DIFFÉRENTES THÉORIES
Ui
ma conjecture est juste, il y aura naturellement tous les degrés possibles dans les manifestations à mesure que nous nous approcherons des organes adjacents. Je ne connais pas les divisions de la tête d’après M. Le Roy Sunderland ni d’après M. Hall, mais si les compartiments originaux doivent être divisés et subdivisés d’après toutes les variétés des manifestations pendant l’hypnotisme, je suis certain que chacune de leurs subdivisions peut encore être susceptible de division, car une différence, si petite qu’elle soit, se manifestera à chaque changement dans le point de contact.
J’ai vu avec beaucoup de plaisir les expériences de M. Hall, et j’ai témoigné en public de la réalité des phénomènes généraux qu’il provoquait. J’avais pu m’en assurer en surveillant soigneusement l’expression particulière de la physionomie, et l’état de la respiration, que produisait chaque changement du point de contact. Les degrés de différence étaient si minimes que l’entente entre opérateur et opéré n’était rien moins que possible.
De plus, j’avais constaté, personnellement, la réalité des phénomènes principaux chez bon nombre de mes sujets, qui ne connaissaient rien de la phrénologie et qui, par leur position sociale et leur caractère d’honorabilité ne pouvaient être soupçonnés d’avoir joué un rôle, soit pour amuser les autres, soit pour les tromper. Je témoigne volontiers de la réalité des phénomènes et j’admets que je n’ai vu rien faire de suspect par M. Hall ; je dois cependant dire que je considère les variétés observées dans ces phénomènes ainsi que dans les phénomènes manifestés par mes sujets, comme les simples résultats des différentes manipulations auxquelles nous nous livrions et non point comme les effets d’une influence spéciale supposée par lui et par d’autres magnétiseurs.
Quant aux phénomènes que l’on désigne sous le nom de « magnétisme croisé » et qui parurent si désagréables aux patients, de même qu’à l’opérateur (je n’ai heureusement pas vu d’effets semblables chez mes sujets), je crois qu’ils
DE l’hypnotisme
peuvent s’expliquer ainsi : ils semblent, en partie, être le résultat de l’imaginatien ou d’une circonstance accidentelle qui mettrait en action, au même moment, des séries de muscles opposés ; ils peuvent encore tenir à la mise en action de deux émotions antagonistes, dont l’une exigerait l’action énergique des muscles de l’inspiration, l’autre celle des muscles de l’expiration, et dont la conséquence serait de jeter le sujet dans un état voisin de l’asphyxie ; ceci aurait naturellement pour effet une grande difficulté dans le rétablissement du sujet, difficulté provenant de la décarbonisation insuffisante du sang circulant dans le cerveau. Tel était, je crois, le cas du patient qui donna tant de mal à M. Hall, le soir du 24 février 1843, dans la salle des conférences de l’Athénée, à Manchester.
M. Hall affirmait que les sujets qui avaient volé recherchaient toujours les personnes qu’ils avaient lésées pour leur rendre les objets dérobés, et cela aussitôt que la conscienciosité était excitée; il disait encore que ces sujets découvraient sans erreur le propriétaire des objets, quel que fût l’endroit de la chambre où ce dernier pouvait s'être réfugié ; j’eus la curiosité de faire l’épreuve de ce phénomène. Je voulais d’abord m’assurer si le fait était réel ; il l’était, en effet, et j’en pus faire l’expérience sur mes propres sujets ; mon but suivant était de m’assurer de quelle manière ce phénomène s’acromp&saeV; j’appris rapidement que c’était par V odorat et par le toucher. La première chose que faisaient les sujets, après l’excitation de la conscienciosité, était de prendre un air pensif, puis ils se mettaient à sentir, à renifler dans l’air ; ils découvraient alors les personnes qu’ils avaient volées et leur rendaient leurs objets. Quand on leur demandait ce qu’ils faisaient, ils répondaient; « Je rends quelque chose que j’avais volé. » A la question, comment reconnaissez-vous la personne ? (qui était allée à l’autre extrémité de la pièce) la réponse fut : « Je la sens. » Chaque fois que l’expérience était renouvelée, les résultats et les réponses étaient les mêmes; tous les assistants purent s’en convaincre. Un autre sujet fit la