NATURE SUBJECTIVE DES PHÉNOMÈNES
lorsque je publiai une méthode d’hypnotisation; ils confirment, de la manière la plus satisfaisante, ma théorie subjective, aux dépens de la théorie objective des magnétiseurs.
Certains patients, à esprit mobile, qui ne peuvent arriver à concentrer leur attention, ne sont pas affectés d’une façon sensible par les procédés hypnotiques; c’est un fait que je pus constater aussi chez les idiots quand j’essayai de les hypnotiser. Il leur est impossible de fixer leur attention assez longtemps pour amener, comme chez les êtres senséset impressionnables, la modification nécessaire dans les fonctions phy.siologiques. Après mûre réflexion, j’adoptai la conclusion suivante : les phénomènes en cause sont de nature aussi bien psychologique que physiologique, et l’expression qui comprendrait tous les phénomènes que nous avonslapuissance deprovoquer par nos procédés et nos suggestions serait celle àQ psycho-physiologie.
Les symptômes les plus variables peuvent se développer dans différentes périodes de l’état hypnotique, depuis l’insensibilité extrême et la catalepsie jusqu’à la sensibilité la plus vive, et la plus grande excitabilité. Quelques-uns de ces changements peuvent être provoqués immédiatement dans la phase voulue de l’hypnotisme par des suggestions auditives ou tactiles; car les patients montrent une sensibilité exagérée ou de l’insensibilité, une puissance musculaire incroj^able ou la perte complète de volonté, selon les impressions quel’on crée chez eux sur le moment. Ces impressions se produisent à la suite de suggestions auditives, c’est-à-dire provenant di une personne en laquelle le patient à confiance, ou à la suite de quelque impression physique,. à laquelle ils avaient précédemment associé la même idée, ou bien encore par suite de la position, de l’activité ou du repos que l’on a comuniqué à leur personne et à certains groupes de muscles. En effet, on peut jouer avec de semblables patients, dans la phase appropriée du sommeil, comme sur un instrument musical et leur faire prendre les rêves de leur imagination pour la réalité
DK l’hypnotisme
actuelle. Leur jugement et leur volonté sont tellement obscurcis, ils sont tellement soumis à leur enchanteur momentané et leur imagination , est excitée à un tel point, qu’ils voient, sentent et agissent comme si toutes les impressions qui leur passèntpar la tête étaient la réalité; ils sont pleins de ces idées, ils en sont possédés, et agissent en conséquence, quelque folles qu’elles soient.
Il y a plus: il est des individus si impressionnables aux suggestions, que l’on peut les dominer et les contrôler même à l’état de veille apparente (par une affirmation énergique), comme on le fait pour d’autres en hypnotisme et à la période du dédoublement de la conscience. Ce sont ces individus qui donnent lieu aux prétendus «phénomènes de veille », auxquels on a appliqué la dénomination absurde d’ « électro-biologie », comme je l’explique en détail dans la suite de ce travail.
Le premier fait physique qui attira mon attention, en tant que phénomène rée/, fut l’incapacité d’un patient de M. Lafontaine, d’ouvrir les yeux après avoir été mesmérisé par lui. L’opérateur attribuait cette incapacité à l’influence toute-puissante du fluide mesmérique, qui, émanant de sa personne, passait dans celle du patient pendant les manœuvres mesmériques, c’est-à-dire au contact des pouces et la fixation réciproque des yeux. J’en vins à cette conclusion : ce fait provenait de l’épuisement de l’influence de la volonté sur les muscles releveurs des paupières (car ces derniers étaient constamment en activité pendant la fixation des yeux de l’opérateur) et du trouble du champ visuel, ainsi que de l’augmentation de sensibilité des conjonctives et de leur état de sécheresse (en raison de la fixation prolongée), enfin de l’accroissement dans le degré d’excitabilité et de puissance des muscles orbiculaires (provenant du repos prolongé). Je fus convaincu que 1 on pourrait obtenir les mêmes résultats en l'egardant de la même façon, fixement et d’une manière continuelle, un objet quelconque inanimé, et en concentrant de la même manière son attention pendant la fixation.