CAUSE DE CERTAINES ERREURS
sympathie et de l'habitude dans la manifestation des effets attendus sur les sujets impressionnés auparavant '.
En perdant de vue un autre point important que j'ai expliquée plusieurs reprises, c'est-à-dire l'ordre desphénomènes, l'augmentation dans la sensibilité, dans la mobilité et dans la docilité, puis ensuite l'abaissement jusqu'à l'insensibilité et la rigidité cataleptiforme, cet expérimentateur, prenant les phénomènes primaires pour les secondaires, semble s'être complu dans l'erreur et y avoir induit ceux qui se contentent d'étudier à la légère de semblables questions. Ceci, toutefois, liest que confondre des choses qui sont en elles-mêmes essentiellement différentes. Je recommande la note ci-dessous à l'attention particulière du lecteur -.
1. Une preuve bien nette de ce fait fut obtenue à l'une de mes conférences, où, comme on peut le voir dans le rapport qui en fait mention, vinjt-deux personnes qui avaient déjà été opérées, se prirent par la main ou par les habits, et concentrant toute leur attention îi l'aclc qu'ils accomplissaient et s'attendant aux effets, devinrent hypnotisés dans l'espace d'une minute. .\prés une autre conférence, dans une chambre séparée, seize personnes qui avaient déji été soumises à l'hypnotisation, et une qui ne l'avait Jamais été prirent une position analogue. Dans l'espace d'une minute elles devinrent toutes affectées à t'exceptton de la dernière. Je pris alors ce sujet i part et j'opérai sur lui par rnou procédé ordinaire, et en deux ou trois minutes, il était manifestement affecté. Qu'il me suffise de dire, que j'ai varié mes expériences de toutes les manières possibles, et que j'ai absolument prouvé l'influence de l'imag-i nation sw tes personnes impressionnées précédemment, car, par le même procédé, les sujets qui avaient été affectés le devinrent de nouveau, tandis que ceux qui n'avaient pas encore subi d'opération ne le devinrent point. Ceci explique suffisamment les résultats obtenus par M. WaUlcy avec les Okoys
2. Comme exemple, je signalerai les faits suivants, qui ont été souvent répétés devant nombre de témoins compétents, cl que l'on peut, par conséquent, admcltrc comme certains.
Les premiers symptômes, après la production de l'état hypnotique et l'extension des membres, sont ceux d'excilation extrême de tous les organes des sens, à l'exception de la vue. J'ai constaté, par des mesures très exactes, que l'ouïe est environ douze fois plus sensible qu'à l'état normal. Ainsi, un patient qui n'aurait pu entendre le tic-
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Rien n'indique aussi nettement Ja clifTcrence entre Je sommeil artificiel provoqué par moi et le sommeil naturel, que cette puissance extraordinaire due au premier dans le traitement etTicace de nombreuses affections de longue durée ; affections ayant résisté, pendant des années, au sommeil nalurel, et à toutes les médications connues, — je veux parler de patients nés sourds-muets, ayant atteint une période plus ou moins avancée dans la vie, jusqu'à
tac d'une monlre ^ une dislanoe de plus de ti-ois pieds ?i l'état de veille, l'entendait pendant l'hypnolisme ;i la distance de trente-cinq pieds cl pouvait se dirigei- en ligne droite, sani hésitation, dans la direclion de ce bruit. L'odorat est également exailé îi un point extraordinaire ; une dame put suivre une rose que l'on tenait éloignée d'elle de 46 pieds. Ceci n'expliquerait-il pas le fait que rapporte le docteur Klliolson de son sujet OI<ey, qui pouvait reconnaître l'odeur particulière des malades in arliculo mortis ? Celte personne, passant auprès de l'un d'eux, disait : » Voilà Jacques. » La sensibililé tactile est si grande, que le contact le plus léger est ressenti, et appelle aussitôt les muscles correspondants en action ; ces muscles ont alors une puissance de contraction considérable. Les sensations de chaleur, de froid et de résistance sont aussi exaltées à un degré suffisamment élevé pour permettre au patient de sentir quoi que ce soit •sans contacl immédiat, et dans certains cas, si la température diffère beaucoup de celle du corps, à une distance considérable (18 ou 20 pouces); quelques personnes sentent un courant d'air provenant des lèvres ou d'un soufflet à la distance de 50 ou même de 90 pieds, et s'en écartent, ou bien faisant un courant d'air contraire, avec la main ou à l'aide d'un éventail, se déplacent dans une direction opposée. L? sujet tend .\ rapjirocher ou à fuir les impressions, selon qu'elles lui sont wjriahles ou désagréables, soit dans leur nature, soit dans leur intensité, .\insi ils s'approcheront d'un endroit d'où s'échappent de doux accords, mais Us s'éloigneront des sons intenses, quelle que soit leur harmonie. Une dissonance, par exemple, deux demi-tons produits au même moment, si doux qu'ils soient, fait frissonner et reculer un sujet impressionnable, quand il est hypnotisé, quoique ignorant la musique, et quoiqu'il n'en soit pas affecté désagréablement quand il est éveillé.
