‹ NeurypnologieChapitre 45 sur 63 · M""" J.-M. MORRIS · texte numérisé non relu

M""" J.-M. MORRIS

l'amélioration était permanente ; l'opération fut répétée et suivie de bons effets. Le 17, l'amélioration avait progressé, et s'accentua encore après l'hypnotisation pratiquée ce jour-là. A ce moment, et en s'appuyant sur l'épaule de sa belle-mère, elle pouvait se soutenir sur la jambe gaucbe, le pied droit soulevé au-dessus du plancher. La parole é(ait devenue plus nette encore, et ses idées assez précises pour que je pust^e l'hypnotiser presque sans difficulté.

Elle fut opérée tous les jours, avec avantage, jusqu'à la fin du mois, et je la fis voir à plusieurs médecins et personnages scientifiques de la ville. Pendant les deux mois qui suivirent, comme elle se trouvait beaucoup mieux, elle ne fut opérée que de temps en temps. En quelques semaines, elle marchait jusqu'à la porte, en s'appuyant contre le mur, et elle put, un peu plus tard, sortir dans la rue, appuyée sur une béquille. Elle ne prit aucune médecine pendant ce traitement. Je ne la voyais plus que de temps eu temps, quand le 17 septembre, neuf jours après ma dernière visite, elle fut frappée d'apoplexie pendant sa promenade habituelle ; elle succomba seize heures après l'attaque. A l'examen, on trouva le lobe supérieur et antérieur droit du cerveau atrophié dans sa totalité ; le ventricule, rempli de sérosité, était recouvert par une légère couche de substance cérébrale à l'état de ramollissement; de la sérosité séparait aussi la pie-mère et l'arachnoïde. Il n'y avait pas d'effusion sanguine. Il n'est pas surprenant qu'un cas semblable ait résisté aux traitements antérieurs, ni qu'il se soit enfin terminé fatalement; mais il semble étonnant qu'avec un tel état du cerveau l'hypnotisme ait pu produire une telle amélioration.

23° CAS. — M. Thomas Morris, âgé de 42 ans, vint me consulter, le 14 juin 1842. Il avait eu, quinze ans auparavant, une attaque de paralysie, qui l'avait entièrement privé de l'usage de la jambe droite et avait rendu la gauche faible et insensible. Six semaines après, il s'était remis à marcher un peu, mais ne s'était jamais entièrement rétabli ; il était resté faible et boitait toujours. Il y a quinze mois, il eut une

Braid. H

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seconde attaque, avec perte complète de connaissance qui dura toute une semaine, et avec perte du mouvement volontaire dans tout le corps. Il y eut rétention d'urine et, pendant plusieurs semaines, il fallut le sonder. En dernier lieu, il y avait, à certains moments, de l'incontinence d'urine, à d'autres il pouvait uriner seul, mais avec difficulté. Il n'a jamais recouvré assez de force dans les jambes pour pouvoir se tenir debout ou marcher sans aide ; depuis six mois, son état s'aggrave. Ses bras sont très faibles : il lui est impossible de soulever le droit au-dessus de la tête ; il ne le meut, du reste, qu'avec la plus grande difficulté. Sa parole est gênée, et ses idées sont si confuses qu'il lui est très difficile de se faire comprendre. Je l'hypnotisai pendant cinq minutes, après quoi il parlait beaucoup mieux ; il pouvait alors soulever son bras et soutenir un parapluie au-dessus de sa tôle, ou perpendiculairement à son corps, avec grande facilité, il pouvait traverser la pièce et revenir à sa place, sans aide, yjo(«' la première fois depuis sa dernière attaque.

Signé: Tuos Morris.

Témoins: John Suipley.

Duncan Slrcct, Slrangeways.

G. G. Morris.

John W. Pacey.

James Braid, Junior.

Le 15, j'eus la satisfaction de constater que l'amélioration m.tée ci-dessus se maintenait, et de plus, qu'il avait le contra e parfait de son urine, la retenant et l'épanchant à volonté ; on se rappelle qu'il la rendait involontaïreineni, le jour et la nuit, dans la période précédant iinmédiatetnenl son hypnotisation. Il fut hypnotisé de nouveau aujourd'hui, toujours avec avantage. Le 17, je le trouvai encore mieux ; il avait pu sortir, à l'aide d'une seule canne, pour Idi première fois depuis cinq ans.

