‹ NeurypnologieChapitre 52 sur 63 · CÉPHALALGIE · texte numérisé non relu

CÉPHALALGIE

continuant sans interruption ne lui laissaient de repos ni le jour ni la nuit. Elle avait aussi, depuis trois semaines, une violente douleur au côté gauche de la poitrine, compliquée de toux. Depuis deu.'C jours la douleur de côté était excessivement violente. Le pouls était rapide, la toux fréquente et violente elle point de côté assez douloureux pour empêcher le développement libre du thorax comme dans la respiration ordinaire. Je constate une grande sensibilité dans la région inter-scapulaire. Je l'hypnotise et, cinq minutes après, réveillée, elle ne ressentait plus de mal de tête, la douleur de côté avait diminué de beaucoup, les mouvements du corps lui étaient devenus faciles, et elle respirait amplement sans grande gêne. Le jour suivant, la céphalalgie n'était pas revenue, et elle souffrait très peu de son côté. Elle est hypnotisée de nouveau avec soulagement ; l'opération est répétée si.v jours de suite ; le point de côté avait alors complètement disparu, elle ne souffrait plus de la tête, elle ne toussait plus, la sensibilité spinale que j'avais remarquée lors de la première opération ne reparaissait pas, et la malade était convalescente. On ne lui avait fait prendre d'autre médicament qu'une potion pectorale pour modérer sa toux.

Je vais maintenant parler de l'irritation spinale, source bien connue de grandes souffrances, non seulement dans le cours de la colonne vertébrale, mais encore, et à cause de son influence sur les origines des nerfs sensitifs, dans différentes parties du corps. J'ai déjà fait allusion à ces faits dans les 16° et 19" observations, où il y avait perte de sensation et de mouvement dans un cas, et douleurs dans les jambes avec contractures dans l'autre. Quand l'affection ne dépend pas d'une inflammation aiguë, je n'hésite pas à dire que les douleurs du rachis elles autres affections douloureuses, dépendant de l'état des nerfs spinaux qui en émergent, peuvent être soulagées plus rapidement, d'une façon plus certaine et plus efficace par l'hypnotisme, que par tout autre moyen que j'aie mis

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en essai, ou dont j'aie entendu parler. Je vais en donner un exemple ou deux.

50° CAS.— Miss C... souffrait, depuis des années, d'irritation spinale et de céphalalgie; les liouleurs s'étendaient autour de la poitrine, de manière que la respiration profonde, ou les mouvements libres de la poitrine étaient intolérables. Je mis plusieurs traitements à l'essai, mais en vain ; je désespérais delà soulager, et à cause de l'extrême difficulté de respirer, je craignais que sou alTection ne se terminât par la phtisie. Je fis l'essai de l'hypnotisme qui réussit immédiatement à faire disparaître toute la séile des symptômes douloureux ; elle fut rapidement rendue à la santé parfaite, et cet étui s'est maintenu depuis.

Si'' CAS. — Miss... souffrait beaucoup, depuis plusieurs années, d'irritation spinale, et avait subi des traitements médicaux assez énergiques. Sa santé et sa force s'étaient rétablies pendant que je lui donnais des soins, mais elle était menacée de rechute. Je l'hypnotisai et, au réveil, la sensibilité spinale avait disparu. Quelques autres opérations amenèrent une amélioration marquée, et elle demeura en bonne santé pendant quelques mois. Il y eut réapparition du mal ; l'hypnotisme fut de nouveau mis en u^age et suivi de soulagement immiidiat.

Je pourrais facilement multiplier les observations de ce genre, si je ne craignais degrossirce volume outre mesure. Je vais maintenant passer à des observations d'action irrégulière ou spasmodique des muscles. J'ai trouvé l'hypnotisme utile dans plusieurs cas de chorée, ainsi que dans des cas de bégaiement nerveux. Il est aussi fréquemment très utile dans l'épilepsie, mais il y a des variétés de celte affection sur lesquelles il n'a aucune action. Ces dernières, je suppose, sont les cas qui dépendent de r.auses organiques et qui résistent à tous les remèdes connus. Il est cependant bien constant que bon nombre de cas que l'on supposait appartenir à cette classe se sont épuisés, ou bien le temps et les efforts de la nature ont effectué quelque modification organique.