Après une certaine période de temps, pendant laquelle le patient s'est tenu tranquille, il tombe dans l'extrême opposé, c'est-à-dire dans la rigidité et la torpeur de tous les sens, de sorte qu'il n'entend plus le bruit le plus éclatant, qu'il ne sent plus d'odeur, si forte qu'elle puisse être, qu'il ne perçoit plus le chaud, ni le froid, et cela, non
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l'âge de 32 ans, dont l'état ne s'était pas modilié jiHqn'au jour où je les soumis à l'opération : alors chez eux l'ouïe apparut après une séance de huit, dix ou douze minutes, et continua de s'améliorer par l'hj'pnotisalion répétée.
Supposons cjue ces patients aient consacré six heures dans les vingt-quatre heures de la journée à dormir, il y avait pour un grand nombre un total de sommeil conlinn, que l'on peut évaluer, selon le cas, à quatre, cinq, six ou
seulement près de la peau, nuis en contacl immédiat. On peut alors le piquer, le piucer, le malmener, sans qu'il lui écliappi" le plus léger indice de douleur ou de sensibilité, et les membres demeurent (l.xes et rigides. Pendant cette période, un courant d'air dirig-é contre un organe quelconque rend à ce dernier instantunéi/teiit une sensibilité exagérée, et ramène le jeu des muscles. Le patient peut être inconscient du bruit le plus considérable, mais, si un simple courant d'air vient à frapper ses oreilles, il entend instantanément le bruit le plus léger ; l'ouie est alors développée. avec une intensitf telle que ce bruit secoue le patient et qu'il en tremble vio'emnient quoiqu'un instant auparavant, le corps fût dans la rigidité cataieptiforme. On pouvait tenir une rose, de la valériane, de l'assa l'œlida ou de l'ammoniaque sous les narines, sans que le patient parût s'en apercevoir ; mais qu'un courant d'air frappe les narines, et l'odorat se trouve excité i l'extrême : une rose, éloignée de 46 pieds, attire à l'instant le patient qui, même avec un bandi^au sur les yeux, l'alteint aussi sijrement qu'un chien de chasse atteint son gibier ; quant ù la valériane ou îi l'ammoniaque, il s'en éloigne ii la hàle. Il en est de môme pour le sens du toucher.
Tous les sens étant plongés dans une torpeur profonde et le corps étant rigide, une très légère pression sur les globes oculaires suffit pour ramener instantanément les sens à l'état normal et pour rét;iblir le jeu des muscles de la tète et du cou, pour ramener, en un mot, k l'état normal toutes les parties qui reçoivent leur innervation des nerfs ayant leur origine au-dessus de celle de la cinquième paire, et de leurs anastomoses, tandis que sur les autres organes des sens, une application mécanique reste sans elîets ; ne faut-il donc pas admettre comme un fait évident qu'il existe quelque connexion l'emarquablo entre l'état des yeux et celui du cerveau et do la moelle épinière pendant l'hypnotisme? et n'est-ce pas \h une excellente preuve de la justesse de la définition de M. Mayo, qui dénomme l'origine de la cinquième paire de nerfs crâniens: « le centre dynamique du système nerveux ». The nervous System and Us functions, page 27.
