‹ NeurypnologieChapitre 31 sur 63 · DIFFÉRENTES THÉORIES · texte numérisé non relu

DIFFÉRENTES THÉORIES

ma conjecture est juste, il y aura natiirollemont tous les degrés possibles dans les manifeslalions à inesurequenous nous approcherons des organes adjacents. Je ne connais pas les divisions de la tête d'après M. Le Roy Sunderland ni d'après M. Hall, mais si les compartiments originaux doivent être divisés et subdivisés d'après toutes les variétés des manifestations pendant l'hypnotisme, je suis certain que chacune de leurs subdivisions peut encore être susceptible de division, car une différence, si petite qu'elle soit, se manifestera à chaque changement clans le point de contact.

J'ai vu avec beaucoup de plaisir les expériences de M. Hall, et j'ai témoigné en public de la réalité des phénomènes généraux qu'il provoquait. J'avais pu m'en assurer en surveillant soigneusement l'expression particulière de la physionomie, et l'état de la respiration, que produisait chaque changement du point de conlact. Les degrés de difl'érence étaient si minimes que l'entente entre opérateur et opéré n'était rien moins que possible.

De plus, j'avais constaté, personnellement, la réalité des phénomènes principaux chez bon nombre de mes sujets, qui ne connaissaient rien de la phrénologie et qui, par leur position sociale et leur caractère d'honorabilité ne pouvaient être soupçonnés d'avoir joué un rôle, soit pour amuser les autres, soit pour les tromper. Je témoigne volontiers de la réalité des phénomènes et j'admets que je n'ai vu rien faire de suspect par M. Hall ; je dois cependant dire que je considère les variétés observées dans ces phénomènes ainsi que dans les phénomènes manifestés par mes sujets, comme les simples résullats de, (hfférentes manipulations auxquelles nous nous livrions et non point comme les effets d'une influence spéciale supposjc par lui et par d'autres magnétiseurs.

Quant aux phénomènes que l'on désigne sous le nom de « magnétisme croisé » et qui parurenl si d(isagréables aux patients, de même qu'à rt)pérateur (je n'ai heureusement pas vu d'effets semblables chez mes sujets), je crois qu'ils

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peuvent s'expliquer ainsi : ils semblent, en partie, être le résultat de l'imagination ou d'une circonstance accidentelle qui mettrait en action, au même moment, des séries de muscles opposés ; ils peuvent encore tenir à la mise en action de deux émotions antagonistes, dont l'une exigerait l'action énergique des muscles de l'inspiration, l'autre celle des muscles de l'expiration, et dont la conséquence serait de jeter le sujet dans un état voisin de l'asphyxie ; ceci aurait naturellement pour efî'et une grande difticulté dans le rétablissement du sujet, difticullé provenant de la décarbonisation insuffisante du sang circulant dans le cerveau. Tel était, je crois, le cas du patient qui donna tant de mal à M. Hall, le soir du 2i février 1843, dans la salle des conférences de l'Athénée, à Manchester.

M. Hall affirmait que les sujets qui avaient volé recherchaient toujours les personnes qu'ils avaient lésées pour leur rendre les objets dérobés, et cela aussitôt que la conscienciosité était excitée; il disait encore que ces sujets découvraient sans erreur le propriétaire des objets, quel que fût l'endroit de la chambre oà ce dernier pouvait s'être réfugié ; j'eus la curiosité de faire l'épreuve de ce phénomène. Je voulais d'abord m'assurer si le fait était réel; il l'était, en effet, et j'en pus faire l'expérience sur mes propres sujets : mon but suivant était de m'assurer de quelle manière ce phénomène s'accomplissait ; ja'pprh rapidement que c'était pav l'odoi'at et par h: toucher. La première chose que faisaient les sujets, après l'excitation de la conscienciosité, était de prendre un air pensif, puis ils se mettaient à sentir, à renifler dans l'air ; ils découvraient alors les personnes qu'ils avaient volées et leur rendaient leurs objets. Quand on leur demandait ce qu'ils faisaient, ils répondaient : » Je rends quelque chose que j'avais volé. » A la question, comment reconnaissez-vous la personne? (qui était allée à l'autre extrémité de la pièce) la réponse fut: « Je la sens. » Chaque fois que l'expérience était renouvelée, les résultats et les réponses étaient les mêmes; tous les assistants purent s'en convaincre. Un autre sujet fit la