IRRITATION SPIXALE, ÉTILEPSIK 211

Je ne saurais actuellement décider si l'hypnotisme continué aurait une tendance à accélérer un résultat favorable dans de tel cas ; mais cela est extrêmement probable, Je suis certain que, dans les cas susceptibles d'amélioration, on estimera ce remède, l'un des plus rapides et des plus certains. Parmi toutes les afîections pour lesquelles on a vanté le mesmérisme, l'épilepsie prend le premier rang, comme nous l'avons déjà dit dans l'introduction. Les effets de l'hypnotisme étant alliés de très près à ceux du mesmérisme, il serait superflu de détailler un grand nombre de cas ; j'en donnerai seulement quelques-uns.

52" CAS. — Une jeune fille, qui avait six ou huit attaques dans les vingt-quatre heures, n'en eut plus qu'une le lendemain de la première opération ; elle n'en eut pas pendant les cinq jours suivants et se trouva guérie en peu de temps.

53* CAS. — John Barker, âgé de 10 ans, vint me consulter, au mois d'août 1812, pour des attaques d'épilepsie. Elles avaient débuté à l'âge de quatre ou cinq ans, se montrant d'abord une fois par semaine ou une fois tous les quinze jours ; à mesure qu'il avançait en âge, elles devinrent plus fréquentes, et quelques mois avant qu'il vînt me voir, elles se répétaient jusqu'à trois fois par semaine. Il avait été à l'hôpital pendant les deux mois qui précédèrent sa visite chez moi; il avait subi diO'érents traitements mais sans résultats, et un des employés delà maison lui avait dit qu'il ne devait pas s'attendre à voir disparaître sa maladie. Je le soumis à mon opération hypnotique, habituelle pour les cas de ce genre ; il fut opéré dix fois en tout et n'eut depuis qu'une attaque, le lendemain de la première séance. Je ne lui fis prendre aucune médecine, à l'exception de trois poudres laxatives. Il y a maintenant neuf mois qu'il n'a pas eu d'attaques.

51° CAS. — Mme B..., mère de famille, était sujette à des attaques d'épilepsie depuis sept ans et, en dépit detous les traitements qu'elle avait suivis, allopalhi(iues et homéopathiques, elle avait une crise au moins une fois par mois.

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A partir du jour où elle fut h^'pnotisée, elle n'eut pas de crise pendant quatre mois, et elle n'en a plus eu depuis.

ob" CAS. — Miss B... avait des crises depuis près de deux ans, et en dernier lieu elle en avait jusqu'à cinq ou six par jour ; elle vint me consulter vers la fin de décembre 1842 ; elle fut hypnotisée sept fois, et ne vit pas reparaître de crises pendant quatre mois; au bout de ce temps elle en eut une et, quinze jours après, une autre.

L'hypnotisme peut être appliqué, avec beaucoup de succès, au traitement de nombreuses distorsions, provenant de faiblesse de certains muscles ou d'un excès dans la force de contraction de leurs antagonistes; je suis certain que, parce moyen, nous pouvons rectifier bon nombre de cas que l'on a jusqu'ici traités par la section des tendons ou des muscles. Les succès que j'ai obtenus jusqu'à présent dans le traitement de l'incurvation latérale du rachis me permettent de parler avec confiance à ce sujet. Je suis cerlnin qu'il est peu de ras l)'ès récpnts que l'an ne puisse guérir rap'idernenl par l'hypnotisme, sans douleurs ni inconvénients pour le malade. Quand l'affection est de longue durée, la patience et la persévérance sont naturellement nécessaires, et quoique, dans ces cas, la guérison puisse ne pas être complète, le malade sera cependant beaucoup soulagé par l'hypnotisme.

