SERVICE FUNEBRE DE M. DE SAI.VANDY
leurs troupes dans l'Allemagne méridionale. Je travaillerai dans ce sens avec Gowley, en attendant vos instructions ultérieures. Le prince Frédéric-Guillaume a été ici l'objet des distinctions les plus flatteuses. Gela ma rappelé les faveurs dont on a jadis comblé le marquis Antonini, parce que son maître avait reconnu l'Empire, avant qu il fût fait. Cela n a pas empêché ce pauvre Nini d'être renvoyé.
u On a remarqué que le prince, qui est au reste fort gracieux, n'a pas observé vis-à-vis des ambassadeurs, qu il n a pas même fait asseoir, les régies de courtoisie reçues. C'est que la Prusse, qui trouve trop cher d avoir des ambassadeurs, voudrait ne pas les reconnaître chez les autres. Vous m approuverez, j'espère, de n'avoir relevé ces petites irrégularités, qui ont mis le nonce hors des gonds, tandis que mon ami Hatzfeld triomphe sur toute la ligne. »
Mardi 23. — Ce matin à Saint-Sulpice assisté au service funèbre de ce pauvre de Salvandy. Les journaux nous racontent qu'il a reçu l'extrème-onction assis dans son fauteuil en frac noir et cravate blanche, et qu'après la cérémonie il eut la force d'accompagner, jusqu'à la porte, le cardinal de Bonnechose, qui l'avait administré ! ! Pauvre Narcisse, Achille de Napoléon, toujours bon, toujours courageux et toujours un peu ridicule! Diné chez Mme Gould avec M. et Mme Disraeli (1).
Mercredi 24, veille de Noël. — Cowley m'écrit que son
(1 Plus tard lord Be.ikenefield.
gouvernement accepte, purement et simplement, le projet Sarazika-Kongas et mon projet de procéder en conférence. Je transmets, par télégraphe, à Buol cette bonne nouvelle pour ses étrennes. Nous ne doutons pas de l'adhésion de la Russie.
Dépêche télégraphique de Buol sur Neufchâtel. 11 n'objecte ni au choix de Paris, ni à celui de Londres, mais semble désirer que la conférence se réunisse à Vienne. Lord Cowley me dit que son gouvernement insistera pour que ce soit Londres, si déjà conférence il doit y avoir.
Vrai Christmas dinner and a merry one, avec tous les enfants, avec Mlle ïardiveau et le gouverneur, le comte Falkenheim et toute mon ambassade : Ottenfels, Revertera, Traun, Blome. Après-diner, arbre de Noël clans la grande salle à manger.
Jeudi 25. — Après-dîner vient le prince de Montléart, tout ému et en pleurant, m'annoncer la mort soudaine de Mme l'archiduchesse Rénier, morte la veille à Botzen, après vingt-quatre heures de maladie seulement.
Vendredi 26. — Ce matin est mort cet excellent général Tagel, ancien ministre des Pays-Bas, âgé de quatrevingt-sept ans. Chez Cowley, puis chez Walewski, et de nouveau chez Cowley. C'est la question de Neufchâtel qui nous occupe. Avant-dîner, je reçois, par le télégraphe, l'adhésion de mon Empereur au projet Sarazika-Kougas (1).
(1) Buol à Hiibner, 26 décembre. Télégramme,