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TIC DOULOUREUX

13° CAS. — W. M'Leod souffrait, depuis deux mois, d'une violente attaque de tic douloureux de la tête et de la face, qui avait résisté au traitement prescrit par son médecin. Il avait pris du carbonate de fer en grande quantité. Après unze minutes d'hypnotisation il se réveilla débarrassé de ses douleurs qui ne se montrèrent plus avec la même violence ; en quelques séances, il fut complètement guéri. La guérison se maintint pendant un an, puis l'état général de sa santé exigea d'autres remèdes, mais, je le répète, la violence du tic avait disparu avant ([u'il prit une seule dose de médecine.

16° CAS. — Unejeune personnesoulfraildetic douloureux, ses douleurs étaient si violentes que j'entendais ses cris avant d'entrer dans la maison. Les paroxysmes étaient si rapprochés, qu'à la première épreuve elle se réveilla avant d'être complètement hypnotisée. Je lui fis prendre trente gouttes de laudanum dans un peu d'eau, j'en mis aussi sur le cataplasme qui lui recouvrait la figure et je recommençai l'épreuve. En cinq minutes, elle paraissait plongée dans un sommeil confortable, les traits placides, la respiration calme, pas un muscle ne semblait bouger pendant le temps que je restai dans la chambre (un quart d'heure), tandis qu'elle avait, avant ce moment, un paroxysme violent toutes les trois minutes. Après l'avoir quittée pendant assez longtemps, je remontai et la revis dans la même position, dans la même apparence de sommeil calme et placide. Quand je revins le matin suivant, on me dit qu'elle avait dormi pendant cinq heures et demie, et n'avait plus souffert à son réveil. Elle avait été endormie et ses douleurs avaient été arrêtées dans l'espace de cinq minules ; on ne peut donc pas attribuer ce résultat aux quelques gouttes de laudanum qu'elle avait prises et qui n'auraient pas suffi à arrêter des crises si violentes, et, de toute manière, certainement pas dans l'espace de cinq minutes '.

1. Voici une confu'malion du cas ei-dessus, faite pai' M. MuUard, phai'macien, qu'on avait appelé cljez cette malade avant moi ; je la

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17" CAS. — Miss... souffrait beaucoup d'un tic douloureux depuis plusieurs semaines, et s'était fait arracher plusieurs dents sans soulagement. Pendant un violent paroxysme, je pus réussir à l'hypnotiser ; au réveil la douleur avait disparu et ne s'est plus reproduite depuis.

Dans l'affeclion à laquelle ces cas se rapportent, il existe souvent une irritabilité de la peau telle, qu'un léger contact au-dessus du nerf afl'ecté suffit pour provoquer une crise. Je vais maintenant présenter quelques exemples de l'état opposé, où se trouve une insuffisance ou une perte complète de la sensibilité ; états qui cependant furent très améliorés ou entièrement guéris par l'hypnotisme. L'observation suivante est un exemple de son heureuse application, dans un cas de paralysie de la sensibilité et du mouvement.

18" CAS. — Mme Slater, âgée de 33 ans, avait beaucoup souffert dans l'automne de 18-41, pendant le cours d'une

transcris i cause de l'intervention injiistifialjle de quelques confrères malveillants. « J'étais présent chez Miss G., quand M. Braid vint la voir pour une violente douleur qu'elle avait dans la face, et qui se produisait par paroxysmes, comme dans le tic douloureux. J'avais appliqué des cataplasmes et d'autres remèdes que j'avais sous la main, mais on avait envoyé chercher M. Braid, médecin de la famille, îl cause des souffrances de la malade. On entendait ses cris de chez moi pendant les crises qui duraient environ une minute et demie et se reproduisaient après une minute d'intervalle. M. Braid put l'entendre crier en entrant dans la maison ; un instant après, dans sachambre à coucher, elle avait une autre crise. M. Braid essaya de l'hypnotiser i sa façon habituelle, mais elle fut réveillée par la violence de sa douleur. Il lui (it alors prendre quelques gouttes de laudanum dans de l'eau et en arrosa un cataplasme qu'elle se remit sur la figure, après quoi il recommença son opération. Elle fut rapidement endormie, et en moins de cinq minutes ne donnait plus signe de souffrance. Nous restâmes, M. Braid et moi, près de trois quarts d'heure dans la maison, et sortîmes pendant qu'elle dormait encore avec calme. J'appris au matin qu'elle avait passé une bonne nuit, ayant dormi environ cinq heures et demie, et que le tic douloureux ne s'était pas reproduit. J'ai relu chaque mot de cette déclaration avec soin avant de la signer.»

