CONJECTURES SUR CERTAINS PHÉNOMÈNES
Qu’il me soit permis de conclure par cette remarque : les variations que l’on rencontre, relativement à la susceptibilité à lïmpression hypnotique, ainsi qu’au mode
muscle, le système musculaire est dans le relâchement, il se produira une tendance morbide aux actions réflexes, à l’exemple d'une corde qui est plus facilement mise en vibrations si elle est tendue modérément, que si elle l’est avec excès. L’eiîort musculaire en sera aussi moins efficace et moins sûr, parce qu’une partie de la contraction qui aurait pu sérvir autrement comme force ou comme mouvement, sera dépensée à porter la structure musculaire â son point de tension normale.
D’un autre côté, supposons que le système organique soit extrêmement actif, et ait rendu la tonicité mu scolaire forte qu'à l'état normal, l’effet exactement inverse à celui que nous venons de voir sera produit. 11 y aura non seulement résistance aux mouvements réflexes, mais encore aux mouvements volontaires ; et porté à un certain degré, cet état peut rendre les parties immobiles et rigides ; le système gan- . glionnaire maîtrisant, pour ainsi dire, le système cérébro-spinal.
Les résultats d’opérations que j’ai signalés dans le Journal de médecine et de chirurgie d'Edimbourg, octobre 1841, semblent, jusqu’à un certain point, prouver que tout ceci n’est pas simplement hypothétique. Certains muscles qui étaient demeurés rigides et avaient perdu tout mouvement, furent rendus à l’état d’activité par la division des tendons, et la croissance d’une nouvelle portion entre les bouts divisés, allongeant ainsi le muscle ; dans d’autres cas où il y avait paralysie par relaxation, le mouvement fut recouvré par l’enlèvement d’une portion de tendon et par la réunion des bouts divisés ; le muscla fut ainsi raccourci et acquit artificiellement cette tonicité et cette tension dont l’absence était la grande cause de la persistance de la paralysie. Il me parait donc que, pendant l’hypnotisme, il y a inversion complète de l’état ordinaire, et que la force du système ganglionnaire prédomine, au lieu d’être subordonnée comme dans les conditions habituelles.
Une autre preuve en faveur de cette opinion se trouve dans le fait bien connu que tout mouvement volontaire, ou toute action réflexe, épuise rapidement les forces, fatigue le patient et le rend incapable de continuer les mêmes efforts. L’effort volontaire est le plus fort à l’origine et s’affaiblit graduellement. Les fonctions du système nerveux organique, au contraire, sont plus égales, plus persistantes dans leur nature ; et, quoique dans une certaine mesure, elles puissent être influencées dans leurs fonctions par la direction particulière de l’esprit, par exemple, la sécrétion de la salive, la pensée de la nourriture, la sécrétion du lait chez la nourrice à la pensée de son enfant, etc., etc. j on ne peut cependant pas dire qu’elles soient sous l’influence du con-
et au degré de son action, sont analogues à celles que l’on voit dans les effets du vin, de l’alcool, de l’opium, du protoxyde d’azote, et de nombreux autres agents. Il est bien connu que ceux-ci agissent différemment sur différents individus, voire sur le même individu à différents moments, selon l’état de l’organisme. Mais qui alléguerait ce manque d’uniformité dans leur action pour révoquer en doute la réalité de leurs effets ?
trôle volontaire d’une manière aussi directe et au même degré que le mouvement musculaire. L’état cataleptiforme se développe graduelle ment.
Pendant quelque temps, la volonté prédomine ; mais enfin la rigi-. dité involontaire, ou tonicité organique, prend le dessus ; quoique cet état persiste longtemps, il n’est pas suivi d’épuisement ni de fatigue. Au contraire, autant que j’ai pu le voir par les expériences, toutes les fonctions semblent puiser de nouvelles forces dans la continuation de cet état.