AVIS DU TRADUCTEUR
Dans un travail publié récemment', M. le professeur Brown-Séquard exprimait le regret que le livre si remarquable de James Braid n'eût pas encore été traduit en français. La lecture de cet opuscule et la haute estime en laquelle M. Brown-SéquarJ tient l'auteur de la Neuri/pnologie nous inspirèrent le désir de connaître et de traduire l'œuvre du médecin de Manchester.
Pendant une grande partie de sa carrière professionnelle James Braid avait été entièrement sceptique et indifférent à l'endroit des faits qu'il allait le premier asseoir sur une base scientifique et auxquels il devait léguer son nom. La première séance de prétendu magnétisme animal à laquelle il assista, loin de diminuer son incrédulité, le confirma dans l'idée que tout ce qu'il voyait n'était que supercherie et connivence. Dans une seconde occasion cependant, un phénomène qu'il crut indépendant de la volonté du patient attira son attention. Il résolut d'éclaircir ses doutes et dès ce momenl commença de sa part, l'étude rationnelle de phénomènes que nul ne conteste plus de nos jours. Braid passionné pour sa découverte, poursuivit ses observations durant tout le reste de son existence. En 18-43
i. Recliercheg expérimentales et cliniques sur l'iiiliibition et la dynamogénie. Paris. G. Mas son, éditeur.
XII AVIS Dll TRAnUOTEIR
paraissait la Neuri/pnohr/ie. Déjà à cette époque, Braid s'était attiré de nombreux ennemis, tant dans le sein de la profession médicale que dans le clergé. On s'étonnera, peut-être à bon droit, de l'animosité des ecclésiastiques, si l'on considère que, s'écartant des arguments exclusivement scientifiques et de l'observation pure, il s'efforçait, comme on le verra dans le cours de ce volume, de réfuter toute théorie matérialiste, de prouver l'immortalité de l'âme, en un mot, d'enrôler l'hypnotisme au service des principes religieux.
Toutefois les vexations auxquelles il fut en butte ne triomphèrent point de sa fermeté; il poursuivit ses recherches et, avec la précision du génie, à une époque oij, de parti pris, les hommes de science affectaient de repousser l'étude de questions aussi passionnantes, il put édifier de toutes pièces et ajouter à la pathologie du système nerveux un chapitre devenu classique — le somnambuhsme provoqué — chapitre que les investigations de la plupart des neuro-palhologistes modernes sont venues appuyer et confirmer.
Cependant le temps faisait son œuvre et Braid, méconnu longtemps, allait assister à sa réhabilitation devant le monde médical. M. Azam, professeur à l'école de médecine de Bordeaux venait d'attirer l'attention ' sur des phénomènes remarquables, provoqués par la méthode du praticien anglais ; il citait longuement ce dernier. Peu après, le 5 décembre, M. Broca ° présentait ;'i l'Académie des sriences un mémoire qui fît sensation ; lui aussi, avait obtenu par la méthode de Braid des résultats merveilleux et probants. Enfin le 27 février 1860, M. Velpeau présentait à la même compagnie ', au nom de l'auteur, un exemplaire