UE l'uyiwutis.me
Dans une séance ultérieure, en présence de lady S..., de sir Tlioriias Arbullinot, du colonel Arbuthnot, du major Wilbraham, de M. John Frederick Poster, président des sessions trimestrielles, de M. D. Maude, magistrat, et d'un jïraiid nombre d'autres personnes des deux sexes, après l'exhibition des phénomènes renouvelés sur des sujets qui avaient déjà été soumis aux épreuves, on exprima le vœu de voir opérer quelqu'un /jom;' la première fois. Je m'offris à mettre à l'essai une personne quelconque ; une dame, ipie je n'avais jamais vue avant ce jour, et que je ne revis plus depuis, se prêta à l'opération. Sous l'influence de « l'acquisivité, » elle déroba à des dames deux mouchoirs, et prit une bague du doigt de M. Poster. Après plusieurs autres manifestations, je pressai la « conscicnciosité » ; à
lin point de vue critique, et de me dire si les passions riaient exprimées naturellement ou non. Après avoir regardé la première épreuve avec surprise et enchantement visible, il lit l'observation suivante : — « Si cela est le Jeu d'un acteur, c'est le jeu le plus parfait que j'aie jamais vu. Quand nous imitons, nous nous efforçons d'être naturels ; mais il y i, en général, quelque point sur lequel nous manquons; ici, je ne vois que le langage de la nature en tout point. » U s'exprima de la même manière relativement aux deux cas suivants ; quand il eut été témoin des elTets chez les deux jeunes filles dont nous venons de parler, il !^e déclara impressionné au point de ne pouvoir exprimer son étonnement et son senliinent de plaisir ; il me dit qu'il m'écrirait ,^ ce sujet. Voici un exlrait de la leltro que je reçus de lui deux jours après « Je vous remercie de votre gracieuse invitation, les expériences dont j'ai été témoin samedi soir m'ont fait un plaisir extrême, cl leurs résultais ne m'ont pas moin^ plu que surpris. Je n'ai jamais vu la nature se manifctcr d'une manière aussi vivo, aussi mar/7tifirjue que pendant cette séance. Vous le savez : j'étais notoirement un sceptique au sujet de l'inlluenco mcsmérique, — j'étais plus que sceptique peut-être, relativement i ce^ tendances phrénologiqnes. — Les manifestations que j'ai observ-es et qui élaient dues à la mystérieuse influence de l'hypnotisme, sur deux jeunes lillcs parfaitement connues de moi et ignorantes en ces matières avant l'expérience de la soirée, m'ont entièrement convaincu. J'aurai peut-être occasion de m'étend.-e davant'ige sur une découverte si intéressante et si éloimanle ; les résultats bienfaisants ne peuvent encore en être appréciés ; nous ne les connaissons pas dans toute leur étendue. »
ce mumeiil, elle sembla lourmentée, et se mit à la recherche des personnes à qui elle voulait restituer les objets dérobés. Ces personnes avaient changé de place, mais elle les retrouva, rendit les mouchoirs à leurs propriétaires, et remit au doigt même de M. Poster la bague qu'elle avait prise. Elle appartenait à la secte des méthodistes, dont elle observait la loi rigoureusement ; elle n'avait jamais dansé de sa vie, et à l'état de veille aurait considéré cet amusement comme un péché. Cependant, sous l'influence d'une musique appropriée à la danse, elle se mit à valser avec grâce. Réveillée, elle ne put se rappeler absolument rien de ce qui s'était passé.
Miss L..., âgée dé vingtet un ans, très accomplie, et douée d'une grande énergie, me mil au défi de l'hypnotiser. A l'entendre,, je ne pourrais réussir. Cependant, elle fut rapidement endormie et produisit vingt manifestations des plus caractérisées. Sous l'influence de « l'amitié et de l'adhésivité » d'un côté, et de la « destructivité » du côté opposé, elle me protégea et frappa sa propre mère. Elle n'avait connaissance que d'un organe, n'ajoutait pas foi à l'hypnotisme et moins encore au phréno-hypnotisme. Sous l'influence « delà forme et de l'idéalité », elle se mit à écrire sans voir, assez bien, mais non aussi bien que pendant la veille. Quand elle fut réveillée, elle sembla très surprise d'apprendre ce qu'elle avait fait. Elle se rappelait que j'avais touché sa tête, et s'('tait demandé pourquoi je le faisais ; elle avait senti différentes impulsions quand je manipulais les différente.s régions, mais elle n'en expliquai! pas la raison et ne pouvait se souvenir de ses faits et gestes.
Une mère de famille, Mme E..., ne voulait pas admettre qu'une personne pût être affectée ainsi. Après avoir vu les manifestations d'une patiente, elle affirma qu'avec elle, au moins, il n'en serait pas de même. Je la priai de vouloir bien se soumettre à une épreuve, elle donna lieu immédiatement à plus de vingt manifestations très distinctes, et dont quelques-unes furent des plus frappantes. Sous l'inlluence de la
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bienveillance, elle versa des larmes, tira sa bourse et donna une demi-couronne " aux pauvres créatures ». Elle montra aussi des tendances opposées, déjà décrites.