PERCEPTION DES BRUITS TRÈS LÉGERS ll3

même chose avec le sens de l'odorat excité à l'état aigu, mais quand j'essayai l'expérience avec le sens de l'odorat émoussé, il déposa simplement l'objet volé sans le remettre à son propriétaire. J'avais donc une preuve, et positive et négative, que l'exaltation de l'odorat était la cause de cette restitution à la personne volée ; le toucher était le guide quand l'objet était rapporté à sa place. J'ai vu ces restitutions exécutées avec la même promptitude et la même exactitude quoique six, huit ou douze facultés eussent été excitées et manifestées avant l'excitation de la conscienciosité; les manifestations étaient les mômes chez tous les sujets que j'ai éprouvés ; quelques-uns, cependant, rejetaient les objets comme s'ils eussent été frappés d'horreur.

J'ai pu m'assurer que, en vertu de leur puissante aptitude à entendre les bruits extrêmement faibles, les sujets pouvaient imiter les mouvements de mâchoires etd'autres mouvements de l'opérateur, et, ce qui est plus curieux encore, c'est qu'ils semblent posséder celte puissance de discerner les bruits irès faibles et de ne pouvoir être affectés, du moins, en apparence, par les bruits très éclatants. Il en est de même du toucher. Dans certains cas, les sujets sont absolument insensibles aux piqûres, aux pincements, aux blessures, mais tellement sensibles à un courant d'air ou au frôlement d'une plume d'oie, ijuc ces derniers moyens les réveillent instantanément, quand les premiers n'avaient eu aucune influence. C'est probablement là la cause des efl'ets si remarquables d'un courant d'air qui réveille la seubibililé cutanée, dirige l'influence nerveuse vers la peau en la retirant des muscles en rigidité, et qui, détruisant l'état catalepliforme, permet au sang et à la vis nervosa de circuler de leur façon habituelle. Ce dernier changement, se produisant par degrés, peut être la cause probable de la sensation d'aiguilles et d'épingles, parcourant les extrémités et produisant au contact du doigt cette fibrillalion, etc., dont nous avons déjà parlé.

Je suis certain, en concluant ce chapitre, que les faits qui y sont contenus doivent paraître, à beaucoup de mes

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lecteurs, surprenants et invraisemblables ; quelques-uns seront tentés de croire que j'ai pu (Mre induit en erreur. Je le sais : sous prétexte que bon nombre des manifestations pourraient être simulées, on a allégué que les sujets, produits en public trompaient leur opérateur, ou bien qu'opérateurs et sujets s'entendaient entre eux dans une honteuse supercherie. En ce qui concerne mes propres patients, j'ai pris toutes les précautions possibles pour ne pas être trompé ; dans ce but, j'ai invité les personnes les plus sceptiques à ma connaissance, tant médecins qu'appartenant à d'autres professions, afin que les épreuves fussent conduites avec une rigoureuse exactitude ; je suis, pour ma part, entièrement convaincu de la réalité des phénomènes chez mes sujets, et j'aime à croire que les autres sont tout aussi sincères que moi. On a instruit et présenté des personnes en public pour démontrer la possibilité d'entente mutuelle entre instructeurs et élèves ; le but était de rendre suspecte la sincérité des sujets exhibés par les autres conférenciers. Mais, parce que la simulation est possible dans une large mesure, faut-il juger ainsi une importante question ? On devrait avoir des preuves positives avant de formuler un tel grief, avant d'attaquer ainsi une personne quelle qu'elle soit, surtout en présence des nombreuses preuves contraires que nous fournit le témoignage de tant d'expérimentateurs et de tant de patients sensibles. Il n'est assurément pas équitable d'affirmer que, sous prétexte qu'il existe des voleurs adroits, il n'y a pas, au monde, un honnête homme.