La méthode de traitement pour ces cas est d'abord de provoquer le sommeil, puis de mettre en action les muscles qui portent le corps dans sa posture la plus naturelle. Lorsqu'on met ces muscles en activité pendant l'hypnotisme, leur puissance augmente, et ils acquièrent une force qui devient permanente. Quand un côté de la poitrine est plus développé qu'à l'ordinaire, et que l'autre est, au contraire, affaissé, je cherche à contenir le côté agrandi, en lecomprimant pendant le sommeil, tandis que j'instruis le malade à faire de profondes inspirations pour provoquer l'expansion du côté opposé. Je m'efiVirce aussi à faire prendre au malade la position inverse de celle que je considère comme la cause principale de son incurvation.

INCURVATION RACHIDIENNE 213

Comme je l'ai déjà fait remarquer, je suis certain que cette méthode sera rapidement suivie de succès, et d'une façon plus nette qu'aucune autre méthode, particulièrement dans les cas compliquée d' irritation spinale.

50° CAS. — Le cas suivant est un exemple de succès remarquable chez une jeune demoiselle de 14 ans, qui avait eu les conseils de quelques-uns des membres les plus éminents de la profession dans les provinces ainsi qu'à Dublin et a Londres. C'est à l'âge de quatre ans que l'on remarqua qu'elle se déformait. Quand on me l'amena, le 42 septembre 18-42, son menton reposait sur la poitrine, et elle ne pouvait se soulever à cause de la faiblesse des muscles droits dorsaux et de l'état contracture des muscles sterno-cleidomastuïdiens. Une partie du rachis et des épaules étaitrejetée en arrière, les vertèbres lombaires et le bassin faisaient saillie en avant de sorte que la difformité était considérable et que la vigueur de l'esprit, de même que celle du corps, en souffrait beaucoup. Elle ne prit aucun médicament, et on ne fit pas d'application externe, mais elle fut hypnotisée soir et matin, et traitée comme nous l'avons indiqué plus haut. Gomme résultat, elle se tenait mieux au boutde six semaines, et d'autant mieux que lorsque l'on prit les contours de son rachis, on le trouva trois pouces plus rapproché de la perpendiculaire qu'il n'était lorsque je la vis tout d'abord. Pendant toute cette période de temps, on n'avait fait usage d'aucun moj'en mécanique ; et on n'en employa d'autre, pendant mon traitement, qu'un simple support pour le menton, qui devait servir à attirer son attention, jusqu'à ce qu'elle eut l'habitude de soutenir sa tête par le seul effort musculaire, chose qu'elle avait la force de faire. Je dois aussi mentionner que ses facultés mentales s'étaient beaucoup améliorées.

J'ai aussi reconnu que le neuro-hypnotisme soulageait ou guérissait entièrement les douleurs névralgiques du cœur et les palpitations plus rapidement et avec plus d'efficacité que tout autre moyen. En voici des exemples:

579 CAS. — Miss Tomhnson, âgée de 16 ans, dont il a

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déjà été qneslion. Celte jeune personne avait souflert violemment de palpitations douloureuses du cœur, palpitations qui avaient résisté à tous les traitements que lui avaient prescrits des médecins de renom. Après deux hj'pnotisations, l'affection du cœur disparut, et ne reparut plus qu'une fois, mais elle fut immédiatement maîtrisée par l'hypnotisme. Dix-sept mois se sont maintenant écoulé^ depuis la première opération, et sa santé est parfaite.

