‹ Neuf ans à Madagascar [par le] général GallieniChapitre 79 sur 179 · L'ASSISTANCE MÉDICALE · texte numérisé non relu

L'ASSISTANCE MÉDICALE

plète, sinon encore définitive. Désormais un comité central consultatif à Tananarive et, dans les provinces, des commissions de région assurent ou contrôlent le fonctionnement des hôpitaux officiels et des formations sanitaires privées. Les ressources financières sont fournies par la création de budgets spéciaux, autonomes pour chaque province, qu'alimentent les dons en nature ou en argent des corps de village, et, en outre, une large subvention du budget local.

Les médecins indigènes ont pris leur profession à cœur. Ils font le service des hôpitaux et des différentes formations sanitaires des provinces, accomplissent des tournées, donnent des conseils et des consultations gratuites aux habitants, vulgarisent par des conférences faites aux fonctionnaires indigènes les principes généraux de l'hygiène et les règles élémentaires de la médecine domestique.

Cette première organisation s'appliqua dès 1901 à la plupart des provinces du plateau central ; des hôpitaux indigènes furent créés dans les quatre districts de la province de Tananarive : à Fenoarivo, Arivonimamo, Ambatolampy et Tsinjoarivo. Un peu plus tard, un autre hôpital fut inauguré à Miarinarivo.

Les heureux effets de ces mesures ne tardèrent pas à se manifester; c'est ainsi qu'à Tananarive durant les neuf premiers mois de l'année, on constata une augmentation de 521 naissances sur la période correspondante de l'année antérieure, le chiffre des décès n'ayant pas sensiblement varié.

Il faut ranger enfin parmi les oeuvres d'assistance la Société des enfants métis qui, dirigée par M. le D"" Fontoynont, accomplissait largement le programme qu'elle s'était proposé : secourir les enfants dans l'indigence, leur assurer en cas de maladie des soins médicaux, et leur faire donner une éducation autant que possible professionnelle. En outre, l'appui financier du Gouvernement de la colonie lui ayant été donné, la Société créa une école pour les 160 enfants métis que la capitale renfermait déjà à cette époque.

L'année 1901 fut marquée aussi par d'intéressantes recherches sur l'orientation rationnelle à donner aux exploitations agricoles dans la colonie.

Pendant mon séjour en France, je m'étais tenu au courant des résultats des analyses de terre de Madagascar que MM. Muntz et Rousseaux avaient bien voulu entreprendre sur ma demande à l'Institut national agronomique de Paris. Ces études aboutirent à un remarquable travail qui me parvint au commencement de 1 901, et auquel je donnai la plus grande publicité. Il fut possible ainsi de se faire une idée beaucoup plus exacte que précédemment des rendements culturaux à espérer dans les différentes régions de l'île. Le sol de l'Emyrne apparut comme relativement pauvre et propre surtout aux cultures traditionnelles des indigènes. On put donc déconseiller en connaissance de cause les essais de cultures tropicales que plusieurs colons avaient tentés dans diverses régions du plateau central. Il faut dire cependant que MM. Muntz et Rousseaux tempéraient leurs conclusions, par cet avis que, dans bien des cas et en particulier dans les fonds de vallée des hauts plateaux, la pauvreté du sol en éléments fertilisants peut être compensée par le régime climatique résultant de la température et de l'abondance des pluies à certaines époques de l'année. C'est ainsi qu'à Madagascar, autant et plus peut-être qu'en aucun autre pays, la solution des questions agricoles relève à la fois du laboratoire et de l'observation météorologique. Enfin, les premières prises d'échantillons, accumulées sur certains points, avaient au contraire — par suite des événements insurrectionnels — fait complètement défaut sur d'autres. Pour compléter cette documentation si utile, de nouveaux prélèvements furent ordonnés et, cette fois, un grand nombre d'analyses purent être pratiquées au laboratoire municipal, récemment créé à Tananarive.

Le service de l'Agriculture, que j'avais restreint en 1896 en raison de la faible étendue de notre occupation à cette époque, avait pu se développer depuis lors, au fur et à mesure des progrès

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