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De la cause du sommeil lucide, in-S® Paris

2. Traité du somnanbuiisme et des différentes modifications qu’il présente, in 8® Paris, 1823. — Du magnétisme animal et des jugements qu’en ont porté les sociétés savantes, in 8® Paris, 1826.

PRÉFACE

SOUS l’influence de certains sentiments, de même si l’on produit chez l’hypnotisé certaines attitudes, on donne origine chez lui au sentiment lié ordinairement à ces attitudes h Dans le premier cas c’est le cerveau qui engendre certains états des muscles ; dans l’autre ce sont les muscles qui donnent origine à certains états du cerveau.

Les progrès récents de la physiologie et de la médecine jettent une vive lumière sur les phénomènes hypnotiques, mais Braid ne connaissant pas ces progrès n’a pu s’en servir pour l’explication des faits qu’il a découverts. Il a cependant clairement vu que la plupart des phénomènes hypnotiques consistent’en une cessation ou une dimiautiouj-ou bien en une augmentation d’une activité, d’uae fonction ou d’une propriété. Dans un travail publié l’an dernier' j’ai

1. Le professeur Carpenter, qui a très souvent été témoin de faits de cet ordre, a vu Braid produire le rire ou la colère, chez des hypnotisés, rien qu’en a^ssant sur les ang.es de la bouche ou sur les sourci s. Il a vu l'attitude de la boxe (lutte a coups de poing) être suivie des attes de la t>oxe. Il a vu de même les actes de grimper, de nager, ou de tirer sur une corde, se produire après qu'on eût donné artiQciel'ement à la tête et aux membres les premières positons des membres et du tronc appartenant à ces différents actes. Le développement excessif du sens musculaire est un élément essentiel à la manifestation de ces phénomènes. (Voyez Principles ot hurnan physioloijy , by W.B. Carpenter. London, 187 , eighth ediiion p. 767 et aussi l’excellent article du professeur Azam, de Bordeaux, in Archives de Médecine, Paris, janv.er i8ii0.

2. Recherches expérimentales et cliniques sur l'inhibition et la dynamogénie. Paris IrSI. — Dans ce travail j’ai m niré ce que signifient ces deux mots. L’inhibition est l’arrêt, la cessation, 'a suspension ou, si on le préfère, la dispariiion momentanée ou pour toujours, d'une fonction, d'une propriété ou d’u e activité (normale ou morbide) dans un centre nerveux, dans un nerf ou daus un muscle, arrêt ayant

PRÉFACE

montré que c’est par inhibition et par dynamogénie que se produisent ces deux espèces opposées de phénomènes. J’ai fait voir que des irritations de cause organique peuvent déterminer l’apparition d’effets semblables à ceux du Braidisme, kmû, l’anesthésie peut être produite par inhibition, comme, par exemple, sous l’influence d’une simple irritation de la muqueuse laryngée. De même l’hyperesthésie, l’augmentation de contractilité musculaire, etc., peuvent être produites, par une simple dynamogénie, comme, par exemple, sous l’influence de certaines lésions de la moelle épinière ou du bulbe rachidien.

Ce n’est pas seulement en Physiologie et en Psychologie que l’œuvre de Braid a une très grande valeur : c’est aussi en Thérapeutique. Nous appelons l’attention des praticiens sur ce côté de l’hypnotisme, convaincu qu’il y a à cet égard immensément à faire. Ceux | qui connaissent la puissance de l’inhibition sous l’in- ï fluence d’une irritation périphérique, telle qu’elle se montre dans tant de cas (épilepsie, hystérie, tétanos, j etc.), comprendront aisément quel grand rôle l’hypno- | tisme peut jouer, comme moyen permettant la guéri- ^ son de nombre d'états morbides, en donnant à l’inhibition l’occasion de se produire. Je suis loin cependant

lieu sans altération organique visible (au moins dans l’état des vaisseaux sanguins), survenant immédiatement ou à bim P' u p ès, après la production dune irriiation d'un point du système nerveux, plus ou moins éloigné de l’end-oit où l’effet s’observe. L'inhibition est donc un acte qur suspmd temporairement ou anéantit néfinitivement une tondvm,, une activité, eic. Quant à la dynamogénic c’est l'augmentation soudaine par transformation de force, ayant lieu dans des circonstances analogues à celles où se produit l’inhibition.