Quels actes peut produire un patient à l'encontre des lois naturelles, pendant qu'il se trouve sous l'influence de (|iielque mobile artificiel plus puissant que l'impulsion émanant des sentiments spontanés? Là n'est pas la question à trancher. Je ne sais ce qu'on pourrait accomplir dans ce sens, car je n'ai pas fait d'expériences en rapport avec celte brandie de l'étude. On sait, cependant, que, déjà en décembre 1811, j'ai indiqué la docilité remarquable des pa-

TRÉCAUTIONS A ADOPTER IIS

lienli pendant l'hypnotisme ; docilité qui les poussait à se rendre à tous les désirs, convenables, réels ou supposés d'autrui. Sans doute, l'on pourrait leur apprendre à manifester, pendant l'hypnotisme, des tendances contradictoires et d'accord avec des conventions ; la même chose, du reste, pourrait leur être enseignée pendant la veille ; ils appelleraient ainsi le noir blanc et le blanc noir, déclareraient que la nuit est le jour et le jour la nuit, et ainsi de suite pour tout, mot ou action. La vraie question à établir me semble être celle-ci : les passions, les émotions, les facultés intellectuelles peuvent-elles, pendant l'hypnotisme, être excitées par le simple contact ou la friction sur certains points sympathiques de la tête et de la face, sans qu'il y ait au préalable connaissance phrénologique, instruction ou suggestion, ou encore sans que les questions soient posées de manière à produire naturellement dans l'esprit ces passions, ces émotions ou ces manifestations mentales et corporelles ? Ma propre expérience semble me permettre de répondre affirmativement, et je vais produire encore d'autres exemples qui ont fait entrer chez moi la conviction. .Je pratiquai séparément sur deux jeunes servantes, fortes et en bonne santé, qui ignoraient entièrement la phrénologie, qui n'avaient jamais vu d'expériences, et dont l'une était sceptique au point de vouloir me persuader qu elle serait absolument insensible à l' hypnotisme . ie réussis, dans une première épreuve, à les hypnotiser toutes deuxetà développer un grand nombre d'organesprincipaux, correspondants, par exemple, au désir de manger, à la bienveillance, à l'amitié, à la pitié, au dévouement, à l'amour-propre, à l'amour de la louange, à l'imitation (elles parlèrent facilement et correctement cinq langues), au vol par l'excitation de l'acquisivité, et la restitution au propriétaire en l'endroit même par l'excitation de la conscienciosité ; l'organe de l'éventualité fut très remarquable ; il fut mis à l'essai deux ou trois fois chez chacune ; elles pouvaient, pendant l'excitation de cet organe, rappeler exactement les événements du jour précédent, fait qui

leur était impossible avant la slimulation de l'organe; d'autres organes furent encore excites et donnèrent naissance à des manifestations diverses de forme, figure et couleur. Ces expériences avaient été faites devant plusieurs amis qui furent étonnés des résultats ; en effet, plusieurs manifestations des plus remarquables s'étaient effectuées sans l'échange d'une parole. Les patientes ne furent pas opérées ensemble ; ne se connaissaient point ; elles ne sévirent point.

M. T.., âgé de 45 ans, entièrement ignorant de laphrénologie, et qui n'avait jamais vu d'expérience phréno-hypnotique, fut hypnotisé sans s'attendre à l'expérience que j'allais pratiquer. Au contact de la « bienveillance, » la manifestation fut si forte queje dus m'arrèter immédiatement ; « l'amour-propre » fut très nettement caractérisé; " l'idéalité « également, puis, celle-ci ayant été combinée avec le « ton et le langage », il se mit à chanter dès que j'appuyais sur le dernier organe ; il cessait son chant quand je cessais la pression, et quand je la renouvelais, il le reprenait aussitôt à la même note et au même mot. Je provoquai aussi les spectres habituels à la pression de la région orbilaire. Réveillé, il se montra tout à fait inconscient de ce qui s'était passé. Il fut soumis trois fois aux épreuves, et chaque fois avec des résultats semblables, seulement des manifestations additionnelles eurent lieu. Ses amis, qui étaient présents, peuvent témoigner qu'aucune suggestion pouvant déterminer ces manifestations ne lui fut faite. De même, sa femme, qui n'avait jamais rien vu de semblable, fut opérée, et donna lieu à un nombre considérable de manifestations très nettes. Leur fille, qui avait été tenue à l'écart, fut appelée dans la chambre et opérée ; il y eut chez elle un grand nombre de manifestations par la simple pression et la friction légère sur les téguments. Aucun des trois ne put se rappeler ce qui s'était passé.