SS'îCAS. — Miss Stowe, âgée de 22 ans. J'ai déjà parlé de cette malade dans la relation des cas d'amélioration de la vue par l'hypnotisme. Elle avait aussi souffert cruellement de palpitations du cœur, suivies de difficulté dans la respiration et d'hydropisie, ainsi que d'autres symptômes qui firent, croire aux médecins qui la soignaient, et dont l'un était un praticien très distingué, aune maladie organique du cœur;lecasleur semblait désespéré. Après deux séances d'hypnotisation, tout symptôme d'affection du cœur avait disparu (preuve suffisante qu'il ne s'agissait que de dérangement fonctionnel), et elle fut rapidement en excellente santi'' ; ce bon état persiste maintenant depuis douze mois, et est dû seulement à l'hypnotisme. Cette malade avait un écoulement leucorrhéique, qui, depuis des années, résistait à tous les traitements, et dont l'odeur était si repoussante que l'on soupçonnait une affection maligne de l'utérus. Cet écoulement avait complètement disparu une semaine après la première hypnotisation. Elle n'avait pas pris de médicament, à l'exception d'une simple pilule laxative de temps à autre. J'ajouterai encore que son ouïe aussi bien que sa vue avaient été considérablement améliorées.

59' CAS. — M.... avait souffert violemment de dinileurs dans le cœur et de palpitations. Une première séance lui procura un soulagement bien sensible, et une seconde opération le remit complètement ; il est eu bonne santé depuis huit mois.

CO" CAS. — Miss .... avait beaucoup souffert de palpita-

AL'FICCTIUN' \>U COEUR 215

ticiiia de cœur : elle ne pouvait mouler l'escdlier le plus facile sans soullVir immédialement de la façon lapins violente. Je lui fis monter l'escalier devant moi pour l'éprouver. A[rès l'opération, je la priai de remonter le même escalier ; cette dernière ascension ne produisit pas de palpitations, et l'opération ne devint plus nécessaire.

61° CAS. — Un jeune homme souffrait d'une affection valvulaire du cœur, de palpitations et de trouble dans la respiration depuis quatre ans ; cet état était la conséquence d'une fièvrerhumatismale.Ilnepouvaitfaire vingtoutrente pas sans être obligé de s'arrêter ou de s'asseoir Après avoir été ti3-pnolisé pendant quelque temps, il devint capable de marcher la distance d'un mille sans s'arrêter. Il ne fallait pas songer, dans ce cas, à une guéi-ison radicale, à cause du désordre organique, mais aurun autre moyen n'aurait pu faire pour lui ce que fit l'hypnotisme, surtout en si peu de temps.

En parlant d'une des propriétés qui caractérisent l'hypnotisme, celle d'amortir les sensations morbides, je ne dois pas oublier de mentionner qu'il amoindrit ou qu'il prévient entièrement la ilouleur dans les opérations chirurgicales. Je suis certain que l'hypnotisme peut plonger le malade dans cet étal qui le rend complètement inaccessible à la douleur d'une opération, ou qui la modère de beaucoup, selon le temps et la manière de procéder. C'est ainsi que, sous cette inlluence, j'ai extrait des dents à six malades, sans douleur, et à d'autres avec si peu de douleur, qu'ils ne savaient pas que leurs dents avaient été enlevées. Un médecin de mes amis, M. Gardom, opéra de même récemment, et fit l'extraction d'une dent, fermement implantée, sans que le malade accusât la moindre douleur pendant l'opération ; ce malade ignorait même, une fois réveillé, que sa dent avait disparu. M. Gardom enleva une seconde dent à la même personne, et une dent à une autre personne, toujours sans que ces malades eussent conscience de l'opération. Pour atteindre ce but, cependant, je crois que, dans la plupart des cas, il est nécessaire que le patient ne sache

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pas ou ne croie pas que l'opération va èlre faite au moment, autrement la préoccupalion que lui cause l'ai tente peut empêcher l'hypnotisation d'être assez complète pour qu'il devienne entièrement inaccessible à la doukui\ L'observation suivante fera comprendre ce fait.

62° CAS. — M. Walker vient me voir ; il se plaignait d'un violent mal de dents; il désirait faire extraire sa dent, mais il avait tant souffert d'une opération précédente qu'il ne pouvait s'y décider, à moins d'être hypnotisé. Il avait fréquemment été soumis à l'influeoce de cet agent et y était très sensible. Je lui dis que je serais très heureux de faire l'essai mais que, à moins qu'il ne détourne son esprit (k l'opération, il est possible que je ne puisse réussir à faire l'extraction entièrement sans douleur.

