‹ Neurypnologie. Traité du sommeil nerveux ou hypnotismeChapitre 78 sur 92 · DÉDOUBLEMENT DE LA CONSCIENCE · texte numérisé non relu

DÉDOUBLEMENT DE LA CONSCIENCE

par les palients un petit objet brillant, n’étant pas par lui-même de nature excitante, objet maintenu un peu audessus de la direction ordinaire de la vision, en les priant de concentrer leur attention pendant que le reste du corps était en repos, je remarquai qu’un grand nombre d’entre eux tombait plus ou moins promptement dans un sommeil profond, et présentait tous les phénomènes habituels du magnétisme animal ou du mesmérisme tels qu’on les décrit dans les livres classiques du genre. • Chez quelques individus, le sommeil plus ou moins profond était accompagné d’une perte de connaissance et de volonté, à un point tel, que l’oreille n’était pas affectée par le son le plus bruyant, que le patient ne s’apercevait point de la présence d’ammoniaque très forte, tenue sous les narines, que les piqûres et les pincements de la peau n’attiraient pas son attention . On pouvait faire passer de forts courants galvaniques par les bras sans qu’il accusât de douleurs ; des opérations chirurgicales fort pénibles avaient même été faites tout à fait à son insu ; il n’en conservait le moindre souvenir, une fois sorti de son sommeil anormal. Chose étonnante, plongé dans un second sommeil, mais à un degré un peu moins prononcé, le patient se rappelait parfaitement ce qui s’était passé pendant le premier. Gès faits furent reproduits à maintes reprises ; oubli au réveil, souvenir au second sommeil, c’est ce que l’on a appelé le dédoublement de la conscience.

Dans certains cas, les muscles restaient à l'état de relâchement, la respiration et la circulation étaient paisibles ; dans d’autres, il y avait catalepsie avec respiration laborieuse et accélération considérable delà circulation. Mais, circonstance remarquable, un courant d’air dirigé sur la face ou sur les oreilles faisait disparaître la catalepsie et l’anesthésie, et rendait au patient conscience et volonté ; un état de sensibilité excessive de tous les organes des sens s’établissait, et si l’on renouvelait le courant d’air, avec la main, au moyen d’un soufflet ou autrement, le patient s’éveillait rapidement.

DE LDYPNOTISAIE

La grande majorité des patients n’arrive toutefois jamais à ce degré ; il est plus commun de les voir rester dans une période de rêverie avec l’activité sensorielle plus ou moins abaissée ou élevée, selon leurs particularités intellectuelles ou physiques ; ils conservent aussi, après le réveil, le souvenir complet de tout ce qui s’est dit ou fait en leur présence, pendant ce sommeil artificiel.

Une particularité curieuse du sommeil ainsi provoqué, c’est le phénomène qui se passe du côté des paupières. Tandis que, dans le sommeil ordinaire, les paupières sont à l’état de repos absolu, ici elles vacillent continuellement, de façon à laisser entrevoir la sclérotique ; ou bien elles sont fermées par un spasme des muscles orbiculaires.

Je me servais déjà depuis trois ans, pour déterminer l’hypnotisme, du procédé qui consiste à fixer les yeux sur un point et à concentrer l’attention et j’avais démontré que c’était bien une influence de nature subjective qui provoquait le sommeil, lorsque, en 18-44, en faisant des recherches en vue d’une histoire de la magie et de la sorcellerie, ainsi que du mesmérisme et de l’hypnotisme, je découvris dans L’histoire des Indous par Ward et dans le Dabistan {Histoire des sectes religieuses dans l'Inde) des développements qui, par les pratiques des Fakirs et des Yogins, confirmaient toute ma théorie subjective.

LesFakirs et les Yogins, provoquent en eux-mèmes leurs transes extatiques depuis 2400 ans, dans un but religieux, par un procédé tout à fait analogue à celui que j’ai enseigné à mes patients pour s’hypnotiser eux-mêmes, c’est-àdire la fixation continue vers le bout du nez ou une autre partie du corps ou un objet imaginaire, et cela avec force attention et en retenant ou en ralentissant la respiration. J’ai indiqué quelques-uns des résultats obtenus par ces enthousiastes, dans mon petit ouvrage sur les transes et la léthargie [human hybe7mation) ainsi qu’aux pages 108-111 de mon ouvrage « Magic, Witchcraft, etc. » dont j’envoie ci-joint un exemplaire à l’Institut.

Je ne connaissais pas le procédé des Fakirs et des Yogins,

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