‹ Neurypnologie. Traité du sommeil nerveux ou hypnotismeChapitre 15 sur 92 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

Préliminaires. — Circonstances qui ont provoqué les recherches. — Observation d’un phénomène réel. — Expériences qui en démontrent la cause. — Opinions et conclusions qui en découlent. — Les raisons qui nous font séparer l’hypnotisme du mesmérisme. — L’hypnotisme réussit plus généralement que le magnétisme animal. — Témoignage de M. Herbert Mayo à ce sujet. — Citation de preuves. — Différents modes de provoquer l’hypnotisme. — On ne peut s’attendre à le voir réussir qu’en remplissant toutes les conditions nécessaires.

J’ai, dans mon introduction, présenté une révision rapide et donné quelques explications sur certains points ; je vais maintenant étudier le sujet en détail et traiter isolément chacune de ses parties.

Je signalerai les différentes phases de mon travail ; les phénomènes que m’ont fait découvrir les manipulations auxquelles j’avais recours ; les déductions qui s’en imposaient comme résultats ; la méthode que je recommande pour la provocation de l’état hypnotique, pour son appli-

DE l’hypnotisme

cation dans le traitement de dififérents désordres, et le résultat de mes expériences quant à son efficacité comme agent curatif.

Nous acquérons, par la façon dont l’hypnotisme impressionne le système nerveux, le pouvoir de guérir rapidement de nombreux désordres fonctionnels, intraitables ou tout à fait incurables par les remèdes ordinaires, ainsi qu’un grand nombre de ces affections douloureuses qui, pour la plupart, n’étant pas accompagnées de modifications pathologiques dans la structure des organes, sont appelées de l’aveu de tous des « affections nerveuses », et dépendraient d’un état spécial au système nerveux. Convaincu que l’hypnotisme ne dépend pas d’un certain agent, ni d’une émanation particulière qui passerait du corps de l’opérateur dans celui de V opéré, prétention des partisans du magnétisme animal, en ce qui concerne leur procédé, j’ai cru bien faire, pour empêcher de fausses conceptions, et ainsi que je l’ai expliqué dans l’introduction, d’adopter de nouveaux termes.

Je fus conduit à la découverte du mode que j’adopte présentement avec tant de succès, dans la production de cette condition artificielle du système nerveux, par une série d’expériences instituées en vue de déterminer la cause des phénomènes du mesmérisme. D’après ce que j’avais lu et entendu du mesmérisme (par exemple, que les phénomènes ne pouvaient se produire que chez un petit nombre de sujets ; que ces sujets étaient souvent affectés de maladie ; ou qu’ils étaient d’une constitution délicate ou d’un tempérament particulièrement susceptible; ou encore que les phénomènes se déclarant devenaient très intenses, ou étaient de nature extraordinaire), j’inclinais entièrement du côté de ceu.x qui traitaient le tout de connivence ou de supercherie, ou d’effet de l’imagination surexcitée, de la sympathie ou de l’imitation. J assistai pour la première fois à une expérience de ce genre lors de la séance de M. Lafontaine, le 13 novembre 1841. Ce que je vis à cette soirée ne modifia en rien

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