L'opération fut répétée.

Le 18, il était encore mieux, et avec ses deux cannes,

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il avait été seul jusqu'à la rue Ducie. L'opération fut répétée.

Ce malade continua à aller mieux, et le 20 juin il parut à ma conférence. Sa parole était devenue bien meilleure, immédiatement après la première opération, et ses idées semblaient plus claires et plus vivaces. Il put aussi signer son nom, ce qu'il fît d'une façon très nette, pour la première fois depuis sa dernière attaque. Je ne dois pas oublier d'ajouler qu'il avait recouvré le contrôle de son sphincter anal ; en dix jours, il avait acquis assez de force dans les mains pour se livrer à quelques travaux. Son état avait fait des progrès considérables quand il eut le malheur de faire une chute et de se blesser dans la région lombaire ; cet accident enraya l'amélioration qui s'était produite dans les jambes. Le mieux est un peu revenu, mais il n'est pas aussi caractérisé que quelque temps après le début de mon traitement. Les bras, toutefois, conservaient la force acquise récemment, car je vis le malade, dernièrement, soulever une chaise de la main droite et la maintenir à bras tendu ; l'esprit est beaucoup plus lucide qu'avant l'hypnotisation. Je dirai encore qu'il a de temps à autres des crises d'entéralgie dont il soufl're beaucoup.

Il serait difficile de produire une preuve plus frappante de la puissance de l'hypnotisme ; ce cas présentait plusieurs points en souffrance, qui, tous, furent améliorés, et d'une façon constante pour quelques-uns.

24° CAS. — .M. John W...,àgé de21 ans, vint me consulter le 18 avril 1842, pour un état paralytique du côté gauche de la face ; cette affection existait depuis treize jours. 11 n'avait aucun contrôle sur les muscles du côlé gauche ; la bouche était déviée à droite, et il ne pouvait fermer l'œil gauche. Dix minutes après l'hypnotisation, et après des frictons, il ouvrait et fermait son œil avec facilité, et ramenait sa bouche dans la position accoutumée.

2.'î° CAS. — Je fus consulté, le M juillet, par Samuel Edward, qui avait été obligé d'abandonner son travail de-

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puis six semaines, à cause d'un état paralytique des muscles extenseurs du poignet, et d'un état semi-paralytique des muscles fléchisseurs ef des muscles extenseurs des doigts. Il s'était blessé le bras environ deux ans auparavant en recevant un coup et en soulevant un poids trop lourd. L'état paralytique s'établit tout d'un coup, siv semaines environ avant que je ne le visse ; cet état était accompagné d'une sensation de fourmillement ou de piqûres dans les doigts. Je l'hypnotisai, mettant, autant que possible, les muscles faibles et paralysés en action. Par suite de cette manipulation, il se vit en état de fléchir et d'étendre le poignet, le bras étant dans la position horizontale et le cubitus en bas ; il recouvra de même la faculté de préhension aussitôt après la première opération. Ces mouvements lui étaient impossibles avant l'hypnotisation, comme purent le témoigner plusieurs personnes des plus respectables, qui as>istaient à l'opération. Dans la soirée du jiiur suivant, il put traire une vache de la main malade et, quand il vint me voir, deux jours plus tard, je pus constater une amélioration considérable. 11 fut opéré de nouveau avec résultat avantageux ; il pouvait alors saisir si fermement les objets qu'il lui suffisait de se retenir d'un doigt pour qu'on pût le tirer de sa chaise, sans qu'il se laissât choir.

Il avait été traité par différents procédés, y compris les vésicatoires, quandj'enirepris son traitement.

II vint me voir, le 17 juillet 1842 ; il avait encore plus de force dans la main.

Après l'opération, il lui fut possible de soulever le coin d'une lourde table, de la main qui, cinq ou six jours auparavant, était tout à fait impuissante. Il me dit qu'il avait pu s'en servir constamment depuis le moment où je l'avais quitté, le 14.

Le 31, il vint me voir ; son amélioration continuait. Il fut opéré de nouveau.

Le 7 août, la première chose qu'il fit une fois entré dans mon cabinet, fut d'étendre le bras, et de me montrer qu'il

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