Il prend place et est rapidement hypnotisé; mais je ne peux parvenir à produire \a,rigidilé des extrémités, ni l'insensitii/Hé au pincement, phénomènes qui se produisaient en général si facilement chez lui. Je le réveille et l'informe des phénomènes. Il me dit que les choses se passaient chez lui comme d'habitude jusqu'à un certain point, mais qu'il commençait alors à penser, « maintenant il va mettre l'instrument dans ma bouche » ; les effets de l'hypnotisme n'allaient pas plus loin. La douleur avait disparu, il se retire. II revient me voir dans la soirée, et nous faisons un nouvel essai avec les mêmes résultats. L'ayant réveillé, jelui ai dit alors que la chose n'était pas possible à moins de le réduire à l'état d'insensibilité compl'cte, et que j'allais faire l'extraction sans l'endormir de nouveau ; ce que je fais. Il avait conscience de l'application de l'instrument, mais il ressentit si peu de douleur qu'il ne voulut pas croire que la dent avait été enlevée ; et je ne pus l'en persuader qu'en la lui mettant dans la main.

Je le prie ensuite de sesoumettre encore une fois à l'iiypnolisme : il dev'ient alors rigide et insensible, et cela, plus rapidement que cela ne lui est encore arrivé. Il faut donc, si l'on veut faire une opération chirurgicale entièrement sans douleur, à l'aide de l'hypnotisme, obtenir du malade l'au-

DllUr.EURS riŒVENUKS ou SOfLAGÉES 217

torisalion d'opérer à un momenl plus ou moins proche, mais il ne doit,, à aucune condition, savoir quand l'opération sera faite ; autrement, dans la plupart des ras, la réussite sera impossible.

Cependant, il est certain rpie les malades peuvent être opérés avec beaucoup moins de doideur, dans le premier degré de l'hypnotisme, et dans l'attente d'une opération.

L'observation de Mme détaillée sous le n° 63 en

fournit la preuve. J'ai fait d'autres opérations dans des circonstances et, avec des résultats semblables, c'est-àdire, avec diminution considérable de la douleur, quoique 7ion enlièi-emenl sans douleur.

63° CAS. — Une dame avait un abcès provenant d'une affection de la région orbitaire de l'os frontal. L'abcès avait été évacué par une petite ponction ; la blessure s'était cicatrisée par première intention, mais il était nécessaire de l'ouvrir de temps à autre avec la lancette. (]ette personne avait tellement souffert à chaque opération que je crus devoir l'hypnotiser, et quoique je ne me crusse pas autorisé à pousser bien avant l'hypnotisation à cause de l'état du cerveau, elle ne se plaignit plus. Je voulus une fois voir comment l'opération sans liypmollsation l'afl'ecterait, mais les douleurs furent si intenses que je me promis de ne plus l'opérer sans l'avoir endormie auparavant.

63° CAS. — Un adulte, affecté aux deux pieds de pied-bot varus du plus mauvais caractère, avait été opéré une première fois de la façon habitui;lle et une seconde fois pendant la première période de l'hypnotisme. Les avantages momentanés et ultérieurs delà seconde opération furent des plus remarquables. J'ai opéré jusqu'aujourd'hui plus de trois cents pieds-bots, et j'ose affirmer que je n'ai jamais obtenu de résultat aussi satisfaisant que dans l'observation présentement citée.

Dans les cas de dyspepsie, l'hypnotisme rend les plus grands services. Sous son influence, l'appétit augmente chez la plupart des malades, et la digestion devient plus

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facile. Un peut donc présumer que tous leà malaises qui tiennenl au système digestif ou procèdent d'indigestion peuvent être soulagés par l'hypnotisme. Il est bien connu que de nombreuses ati'eclions culanées sont également sensibles à l'influence de cet agent ; l'exemple suivant montrera la puissance remarquable de l'hypnotisme sur les symptômes de ces affections ainsi que sur plusieurs autres qui y sont associés .