W... T.., un jeune garçon, avait été magnétisé et avait dunné lieu à quelques manifestations. On lui fit subir nne nouvelle épreuve en public, mais sans succès. On me pria

de l'essayer, et je réussis, tout de suite, à provoc[uer chez lui un certain nombre de manifestations.

Au contact delà bienveillance, ilôta son paletot pour le donner à un malheureux ; puis, après d'aulres manifestations, quand il lut réveillé, il sembla très surpris de se trouver sans paletot.

JohnW..., âgé de 22 ans, avait été magnétisé en public; on espérait produire les manifestations phrénologiques, mais il devint si apathique(|ue l'expérience manqua totalement. On me pria ensuite de l'essayer à ma manière devant plusieurs témoins;je réussis immédiatement à provoquer plusieurs phénomènes ; la pitié était si fortement caractérisée qu'aucun doute ne pouvait subsister dans l'esprit des assistants; il y avait non seulement des soupirs et des sanglots, mais encore des larmes qui coulaient à flots sur son visage. Voulant exciter l'imitation du côté droit, je n'obtins aucun effet ;j'attribuai cela aux résultats d'une blessure qu'il avait reçue, qui avait détruit le tégument et causé une exfoliation de la table externe du crâne. Je fis mon essai du côté opposé, et la faculté se produisit d'une façon parfaite. Cette cii'constance semble bien confirmer ma théorie, a savoir que les manifestations tiennent à un état particulier des nerfs du cuirchovclu. En continuant les épreuves, j'obtins d'autres manifestations sans autre moyen que la simple excitation des téguments par la pression et la friction. On peut ainsi exciter ces manifestations générales, mais ce qui est bien plus curieux, on peut, en excitant les points antagonistes des hémisphères opposés, provoquer des sensations opposées dans les dilTérents côtés du corps. Si des facultés antagonistes sont excitées du même côté, la plus forte des deux sera seule en action, n Ces influences opposées des deux côtés, » a dit le D'' EUiotson, «sont les expériences les plus belles, les plus étonnantes de toute la physiologie ; » ce sont aussi les plus beaux exemples de l'exactitude du quinzième aphorisme de M. Mayo,dans son livre du Nervous system and ils functions, page 28, oîi il dit : « Chaque moitié latérale d'un animal