■Voici une autre preuve marquante du même fait : supposons la
Braio. *
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huit ans, et cependant ils s'éveillaient comme ils s'étaient couchés, incapables d'entendre ; quelques minutes d'hypnotisme suffirent pour leurdonner jusqu'à un certain point le sens de l'ouïe. Peut-on demander, ou peut-on produire, une preuve plus concluante pour admettre que rh3'pnolisme diffère de beaucoup du sommeil ordinaire? \]ne dame âgée de 34 ans, souffrait depuis seize ans d'un commencement d'amaurose. Dans la proportion citée plus haut, elle avait dû
même lorpour de tous les sens, avec rigidilé du coi'ps et des membres, un courant d'air, ou une légère pression contre UN œil rendra la vue à cet œil, et la sensibilité ainsi ([ne la mobilité à une moitié du coi'ps, — du même coté que l'œil manipule — mais laissera l'autre œil insensible et l'autre c6té du corps rigide et à l'état de torpeur. Cependant, dans ce cas, ni l'ouie, ni l'odorat ne se rétablissent ni de l'un ni de l'autre cèté. Ainsi, par un mode d'action sur l'œil, nous mettons notre patient en bémiplégie, par l'autre en paraplégie, pour la sensibilité comme pour In niotililé. Dans bon nombre de cas, quand le patient a été hypnotisé en regardant de côlé, il a tendance à tourner le corps dans la même direction pendant le sommeil artificiel.
Il semble étrange, qu'en agissant sur un œil, on puisse communiquer sensation et motion au même côté du corps, si l'on considère surtout que l'inlluence motj'ice provient de Vhéinisplière opposée du cerveau. J'ai pensé que ce phénomène pouvait être dû à la décussalion partielle du nerf optique, et que cette décussation partielle existait peut-être pour perfectionner l'union de la sensation et de la motilité dans les yeux, « sur lesquels nous nous appuyons comme sur des béquilles » ; nou5 permettant ainsi de conserver un équilibre parfait qui, autrement, nous eût été plus difficile.
11 y a encore un fait des plus notables ; quand le patient est en état de torpeur et de rigidité, on peut lui faire passer par les bras de puissants chocs galvaniques, de façon à provoquer des contorsions violentes, sans qu'un mouvement de la tête ou du cou, ou de sa physionomie révèle la rnoindrc émotion.
Si, par une légère pression sur les yeux, ou en faisant passer un courant d'air sur la face, on ramène à l'état normal la tête et le cou, les mêmes chocs sont perçus, et cela devient évident par les mouvements de la tête et du cou, les contorsions de la face et les plaintes ou les cris du patient. Tous ces phénomènes peuvent 'accomplir, comme je l'ai constaté très souvent, à l'insu du sujet qui n'en a pas conseienee au sortir du sommeil nerveux.
De plus, quand le patient, portant une tige métallique dans chaque main, est mconscient des cbocs électriques traversant les bras, si l'une de ces tiges est appliquée i une partie quelconque de la tête, du
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avoir un total de sommeil se montant à quatre ans, mais, loin de s'améliorer, son état empirait tous les mois; et au moment où elle eut recours à moi, elle ne pouvait qu'avec difficulté lire les deux mots les plus grands du titre d'un journal. Après huit minutes de sommeil hypnotique, elle lisait les autres mots, et, trois minutes plus tard, des caractères d'imprimerieplus petits; la même après-midi, elle lisait à l'aide de ses lunettes dans une petite bible du type « dia-
cou, de la fiice, en un mot à une pai'lie, quelle qu'elle soit, affrancliie de l'hypnotisme par action sur les deux yeux, comme nous l'avons dit plus haut, il manifeste h l'instant sa sensibilité au choc, quoique ce dernier soit plus faible de beaucoup que celui qui n'avait pas été perçu en passant par les bras. On pourrait facilement expliquer ce fait par l'exig-uïté dn circuit, et aussi, parce qu'une des lig-es est plus rapprochée du cenirc du « sensorium « ; mais le l'ail suivant démontrera que le premier dépend d'une autre pource : sans déplacer la lige appliquée sur la tète, sur le cou, ou sur la face, portez l'autre tige de la main îi une parli'^ quelconque de la tête, du cou, ou de la face, et toute manifeslalion de sensibilité disparaîtra, fi moins que la puissance du courant galvanique ne soit augmentée.