fi5° c.\s. — Mme 0., âgée de 33 ans, mère de plusieurs enfants, était très nerveuse depuis quinze ans ; elle avait des tremblements dans les bras, s'alarmait facilement, et était tourmentée par dos cauchemars dont l'intensilé exigeait qu'on la réveillât plusieurs fois pendant la nuit. Elle souffrait aussi sur la poitrine, sur Its seins, et sur la peau de l'abdomen, d'un eczéma invétéré qui, depuis cinq mois, résistait à tous les remèdes externes et internes que pi-escrivaient des praticiens très considérés. Les doi.nts d'une de ses mains étaient au^si couverts d'impétigo. Elle vint me consulter le 31 août 1842 et, hypnotisée le même jour, se trouva fortsoulagée des maux de tête qui la tourmentaient, ainsi que de l'état d'irritation nerveuse dans lequel elle se trouvait. Sijn mari m'assura que, sortant avec elle le même soir, il n'aurait pas cru, s'il ne l'avait vue, que c'élail sa femme qui lui donnait le bras, tant son tremblement habituel avait diminué. Elle dormit profondément cette nuit-là sans être tourmentée par des rêves ni par des cauchemars. Elle fut hypnotisée chaque jour pendant quebjue temps, et enfin elle se remit, sous le rapport de sa santé en général, et de l'alfection si obstinée de la peau. Elle n'avait pris aucune médecine et on n'avait fait aucune application externe, on ne peut donc point prétendre que le résultat ne soit dû entièrement à l'hypnotisme. Sa santé s'est maintenue depuis près de dix mois.

66° CAS. — J. C, âgé de iO ans, était afl'ecté, depuis dix-huit mois, d'un érythème impétigineux, partant d'un point situé un peu au-dessous du genou et s'étendant jusque

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près des orteils. Il souffrait aussi de fortes douleurs dans i'arliculation tibio-larsienne et tout travail lui était impossible depuis cette époque. Aussitôt après la première hypnotisaliiin, il put marcher avec plus de facilité et sans sa canne. L'amélioration fut rapide, et à la fin de la première semaine la m.iladie de peau était presque guérie ; il ne souffrait plus que ti-ès peu de la cheville. Il fut h3'pootisé à peu près quotidiennement jusqu'à la fin du mois sans prendre aucun médicament interne ni externe. Un peu d'on,£;uent fait de blanc de baleine avait été appliqué sur la bande qui enveloppait sa jambe pour l'empêcher d'adhérer au mal ; l'affection de la peau guérie et les douleurs dans la cheville étant peu sensibles, il put, quelques jours plus tard, reprendre son travail. Il avait été traité longtemps, à l'hôpital et en ville, mais son mal empirait au lieu de s'amender. L'amélioration immédiate dans l'apparence de l'nlfection cutanée, ainsi que dans l'état génér.il des deux dei'niers malades, était trop évidente pour admettre le doute au sujet de la puissance remarquable de l'hypnotisme.

Les cas que je vais présenter encore sont des observations de contracture permanente ou de spasme truiique. Ce sont des exemples intéressants de celte forme de désordre, et du succès de l'hypnotisme dans leur traitement.

67° CAS. — M. J. 0., âgé de 21 ans, vint me voir le l"' octobre I8i2, se plaignant d'une douleur dans la tempe gauche, d'un bruit continu dans l'oreille du même côté accompagné de douleurs lancinantes qui se manifestaient de temps en temps ; il n'entendait que très imparfaitement de ce côté-là. 11 lui était difficile d'ouvrir la bouche et de prendre «es aliments, et la mastication était si douloureuse qu'il se privait fréquemment de ses repas. Ses maux avaientcommencé àPàques, etempiraient malgré les soins de deux médecins qui le virent jusqu'à la veille du jour où il vint me consulter. Ce jour-là, 10 octobre 1842, il n'avait pu déjeuner qu'avec grande difficulté, et depuis

