‹ Neurypnologie. Traité du sommeil nerveux ou hypnotismeChapitre 44 sur 92 · PERCEPTION DÈS BRUÎÏS TRÈS LÉGERS · texte numérisé non relu

PERCEPTION DÈS BRUÎÏS TRÈS LÉGERS

même chose avec le sens de l’odorat excité à ïétat aigu, mais quand j’essayai l’expérience avec le sens de Todorat émoussé, il déposa simplement l’objet volé sans le remettre à son propriétaire. J’avais donc une preuve, et positive et négative, que l’exaltation de l’odorat était la cause de cette restitution à la personne volée ; le toucher était le guide quand l’objet était rapporté à sa place. J’ai vu ces restitutions exécutées avec la même promptitude et la même exactitude quoique six, huit ou douze facultés eussent été excitées et manifestées avant l’excitation de la conscienciosité; les manifestations étaient les mêmes chez tous les sujets que j’ai éprouvés ; quelques-uns, cependant, rejetaient les objets comme s’ils eussent été frappés d’horreur.

J’ai pu m’assurer que, en vertu de leur puissante aptitude à entendre les bruits extrêmement faibles, les sujets pouvaient imiter les mouvements de mâchoires et d’autres mouvements de l’opérateur, et, ce qui est plus curieux encore, c’est qu’ils semblent posséder cette puissance de discerner les bruits hxs faibles et de ne pouvoir être affectés, du moins, en apparence, par les bruits très éclatants. Il en est de même du toucher. Dans certains cas, les sujets sont absolument insensibles aux piqûres, aux pincements, aux blessures, mais tellement sensibles à un courant d’air ou au frôlement d’une plume d’oie, que ces derniers moyens les réveillent instantanément, quand les premiers n’avaient eu aucune influence. C’est probablement là la cause des effets si remarquables d’un courant d’air qui réveille la sensibilité cutanée, dirige l’influence nerveuse vers la peau en la retirant des muscles en rigidité, et qui, détruisant l’état cataleptiforme, permet au sang et à la vis nervosa de circuler de leur façon habituelle. Ce dernier changement, se produisant par degrés, peut être la cause probable de la sensation d’aiguilles et d’épingles, parcourant les extrémités et produisant au contact du doigt cette fibrillation, etc., dont nous avons déjà parlé.

Je suis certain, en concluant ce chapitre, que les faits qui y sont contenus doivent paraître, à beaucoup de mes

DE l’hypnotisme

lecteurs, surprenants et invraisemblables ; quelques-uns seront tentés de croire que j’ai pu être induit en erreur. Je le sais : sous prétexte que bon nombre des manifestations pourraient être simulées, on a allégué que les sujets, produits en public trompaient leur opérateur, ou bien qu’opérateurs et sujets s’entendaient entre eux dans une . honteuse supercherie. En ce qui concerne mes propres patients, j’ai pris toutes :les précautions possibles pour ne pas être trompé ; dans ce but, j’ai invité les personnes les plus sceptiques à ma connaissance, tant médecins qu’appartenant à d’autres professions, afin que les épreuves fussent conduites avec une rigoureuse exactitude ; je suis, pour ma part, entièrement convaincu de la réalité des phénomènes chez mes sujets, et j’aime à croire que les autres sont tout aussi sincères que moi. On a instruit et présenté des personnes en public pour démontrer la possibilité d’entente mutuelle entre instructeurs et élèves ; le but était de rendre suspecte la sincérité des sujets exhibés par les autres conférenciers. Mais, parce que la simulation est possible dans une large mesure, faut-il juger ainsi une importante question ? On devrait avoir des preuves positives avant de formuler un tel grief, avant d’attaquer ainsi une personne quelle qu’elle soit, surtout en présence des nombreuses preuves contraires que nous fournit le témoignage de tant d’expérimentateurs et de tant de patients sensibles. Il n’est assurément pas équitable d’affirmer que, sous prétexte qu’il existe des voleurs adroits, il n’y a pas, au monde, un honnête homme,

Quels actes peut produire un patient à l’encontre des lois naturelles, pendant qu’il se trouve sous l’influence de quelque mobile artificiel plus puissant que l’impulsion émanant des sentiments spontanés? Là n’est pas la question à trancher. Je ne sais ce qu’on pourrait accomplir dans ce sens, car je n’ai pas fait d’expériences en rapport avec cette branche de l’étude. On sait, cependant, que, déjà en décembre 1841, j’ai indiqué la docilité remarquable des pa-

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