PRÉFACE

de considérer comme parfaitement observées toutes les histoires de guérison de maladies données par Braid. Je crois, au contraire, qu'il s’est trompé ou plutôt s’est laissé tromper dans un certain nombre do cas. Mais, je le répète, l’inhibition peut produire som dainement ou très rapidement des effets si considérables, dans l’état hypnotique, qu’il serait de la plus haute importance de s’en servir comme moyen thérapeutique.

En terminant cette introduction je suis obligé do dire que Braid ne s’est pas mis à l’abri des causes d’erreur provenant de suggestions, lorsqu’il a cru trouver, chez ses hypnotisés, des preuves de la vérité des doctrines phrénologiques. Pour ceux qui savent qu’un seul mot prononcé à distance suffisante d’un hypnotisé peut lui suggérer toute une série d’idées, ou développer des sentiments ou les actions les plus variées, il est facile de comprendre comment Braid a commis les fautes que je signale.

G. E. Brown-Séquard,

AVIS DU TRADUCTEUR

Dans un travail publié récemment M. le professeur Brown-Séquard exprimait le regret que le livre si remarquable de James Braid n’eût pas encore été traduit en français. La lecture de cet opuscule et la haute estime en laquelle M. Brown-Séquard tient Fauteur de la Neurypnologie nous inspirèrent le désir de connaître et de traduire l’œuvre du médecin de Manchester.

Pendant une grande partie de sa carrière professionnelle James Braid avait été entièrement sceptique et indifférent à l’endroit des faits qu’il allait le premier asseoir sur une base scientifique et auxquels il devait léguer son nom. La première séance de prétendu magnétisme animal à laquelle il assista, loin de diminuer son incrédulité, le confirma dans l’idée que tout ce qu’il voyait n’était que supercherie et connivence. Dans une seconde occasion cependant, un phénomène qu’il crut indépendant de la volonté du patient attira son attention. Il résolut d’éclaircir ses doutes et dès ce moment commença de sa part, l’étude rationnelle de phénomènes que nul ne conteste plus de nos jours. Braid passionné pour sa découverte, poursuivit ses observations durant tout le reste de son existence. En 1843

1. Recherches expérimentales et cliniques sur l’inhibition et la dynamogénie. Paris. G. Masson, éditeur.

AVIS Dü TRADUCTEUR

paraissait la Neurypnologie. Déjà à cette époque, Braid s’était attiré de nombreux ennemis, tant dans le sein de la profession médicale que dans le clergé. On s’étonnera, peut-être à bon droit, de l’animosité des ecclésiastiques, si l’on considère que, s’écartant des arguments exclusivement scientifiques et de l’observation pure, il s’efforçait, comme on le verra dans le cours de ce volume, de réfuter toute théorie matérialiste, de prouver l’immortalité de l’âme, en un mot, d’enrôler l’hypnotisme au service des principes religieux.

Toutefois les vexations auxquelles il fut en butte ne triomphèrent point de sa fermeté ; il poursuivit ses recherches et, avec la précision du génie, à une époque où, de parti pris, les hommes de science affectaient de repousser l’étude de questions aussi passionnantes, il put édifier de toutes pièces et ajouter à la pathologie du système nerveux un chapitre devenu classique — le somnambulisme provoqué — chapitre que les investigations de la plupart des neuro-pathologistes modernes sont venues appuyer et confirmer.

Cependant le temps faisait son œuvre et Braid, méconnu longtemps, allait assister à sa réhabilitation devant le monde médical. M. Azam, professeur à l’école de médecine de Bordeaux venait d’attirer l’attention ^ sur des phénomènes remarquables, provoqués par la méthode du praticien anglais ; il citait longuement ce dernier. Peu après, le 5 décembre, M. Broca “ présentait à l’Académie des sciences un mémoire qui fit sensation ; lui aussi, avait obtenu par la méthode de Braid des résultats merveilleux et probants. Enfin le 27 février 1860, M. Velpeau présentait à la même compagnie au nom de l’auteur, un exemplaire

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