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doux jours, il ne dinail que de riz au lait, ne pouvaiil rien prendre de solide. Quand je le vis, il ne pouvait, sans souffrir les plus grandes douleurs, écarter les lèvres de plus d'un demi-pouce ; de plus, à part l'imperfection de l'ouïe dont j'ai déjà parlé, la vue était défectueuse du côte gauche. 11 ne s'en était pas aperçu avant mon examen. Je l'hypnotisai pendant environ huit minutes ; pendant ce temps il me fut possible de lui ouvrir la bouche jusqu'à ce que les dents fussent écartées de près de deux pouces, sans le faire souffrir. Au réveil, les douleurs dans la région temporale avaient disparu ; il ouvrait lui-même la bouche, de façon à ce qu'il y eût une distance d'un pouce trois quarts entre les dents ; cet écartement fut soigneusement mesuré en présence de quatre personnes éclairées qui avaient assisté à l'opération ; il faisait mouvoir sa mâchoire avec la plus grande facilité et sans douleur. L'ouïe était aussi de beaucoup améliorée, ainsi que la vue du côté gauche. Il revint le 2 octobre, et m'apprit qu'il avait pu prendre un bon souper après m'avoir quitté et que le lendemain il avait déjeuné et diné confiirtablement ; l'ouïe était meilleure et la vue était à peu près pareille des deux côtés. Il n'avait pas soufl'ert dans la région temporale depuis son opération, excepté cependant quand il ouvrait la bouche de toute sa grandeur, et alors même, la douleur était insignifiaule. Il ouvrait la bouche à ce moment, avec un écart d'un pouce trois quarts mKuit l'opération, après l'opération l'écart entre les dents fut de deux pouces.

Ce malade revint me voir quelques jours plus tard pour être opéré une troisième fois ; il avait alors conservé l'amélioration notée plus haut, fl devait revenir s'il y avait récidive, et, comme il ne l'a pas fait, je conclus qu'il a continué à se bien porter. Sept mois se sont maintenant écoulés depuis cette époque.

Je vais maintenant citer d'autres cas d'affections spasmodiques, d'autant plus intéressantes qu'elles nous font espérer que le tétanos, la rage, et d'autres affections analogues pourront être arrêtées et guéries par cet agent.

AFFECTIONS Sl'ASMODIOUES CUÉniES 221

C8° CAS. — Une jeune fille fut prise de violents spasmes toniques de la main droite, du bras droit et du côté droit de la face. Un praticien habile fut appelé et prescrivit un vésicatoire à la nuque, un médicament interne, des fomentations etun liniment pour les régionsafTectces. Cependant, les S3'mptùmes devinrent plus intense-;, et on envoya chercher le médecin fie nouveau ; celui-ci était sorti, et, comme on était fort inquiet, on vint me consulter. On avait déjà appliqué le vésicatoire, mais les médicament.s n'avaient pas encore été mis en usage. La main de la malade était fermée, et il était impossible de la lui ouvrir, son bras était si rigide que l'on ne pouvait le bouger ; mais, connaissant l'efficacité de mon nouveau remède, jel'hypnotisai, et, dans l'espace de f/e».e inimiles, je lui ouvris la main avec la plus grande facilité et mis fin aux autres contractions spasmodiques ; elle fut remise à l'instant ; elle est depuis restée en bonne santé. Plus d'un an s'est écoulé depuis cette époque.

Je vais citer encore un cas, et je doute qu'il soit possible d'en citer un plus remarquable ou plus satisfaisant. Je le donne tel que le père me l'exposa dans une lettre qu'il me pria de revoir avant de la publier. Je le priai d'en ajourner la publication ; je transcris maintenant la lettre mot pour mot.

G'ô° Cas. — Miss Gollins de Newark. « Ma fille, âgée de 10 ans, souffrait depuis six mois de contracture des muscles du côté gauche du cou ; cette contracture était si forte qu'il eût été impossible de passer une carte ordinaire entre l'oreille et l'épaule, tellement le contact était proche ; par conséquent, elle se déformait rapidement. J'avais consulté pour elle les meilleurs médecins ilu pays, et je l'avais menée à Londres emportant, par écrit, le traitement suivi jusque-là. Sir Benjamin Brodie, que j'avais consulté, approuvait ce qui avait été fait; mais ne donnait aucun espoir de soulagement prochain.

