‹ Neurypnologie. Traité du sommeil nerveux ou hypnotismeChapitre 59 sur 92 · SAMUEL EVANS, PARALYSIE · texte numérisé non relu

SAMUEL EVANS, PARALYSIE

quede diminution dans lasensation et dans lesmouvements des membres supérieurs. Il avait fréquemment aussi de la céphalalgie, contre laquelle, de l’avis de nombreux médecins, moi-même y compris, il avait employé tous les remèdes usités en pareil cas, mais avec si peu de résultat que, depuis cinq ans, il ne pouvait s’habiller seul ; il lui était impossible de soulever le bras gauche, qui avait presque entièrement perdu toute sensation naturelle. Le bras droit était aussi affecté, mais à un moindre degré. Il vint me voir le 25 avril 1842 ; je le mis sous l’influence de l’hypnotisme le jour même, et il fut si satisfait de l’amélioration immédiate qui se produisit, qu’il vint régulièrement tous les jours à Manchester se faire opérer. En très peu de temps , la force et la sensation avaient fait de grands progrès ; il lui était devenu possible de soulever une chaise assez lourde avec le bras le plus malade, et il reconnaissait de petits objets, tels que des épingles, chose qu’il ne pouvait faire au commencement de son traitement. Les douleurs du dos diminüèrent aussi rapidement. Il se montra à ma conférence à l’Association britannique, le 29 juin 1842, dans cet état d’amélioration, qui s’est encore accentué depuis, quoique jusqu’à présent il ne soit pas encore capable de reprendre ses occupations. Je ne dois pas oublier d’ajouter que j’avais soigné ce malade en 1841, et que, malgré une légère amélioration, le soulagement n’avait été ni aussi rapide ni aussi considérable que par l’hypnotisme.

20® CAS. — M..., âgé de 58 ans, vint me consulter pour une paralysie dont il souffrait depuis deux ans et demi. Il avait eu à cette époque une attaque d’apoplexie, caractérisée par la perte complète de la connaissance, et par la perte de la sensation et du mouvement de tout le côté droit pendant six semaines. Il se remit petit à petit, et, au bout de quatre ou cinq mois, il marchait un peu. Quand je le vis, le 3 juin 1842, sa démarche était très faible et chancelante, et il avançait en portant le côté droit en avant ; il portait le bras en écharpe, et ne pouvait qu’avec

DE l’hypnotisme

effort le soulever à la hauteur de la poitrine ; il lui était impossible d’ouvrir la main ; le pouce était fortement fléchi et rigide ; la sensation était peu ou point sensible dans cette main. Après l’hypnotisation, qui dura cinq minutes, la sensation était rétablie ; il ouvrait la main, serrait assez; fermement, et la portait au front. La parole, très gênée, était aussi devenue meilleure. Ce malade fut opéré pendant quelque temps, et le traitement fut suivi d’amélioration partielle ; son bras pouvait se passer d’écharpe ; la sensibilité reparaissait, la démarche elle-même était meilleure ; mais je savais qu’il y avait des désordres organiques dans le cerveau, qui empêcheraient toute guérison complète; je crus donc inutile de continuer les expériences.

2i® CAS. — Je soigne Miss SarahMellor depuis neuf mois pour une affection de la partie inférieure de la colonne vertébrale, accompagnée de douleurs et de faiblesse des membres inférieurs, et de contracture des genoux ; elle ne peut, depuis ce moment, se tenir debout ni marcher sans béquilles. J’avais appliqué toutes les médications usitées en pareil cas, mais loin de s’améliorer son état empirait toujours ; j’essayai enfin l’hypnotisme, dont les résultats satisfaisants furent trop immédiats et trop apparents pour permettre le moindre doute quant à l’efficacité du traitement. Voici la déclaration certifiée par la malade :

« J'’avais de grandes douleurs dans les chevilles, des contractions dans les genoux, et des douleurs dans les reins ; depuis neuf mois je ne pouvais marcher sans béquilles. Pendant cette période de temps, j’ai pris des médicaments internes, on m’a appliqué des liniments aux jambes et à l’épine dorsale, on m’a posé des sangsues et des vésicatoires à la partie inférieure de la colonne vertébrale ; malgré tout, au lieu d’améliorer, mon état devenait plus grave ; les contractions et les douleurs augmentaient ; je devenais toute déformée, les jambes étaient fléchies sur les cuisses, les cuisses sur le corps. Ma taille avait diminué de neuf ou dix pouces. Au commencement du mois de mars dernier (1842), je vins voir M. Braid qui m’avait déjà

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