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vcriùbré a une vitalité séparée, c'est-à-dire la conservation de la conscience dans nne moitié est indépendante de sa conservation dans l'autre. » Les vivisections nous ont, il est vrai, déjà prouvé ce fait, mais non d'une façon aussi belle ni aussi humaine que les expériences présentement citées et que celles mentionnées à la page 63 de ce volume. Mlle S..., qui n'avait jamais vu d'expérience phrénohypnotiquc et qui ne connaissait rien de la phrénologie, présente, à la première épreuve, un grand nombre des manifestations principales ; à la seconde et à la troisième épreuve les manifestations contraires se produisent d'une manière tout à. fait remarquable. Sous l'influence de l'amitié et de l'adhésivité, elle embrassa une dame de la manière la plus affectueuse, et sous l'empire de la destructivité excitée du côté opposé de la lèle, elle se précipita avec violence pour repousser un ennemi imaginaire, tandis que, de l'autre bras, elle s'efforçait de proléger son amie. Si je ne l'avais pas maintenue, elle se serait certainement jetée par la fenêtre. Réveillée, elle ne se souvenait pas de ce qu elle avait fait. Mme C..., également ignorante en phrénologie, donna lieu aux mêmes phénomènes ; chez elle la musique eut un effet remarquable, elle eut de l'extase, puis se mit à danser très gracieusement. Au réveil, elle avait toutoublié.Miss..,,ne connaissait rien delà phrénologie, n'avait jamais vu d'expérience et croyait que l'on voulaitseulement essayer de l'hypnotiser ; elle avait confié à un ami, qui nous la pr(''seiita, qu'elle ne croyait pas que l'on pi'it l'endormir, lîllc manifesta la vénération avec solennité, aspiration et profonde dévotion ; lorsqu'on louchait à la fois l'idéalité et le langage, elle tombait dans l'extase, exprimant son bonheur et son espoir d'aller au ciel ; avec « l'estime de soi-même » elle montra une vanité et une pruderie exagérées ; avec la « fermeté » elle se montra très décidée; « l'adhésivité et l'amitié » d'un côté, « la combativité et la deslructivité » de l'autre, donnèrent lieu aux maiiifeslations accoutumées ; avec « l'imitation » elle imita dans la perfection toutes les langues qu'on lui lit entendre ;

« la bienveillance » fut très marquée, allant jusqu'aux larmes; « l'acquisivité, la coiiscieiiciosité, l'éventualité, le désir de manger, de sentir, les spectres, .. etc. , etc., tout fut essayé et donna des manifestations nettes. La patiente était entièrement inconsciente de tout ce qui s'était passé et la personne qui me l'amena sait qu'il n'y eut pas de suggestions. La patiente s'est soumise aux épreuves une seconde fois depuis avec des résultats identiques.

Quelques personnes, excellents critiques, ayant assisté aux opérations pour la dernière patiente ainsi que pour deux autres, et ayant exprimé leur profond étonnement de l'exactitude et du naturel des manifestations de chaque passion et émotion, demandèrent à voir un autre sujet opéré pour la première fois. Je leur fis l'offre d'opérer sur trois jeunes dames qu'ils m'avaient présentées cette même après-midi, et que je ne connaissais pas auparavant ; l'une d'elles était même étrangère à notre ville ; elle arrivait du sud de l'Angleterre, ne connaissait pas l'hypnotisme ni la phrénologie, et n'avait confiance ni dans l'un ni dans l'autre, et cela malgré ce qu'elle venait de voir. Cette jeune personne, Mlle S..., prit donc place, sceptique robuste, mais quelques minutes plus lard, elle était non seulement plongée dans l'hypnotisme, mais elle nous offrait encore l'exemple le plus beau et le plus caractéristique de l'induence phrénologique pendant l'hypnotisme, par la simple stimulation des nerfs du cuir chevelu et de la face. Dès que la v vénération » fut touchée, ses traits prirent l'expression de ce sentiment ; elle joignit les mains et tomba à genoux dans l'altitude de la plus humble adoration ; « l'espérance » étant touchée en même temps, ses traits s'illuminèrent, elle parut en extase ; ses mains s'étaient disjointes, et elle se livrait à des mouvements de joie ; (< l'idéalité » étant ajoutée, l'extase se développa d'une manière excessive. Je transportai le point de contact à « la fermeté », elle se leva soudain et prit une attitude de défi ; avec « l'eslime de soi-même d, elle se mit à arpenter la chambre de l'air le plus suffisant ; « l'amour