» Ayant vu le compte rendu d'une conférence faite à ce sujet par M. Braid, chirui-gien, Saint-Peter's Square, Manchester, ainsi qu'une lettre écrite à ce monsieur par

'■l-J.'-l DE L HYPNOTISME

M. Mayo, de Londres, j'emmenai ma fille et la remis aux soins de M. le docteur Braid le jeudi soir 24 mars 1842. Le docleur Chawner, qui m'avait conseillé cette démarche, nous accompagnait. En moins d'une minute après que AL Braid avait commencé à fixer son attention, elle était tombée dans le sommeil mesmérique (neur(3-h3'pnotique), et une minute plus tard elle était, en partie, cataleptique.

» M. Braid, alors, sans l'éveiller et par conséquent sans lui causer de douleurs, lui ramena la tète dans la position verticale ; je crois fermement que la chose eût été impossible cinq minutes auparavant, à moins de rompre les muscles ou d'infliger quelque autre lésion sérieuse ; je suis heureux de pouvoir dire que non seulement la tête reste droite, mais encore que ma fille possède le contrùle parfait des muscles du cou. Un mouvement nerveux de la tète, auquel elle était sujette après notre retour de Manchester, a entièrement disparu, et elle est à présent en parfaite santé. Il faut encore faire remarquer que, d'après la recommandation du docleur Chawner, on l'avait surveillée fréquemment pendant son sommeil, et que jamais on n'avait observé le moindre relâchement dans les muscles contractures.

» De nombreuses personnes des plus re.spectables peuvent porter témoignage de l'exactitude de la déclai'ation ci-dessus.

» New.irl(, tl mai 1842. »

Signé : James Colllns.

Des propos absurdes circulaient, même dans la capitale, au sujet de mon mode d'opération sur cette malade ; j'avais fait montre, disait-on, de force gesticulations et de hocm pocm.B.i\ïi d'impressionner l'esprit. Ces propos sont absolument mensongi;rs. Je m'étais borné à prier simplement la patiente de maintenir son regard fixé sur mon portelancette, que je tenais au-dessus de ses yeux de la façon indiquée à la page 32 de ce volume ; puis, une fuis les yeux fermés, quand je lui eus étendu les membres pendant près

Sl'ASMES 'l'O.N'IOl'ES, CONCLUSION 2215

flp deux minutes, je plaçai ma main gaiiclie sur le côté droit de son cou, ma main droite sur le côté gauche de s^a tête, et j'imprimai doucement une nouvelle direction à la puissance sensorielle et musculaire ; je pus ainsi, par l'art plutôt que par la f(jrce, et en naoins d"une demi-minute, incliner la tète de gauche à droite en dépassant la ligne médiane. L'excitation des contractions musculaires du côté droit du cou. dans des muscles en inaction depuis six mois, était le mode le plus sûr et le plus naturel de réduire la puissance de leurs antagonistes et de détruire le spasme des muscles contractures du côté gauche. Après avoir laissé la malade soutenir, par ses propres efforts musculaires, sa tête maintenant inclinée à droite, afin de donner du ton à ces muscles, d'après le principe que j'ai exposé, je la réveillai de la façon habituelle en frappant un coup dans mes mains. Le père de la malade et le docteur Chawner, de Newark, ne l'avaient pas quittée ; j'en appelle à leur témoignage à ce sujet, et en réfutation des viles calomnies susmentionnés.

Après le laps d'un an, M. Collins a eu la bonté de m'écrire que la santé de sa fille est demeurée parfaite, et qu'elle conserve le contrôle entier de ses muscles cervicaux.

Il me serait facile de citer un grand nombre d'autres observations intéressantes, mais celles que je publie suffiront, je l'espère, pour prouver que l'hypnotisme est un agent important à ajouter à nos moyens curatifs, et une force thérapeutique digne de l'attention de tout médecin instruit et exempt de préjugés.

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