Signé : A.-T. Mulurd.

Le 21 juin 1812.

M'"'' SLATER, l'AHALYSlE 175

grossesse. Elle fut délivrce en décembre de la même année d'un enfant de sept mois. A partir de cette époque, ses jambes, qui étaient faibles depuis quelque temps, devinrent plus faibles encore, et en peu de temps elle perdit tout mouvement volontaire, en même temps que lasensation dans les deux membres inférieurs. Elle avait été soignée par trois médecins, mais comme, en dépit des remèdes, le mal empirait, au lieu de s'amender, on avait perdu tout espoir et on avait abandonné tout traitement depuis quelque temps quand on vint me consulter le 22 avril 1842. Je constatai qu'elle avait non seulement perdu la sensibilité et le mouvement volontaire des jambes et des pieds, mais encore que les genoux étaient fléchis et rigides, les talons relevés, les pieds courbés et fixes dans la position d'un varus équin. Les règles ne s'étaient pas rétablies depuis ses couches, mais aucune autre fonction de sécrétion ou d'excrétion ne paraissait en défaut. La parole était hésitante, et la mémoire mauvaise. Je la mis en hypnotisme et j'essayai alors de régulariser l'action morbide des muscles, et la mauvaise position des pieds et des jambes. Cinq minutes après, je la réveillai ; elle se mit à remercier le Ciel de ce qu'elle sentait maintenant cfCelle avait des pieds, de ce quelle sentait le plancher sous elle, ei de ce quil lui était possi/jh de remuer ses orteds. Je la fis lever, et soutenue par son mari d'un côté, par moi de l'autre, elle put traverser sa chambre et revenir à son canapé, en supportant, au moins pour la moitié, le poids de son corps sur ses jambes. L'opération fut répétée dans la soirée du même jour, après quoi, elle put se tenir sur la plante des pieds ; elle demanda seulement qu'on la soutint de la main derrière le dos. Avant les opérations, les talons étaient relevés, et les pieds contournés de telle sorte qu'elle ne pouvait toucher le plancher qu'avec la partie du bord externe du pied avoisinant le petit doigt. Elle fut opérée quotidiennement pendant plusieurs jours, avec amélioration constante, de sorte qu'à la fin de la semaine elle pouvait aller et venir seule dans son magasin, en se

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souleiiaiit un peu au mur, et quiuze. jours plus tard, elle marchait sa«s assistance ancuii".. Deux mois après ma première visite, elle alla à Liverpool et put faire une course de plusieurs milles dans sa journée. Elle avait parcouru la distance qui la sépirait du centre delà ville aux quais, puis, de retour elle était allée à Everton et en était revenue dans la même journée, ce qui faisait plusieurs milles, en partie sur des routes mrmlantes. Elle n'eut pas de rechute et s'est bien portée depuis.

Quelques jours après la première opération, les règles s'étaient montrées chez elle pour la première fois depuis ses couches. Pendant les premiers jours de son traitement, elle ne prit aucune médication interne, et ne fit aucune application sur ses jambes; son amélioration extraordinaire ne peut donc être attribuée qu'à l'hypnotisme. fie ne fut que plus tard qu'elle prit un léger purgatif, suivi d'un diurétique, sous l'influence duquel je pensais accélérer la guérison ; mais la sensation et le mouvement dans les jambes et dans les pieds étaient déjà en partie rétablis, la parole était parfaite, et la mémoire beaucoup améliorée, avant qu'elle ne prit la moindre médecine. La guérison est donc strictement le résultat de l'hypnotisme seul.

Les eiïets extraordinaires, manifestés dans ce cas, ainsi que dans tant d'autres, après quelques minutes d'opération, — effets si différents de ceux que l'on peut obtenir par l'application des remèdes ordinaires, — peuvent paraître étonnants aux personnes qui ne connaissent pas la puissance de l'hj'pnotisme. Un m'a conseillé, pour cette raison, de les cacher, car de nombreuses personnes pourraient les considérer comme impossibles et rejeter d'autres faits moins étonnants quoique non plus exacts. Cependant, dans toutes les observations que j'ai recueillies j'ai cru de mon devoir de rapporter les faits tels que je les constatais, et de ne faire aucun compromis avec les notions préconçues ni avec les préjugés de n'importe qui.

19° CAS. — Samuel Evans, âgé de 45 ans, souffrait, depuis quatre ans, de douleurs dans la colonne vertébrale, ainsi

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