qui allaient être semés.
Après une courte période d'hésitation et de tâtonnements, en i8ç6, le ministre des Colonies, M. André Lebon, fit appel au dévouement et à l'expérience du général Gallieni, et il lui confia, avec le commandement en chef, l'autorité militaire et civile, nécessaire pour débrouiller l'écheveau déjà emmêlé de la nouvelle conquête. Le général Gallieni expose les résultats de sa mission dans le livre qu'il veut bien me prier de présenter au public.
Ce livre est donc l'exposé d'une œuvre : c'est un livre d'homme d'action.
Les hommes d'action n'ont pas manqué à notre époque : ils seront l'honneur de nos annales. Madagascar a vu, dans la période héroïque, le solide et sage général Duchesne avec ses lieutenants yoyron, Met:{inger, Torcy, Bailloud; Madagascar a vu, au temps des épigones, Gallieni, Pennequin, Lyautey. — Tous militaires, dirat-on. — Oui. Tous Français!
Et, en vérité, reprochera-t-on à ces hommes méritants de ressembler en quoi que ce soit au type légendaire et grotesque de la " culotte de peau ". Chefs pondérés, sérieux