‹ Neurypnologie. Traité du sommeil nerveux ou hypnotismeChapitre 58 sur 92 · SLATER, PARALYSIE · texte numérisé non relu

SLATER, PARALYSIE

grossesse. Elle fut délivrée en décembre de la même année d’un enfant de sept mois. A partir de cette époque, ses jambes, qui étaient faibles depuis quelque temps, devinrent plus faibles encore, et en peu de temps elle perdit tout mouvement volontaire, en même temps que la sensation dans les deux membres inférieurs. Elle avait été soignée par trois médecins, mais comme, en dépit des remèdes, le mal empirait, au lieu de s’amender, on avait perdu tout espoir et on avait abandonné tout traitement depuis quelque temps quand on vint me consulter le 22 avril 1842.

Je constatai qu’elle avait non seulement perdu la sensibilité et le mouvement volontaire des jambes et des pieds, mais encore que les genoux étaient fléchis et rigides, les talons relevés, les pieds courbés et Axes dans la position d’un varus équin. Les règles ne s’étaient pas rétablies depuis ses couches, mais aucune autre fonction de sécrétion ou d’excrétion ne paraissait en défaut. La parole était hésitante, et la mémoire mauvaise. Je la mis en hypnotisme et j’essayai alors de régulariser l’action morbide des muscles, et la mauvaise position des pieds et des jambes. Cinq minutes après, je la réveillai ; elle se mit à remercier le Ciel de ce qu’elle sentait maintenant qvCelle avait des pieds, de ce quelle sentait le plancher sous elle, ei de ce qu'il lui était possible de remuer ses orteils. Je la fis lever, et soutenue par son mari d’un côté, par moi de l’autre, elle put traverser sa chambre et revenir à son canapé, en supportant, au moins pour la moitié, le poids de son corps sur ses jambes. L’opération fut répétée dans la soirée du même jour, après quoi, elle put se tenir sur la plante des pieds ; elle demanda seulement qu’on la soutînt de la main derrière le dos. Avant les opérations, les talons étaient relevés, et les pieds contournés de telle sorte qu’elle ne pouvait toucher le plancher qu’avec la partie du bord externe du pied avoisinant le petit doigt. Elle fut opérée quotidiennement pendant plusieurs jours, avec amélioration constante, de sorte qu’à la fin de la semaine elle pouvait aller et venir seule dans son magasin, en se

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soutenaat un peu au mur, et quinze jours plus tard, elle 1 marchait sa?^s assistance aucune. Deux mois après ma première visite, elle alla à Liverpool et put faire une course ' de plusieurs milles dans sa journée. Elle avait parcouru j la distance qui la séparait du centre de la ville aux quais, puis, de retour elle était allée à Everton et en était revenue dans la même journée, ce qui faisait plusieurs milles, en partie sur des routes montantes. Elle n’eut pas de rechute et s’est bien portée depuis.

Quelques jours après la première opération, les règles s’étaient montrées chez elle pour la première fois depuis ses couches. Pendant les premiers jours de son traitement, elle ne prit aucune médication interne, et ne fit aucuneapplication sur ses jamhes;son amélioration extraordinaire ne peut donc être attribuée qu’à l’hypnotisme. Ce ne fut que plus tard quelle prit un léger purgatif, suivi d’un diurétique, sous l’influence duquel je pensais accélérer la guérison ; mais la sensation et le mouvement dans les jamhes et dans les pieds étaient déjà en partie rétablis, la parole était parfaite, et la mémoire beaucoup améliorée, avant quelle ne prît la moindre médecine. La guérison est donc strictement le résultat de l’hypnotisme seul.

Les effets extraordinaires, manifestés dans ce cas, ainsi que dans tant d’autres, après quelques minutes d’opération, — effets si différents de ceux que l’on peut obtenir par l’application des remèdes ordinaires, — peuvent paraître étonnants aux personnes qui ne connaissent pas la puissance de l’hypnotisme, ün m’a conseillé, pour cette raison, de les cacher, car de nombreuses personnes pourraient les considérer comme impossibles et rejeter d’autres faits moins étonnants quoique non plus exacts. Cependant, dans toutes les observations que j’ai recueillies j’ai cru de mon devoir de rapporter les faits tels que je les constatais, et de- ne faire aucun compromis avec les notions préconçues ni avec les préjugés de n’importe qui.

19® CAS. — Samuel Evans, âgé de 45 ans, souffrait, depuis quatre ans, de douleurs dans la colonne vertébrale, ainsi

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