Miss R..., âgée de 22 ans, très bien élevée et très intelligente, se disant très sceptique, voulut être mise à l'épreuve. Toutes les manifestations recherchées eurent lieu et furent fortement caractérisées ; elle admit quand elle fui réveillée qu'elle se rappelait tout ce qu'elle avait fait, ajoutant qu'elle avait résisté de toutes ses forces, mais qu'elle avait ressenti des impulsions irrésistibles qui la forçaient d'agir à mesure que je touchais certains points, mais elle ne gavait pourquoi. Elle expliqua qu'elle avait agi en toute ignoraacede cause, car elle n'avait aucune idée des organes. Elle avait d'abord ressenti ua tiraillement dans les muscles de la face, la respiration s'était troublée ; à ce moment l'impulsion particulière était survenue. Un autre jour, les yeux bandés, et un crayon dans la main droite, un certain nombre d'organes furent excités, sans qu'elle montrât le désir de s'en servir, mais au moment où « la constructivité et l'idéalité » furent touchées, elle se mit à griffonner des lignes jusqu'à ce qu'on lui donnât du papier ; elle entreprit alors un dessin, et fil un profil passable. Quand « i'acquisivité » fut excitée, elle prit une Isague au doigt de M. Foster, qui, pendant que j'excitais, d'autres manifestations, quitta la chambre. Dès que j'eus touché « la conscienciosité », elle se mil à la recherche de M. Poster, fit le tour de la chambre comme il l'avait fait, passa par le corridor précédent le grand salon, en fitle tour, et entra dans le petit salon, où, trouvant M. Poster, elle lui remit la bague au doigt même dont elle l'avait extraite. Elle l'avait évidemment suivi à l'aide de l'atmosphère et au moyen de l'odorat, car elle avait pris exactement le même chemin que lui ; lui aussi avait été d'abord dans le grand salon. S'il avait été ici question de clairvoyance, elle aurait été à lui directement et par le chemin le plus court. De pareils faits sont invraisemblables, mais je les présente tels qu'ils se sont passés ; nul mieux
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que les personnes présentes n'était à même de découvrir une erreur ou une supercherie, nul mieux que M. Poster, M. Brandt, M. Lloya, avocats, M. Langton, M. Bagshaw, M. Schwabe, et d'autres personnes encore.
Miss W..., personne très intelligente, qui ne savait rien de la phrénologie, et qui n'avait jamais vu une expérience phréno-li^^pnotique, se soumit aux épreuves. Sous l'influence de « la bienveillance » elle se montra très inquiète, et quand on lui demanda à quoi elle pensait, elle répondit que c'était à un pauvre artisan qui avait perdu sa scie et son marteau, qui n'avait pas d'argent pour en acheter d'autres et dont les enfants mourraient de faim. Sous l'influence de « la vénération et de l'idéalité ", elle voulut mourir, aller au ciel ; sous « la combativité », elle parut d'abord fort en colère, puis se leva et renversa d'un coup le ;handi4ier. « Ladestructivitc » étant excitée (après que plusieurs organes eurent été stimulés), elle montra le poing, puis se levant, elle parut furieuse, sauta d'une extrémité de la chambi'e à l'autre, le bras élendu, comme pour faire des armes, et saisissant la main d'une jeune personne à sa portée, elle la lui laboura de ses ongles.
M. Waliver, âgé de 22 ans, étant hj^pnotisé, ne montra d'abord pas de symptômes de susceptibilité pendant un certain laps de temps; enTin, les phénomènes se produisirent chez lui d'une façon absolument parfaite ; la bienveillance, la vénération, la fermeté, l'amour-propre, la combativité, ladestructivité, l'acquisivité, la prudence d'un côté et la desLructivité de l'autre, l'éventualité, l'odorat, les formes, les couleurs, les nombres, l'idéalité, etc., tout fut essayé et réussit à merveille. Ce sujet avait vu des bustes phrénologiques et avait assisté à des expériences phrénohypnotiques, mais à l'exception de deux ou trois organes, il aurait été embarrassé d'en indiquer exactement un quelconque à l'état de veille. Il ne se rappelait rien de ce qui s'était passé.
Je voulais m'assurer s'il ne se rappelait pas mieux les organes pendant l'iiypnolisme qu'à l'état de veille, et si
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celle connaissance n'était pas alors la cause de la perfection de ses manifestations ; j'essayai l'expérience suivante. J'avais fait part de mes intentions aux amis qui devaient assister à l'épreuve, mais le patient les ignorait entièrement. Il n'avait jamais vu ni entendn parler d'expérience semblable. Quand je le crus dans les conditions voulues, je le priai de placer la pointe du doigt sur différents organes, mais, chose remarquable, il se trompa chaque fois, même par rapporta ceux qu'il connaissait éveillé. Un autre fait intéressant se produisit encore ; tandis que son esprit était dirigé vers l'organe que je nommais, la vraio. manifestation du point touché eut lieu chaque fois. Ainsi, comme je lui demandais de me montrer» l'idéalité », il plaça son doigt sur " la vénération », et manifesta immédiatement ce dernier sentiment. Je lui demandai à quoi il pensait? « Je n'ai pas été à l'église hier. » Qu'est-ce que jcela fait ? « J'ai eu tort. » Quand il pressa accidenlellement sur la « bienveillance », ce sentiment fut manife^^lé ; il en fut de même pour la « fermeté », pour « l'amourpropre ». Il présentait des symptômes de malaise, je lui demandai ce qu'il avait : « Quelque chose me fait mal à la tête '>, répondit-il; en effet son bras était devenu catalepliforme, et le bout de ses doigts appuyait si fortement contre le cuir chevelu, qu'il s'en plaignait, mais sans reconnaître la cause du mal. Sa main étant restée sur la philogénilure, il commença à se balancer sur sa chaise, comme s'il berçait un bébé, et ses mouvements devenant de plus en plus marqués, je crus devoir l'arrêter et retirer sa main. Cependant, le bras et le cou étaient devenus si rigides et si fortement immobilisés, que seule la force mécanique ne pouvait les séparer ; un souffle sur ces parties les ramena à l'état normal et la manifestation particulière prit fin. Chaque point qu'il pressa montra de même les manifestations propre à l'organe comprimé. J'en suis certain, ce sujet agit avec la plus grande franchise, et d'ailleurs il n'était au pouvoir de personne de le faire