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de la louange » était peint sur ses traits à la perfection ; avec « l'imitation », elle imita exactement tout ce qui fut fait ou dit en toutes langues ; sous l'influence de «l'amitié et de l'adhésivité », elle s'empara de moi; «la combativité » étant stimulée en même temps de l'autre côté, elle me frappa avec la main du côté touché, tout en me retenant de l'autre, comme pour me protéger. Sous l'influence de « la bienveillance », elle sembla très afl'ectée et voulut distribuer ses biens aux malheureux imaginaires que lui dépeignait sa fantaisie ; sous " l'acquisivité » elle vola, et sous « la conscienciosité », elle restitua ; sous « le son « elle désira qu'on fit de la musique et se mit à chanter; on lui joua une valse, et elle dansa avec une grâce et une élégance que nous n'avions jamais rencontrées jusqu'ici. Les manifestations avec « l'éventualité » furent aussi très remarquables ; le désir de manger, de sentir fut aussi excité ; ainsi que les formes, les figures, les couleurs, etc.; avec « la philogéniture, » elle fut admirable. Tout ceci eut lieu à une première épreuve ; il s'agit, on le sait, d'une étrangère; ses amis intimes et d'autres assistants peuvent témoigner qu'il n'y eut pas la moindre suggeslion d'aucun côté, et que, réveillée, la patiente était absolument inconsciente de tout ce qui s'était passé.

Cotte personne fut, deux fois depuis, soumise à l'dpc'ration, et toutes ces manifestations et d'auti'es encore furent produites de la manière la plus parfaite ; sir Thomas Arbuthnot, le major Wilbraham, le colonel Wemyss, le révérend M. P..., et un autre grand dignitaire de l'Église, ainsi que la famille et les amis de la patiente étaient présents et peuvent témoigner de l'exactitude de tous ces faits ; ils furent témoins que, sous l'influence de l'organe des « nombres » elle se mit à faire des chiffres, et que sous celle de « la constructivité et de l'idéalité «, elle fit un bon croquis d'un cottage, avec portes et fenêtres très correctes. L'oncle de cette patiente fut si étonné et si flatté de ce qu'il avait vu, qu'il me pria d'hypnotiser une de ses filles. J'accédai à son désir ; j'hypnotisai l'aînée, et toutes

les maiiifeslations se produisirent chez elle aussi nettement que chez sa cmisine. Sous l'influence de « l'adhésivité et de l'amitié, » elle s'attacha à moi, et en réponse à l'excitation de la « combativité » du côté opposé de la tête, elle frappa, avec le bras de ce côté, deux assistants (qu'elle supposait vouloir m'attaquer), de telle façon que l'un des deux roula presque à terre ; elle me retenait de l'autre bras le plus amicalement possible. Sous l'empire de « la bienveillance, » elle déborda de compassion; sous « l'acquisivité, » elle vola avidement tout ce qu'elle put saisir, et retint les objets, pendant que j'excitais de nombreuses autres manifestations; mais, dès que mes doigts touchèrent la « conscienciosité », elle jeta, comme frappée d'horreur, tout ce qu'elle avait volé, et éclata en sanglots ; on lui demanda pourquoi elle pleurait : « J'ai mal fait, j'ai mal fait, » répondit-elle, suffoquée de douleur. J'excitai alors « l'imitation et l'idéalité », et elle se mit à l'instant à rire et à danser. Ayant excité l'organe de « la forme avec l'idéalité, » je lui demandai ce qu'elle voyait. « Le diable, » me répondit-elle. De quelle couleur est-il ? « Noir. >> Pressant les sourcils et répétant la question : « Rouge » fut la réponse, et le corps devint à l'instant rigide tandis que les traits ofl'raient l'image la plus complète de l'elfroi. « La desiructivité », fortement développée, ayant été touchée, elle porta, à son père, un coup de poing dans la poitrine, il chancela et faillit tomber. Si je ne l'avais maintenue, son père aurait pu être blessé. Ayant excité la « vénération, l'espérance, l'idéalité et le langage », nous efimcs l'exemple le plus frappant de l'extase poussée à l'extrême ; réveillée, elle n'avait conscience de rien ; elle se rappelait seulement avoir entendu de la musique et avoir dansé. Les manifestations de philogéniture furent admirables '.

■1. Il y avait une douzaine de personnes préscnles, parmi lesquellea M. Vandcnlioff. 11 avait la réputation [d'un artiste accompli, et je le priai de vouloir bien tout surveiller avec la plus grande attention, à

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