Voici dans le même genre un autre phénomène des plus embarrassants : le cerveau étant Ti l'élat de torpeur, les membres rigides, et la peau insensible aux piqijres, an pincement, au froid ou au chaud, si l'on appuie doucement la pulpe d'un ou deux doigts contre la face dorsale de la main, ou n'importe quelle autre partie de l'extrémité du membre, on voit la rigidité faire rapidement place i la mobilité et au tremblement du bras, de la main et des doigts, phénomène qui augmente d'intensité, si l'on appuie un autre doigt contre le cou, la tête ou la face. Dans ce dernier cas, la commotion de tout le corps est aussi violente, chez certains sujets, que celle qui résulterait de chocs galvaniques. Si l'on place les deux doigts sur une partie quelconque de la têie, do la face ou du cou, la commotion cesse, tout ii fait ou en partie. Si l'on pince la peau de la main on du bras avec un doigt et le pouce, et de même la peau du cou ou de la face avec un doigt et le pouce de l'autre main, on n'oblient pas d effet. La pression à l'aide de tiges isolantes, à l'aide de verre, de cire, produit les mêmes phénomènes que pratiquée à l'aide des doigts. La main, posée à plat, produit très peu d'elfet. Si l'on applique la pression contre les deux mains, il y a contorsion des bras, et si la tête se trouve en partie déshypnolisée, le patient se plaint de la sensation de piqûres d'épingles dans les doigts, surtout si l'un des points de contact est la main et l'autre la face ou la tête. Ces phénomènes ne se produisent pas, tant que la peau demeure sensible aux piqûres et au pincement.
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manl polj'gloUe, » livre qui depuis de longues années était fermé pour elle. Disons encore qu'il y a eu une amélioration considérable dans la santé générale de cette dame depuis son hypnotisation. Peut-on douter, dans ce cas, qu'il n'y ail autre chose que le sommeil naturel? Une autre dame, âgée de 44 ans, avait dû se servir de lunettes depuis 22 ans pour pouvoir coudre, lire et écrire. Elle avait donc eu cinq ans et demi de sommeil, mais la vue devenait toujours plus mauvaise, de sorte qu'à l'époque de son hyp-
Pendant la l'igidité cnlalcpliforme, la circulalion devient très rapide, le nombre des palpitations augmente, dans bon nombre de cas, de plus du double ; elle peul revenir fi son état natnrel, pour la plupart des cas, en moins d'une minute, l'état cataleptiforme élant diminué. On Ironie aussi qu'on peut la m.aintenir dans un élal inlcrmédiaire aux deux extrêmes, selon li manipulation. Le sang circule avec non moins de force (le pouls élant toujours contracté) dans les membres rigides, et il est envoyé en abondance et avec une force relativement jiUis grande dans les parties non directement sounr:s"s à la pression des muscles rigides. Nous devons également noter qu'en agissant sur les deux yeux pour produire In paraplégie, la force et la fréquence de l'action cardiaque peuvent diminuer aussi rapidement et aussi nettement que l'action de la machine îi vapeur par l'intervention du mécanicien. Les yeux élant fixés de nouveau, sa force et sa vélocité première se rétablissent presque aussi rapidement ; on peut s'en convaincre par l'application de l'oreille sur la région cardiaque pendant ces expériences. L'accélération du pouls, survenant après l'action sur les deux yeux et par conséquent après le retour îi l'état normal des organes des sens spéciaux, et des muscles de la tête et du cou, peut s'évaluer i environ 60 pour cent au-dessus du maximum ordinaire de la circulation. Nous pouvons donc admelire, a priori, que nous îivons acquis, dans ce nouvel état du système nerveux, un puissant agent modificateur.
N. B. — Il faut remarquer que, à cause de l'extrême acuité de l'ouïe dans la première période de l'hypnotisme, l'opérateur, et, à plus forte raison, lus autres personnes qui ne connaissent pas ce fait, peuvent être induits en erreur pendant les opérations qui ont pour but d'étudier l'acuité des autres sens. Il en est ainsi pour l'odorat, les courants d'air, la chaleur et le froid. Pour éviter ces erreurs, il vaut mieux attendre que l'acuité de l'ouïe ait disparu ; à ce moment toute autre sensation sera également au repos, à l'exception de la susceptibilité aux courants d'air. J'attends que les sens soient endormi», puis je réveille avec précaution le sens que je veux montrer au plus haut degré de sa fonction.